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Le chameau du colonel

La Libye ou l’alibi

Avions au sol dans un désert dans un désert autrefois héroïque

vendredi 18 février 2011, par Picospin

Il était tout heureux d’accueillir ce personnage d’une autre époque, portant beau et imposant par ses atours et sa prestance son autorité à notre Président.

Un beau colonel

Ce dernier était subjugué par ce candidat potentiel à l’Union pour la Méditerranée qui devait renverser les montagnes, que ce soit celles de l’Atlas ou celles du Fezzan qui inspire la sagesse. On ne sait si cette évocation est stimulée par les hautes dunes de l’erg Oubari, miroir vert entouré de palmiers dattiers à peine mus par le soupçon de vent qui fait à peine frissonner les hautes herbes. N’ayant pas eu le privilège ni le bonheur d’inspecter cette région où autrefois s’affrontaient les armées de Rommel, celles de « l’Afrikacorps » et celles de Montgomery en laissant les souvenirs des farouches batailles de Tobrouk, El Alamein, je ne puis qu’imaginer les rats du désert se répandre dans le sable, prendre et reprendre monticule par monticule des morceaux de territoire investis par les chars. Ils ne laissaient pas tous des empreintes des chenilles pour en conserver quelques-unes pour les exemplaires romains.

Romains "rupestres"

Certains continuent de figurer sur les gravures rupestres bien avant l’arrivée des Arabes. Les chevaux galopaient en volant, faisaient plus la course que la guerre ce qui nous change des activités actuelles de ces nobles animaux encore, mais pour combien de temps dévoués à leur saigneur et maitre jusqu’à son tour il soit éjecté de la selles des coursiers qui eux aussi réclament le droit à la révolution. En attendant le grand moment de la révolution, ils se dressent fièrement sur leurs train arrière pour saluer comme il se doit leurs compagnons de l’autre rive de la mer, plus petits et moins élégants, venus de Camargue pour le plaisir des touristes et celle des gauchos locaux, de quelques gitans égarés sur les chemins de la fuite avant d’être « accompagnés » pour une transhumance forcée. A l’époque de sa visite à Paris, on était fier d’accueillir ce personnage mythique, venu du désert, du grand sud, d’un pays inconnu dont la population était faible et le pétrole abondant.

Révolutionnaire ?

Ayant affaire avec la révolution pour l’avoir faite dans sa jeunesse, il est maintenant confronté à celle des autres. Après une longue période d’irritation diplomatique contre l’Occident européen, il est revenu à une conception plus paisible et moins agressive contre ses voisins et les gens qui lui déplaisaient comme les habitants de la Suisse avec lesquels il eut un contentieux à régler à cause du comportement peu diplomatique et peu civil d’un de ses fils, bien connu sur la Côte d’Azur et la région parisienne pour s’être livré à des incartades en tous genres et surtout nocturnes lors desquelles il se sentait invulnérable sous la protection diplomatique de sa famille. Pourra-t-il échapper au sort qui touche actuellement la plupart des dictatures africaines ? Combien de temps pourra-t-il jongler encore avec la relative immunité que lui confère un certain prestige, une certaine prestance artificiellement entretenue et la manière ambiguë, aigre douce de mener la politique de son pays qui fait tantôt la promotion de la terreur, tantôt celle de la séduction ?

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