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Compétence chevillée au corps ?

La coupe est pleine

Des mêlées rugueuses. Mais c’est au foot

lundi 28 juin 2010, par Picospin

Ce n’est pas l’arbitrage dérisoire et ridiculement médiocre qui risque d’arranger celles du football déjà déséquilibré par les désordres dans l’équipe de France et les dénonciations des comportements des diverses administrations en charge de la réglementation et des juridictions du football international.

Aujourd’hui, le contre coup des soubresauts politiques de l’affaire Domenech et à sa suite de l’équipe de France commence à susciter quelques commentaires qui ont mis du temps à se concrétiser. Il semble que langues et stylos ont du mal à se libérer et que la peur, la méfiance, les jugements hâtifs heurtent les consciences et terrifient certains individus. C’était le tour du député UMP et champion olympique de judo David Douillet de juger que les ministres en charge des Sports, Roselyne Bachelot et Rama Yade, ont eu "des réactions trop passionnelles" concernant l’équipe de France de football. "Je trouve qu’elles ont parfois manqué de recul, avec des réactions trop passionnelles", "Mais c’est parce qu’elles aiment le sport", tempère-t-il. Cependant, "les interventions, lorsque les plaies sont ouvertes, sont toujours très difficiles. Or, pour régler ce genre de choses, il faut vraiment prendre du recul et prendre de la hauteur", selon le double médaillé d’or. On passera sur les imprécisions de la syntaxe et du sens des mots au moment d’affirmer que c’est toujours très difficile lorsque les plaies sont ouvertes. Difficile de quoi faire ? Les refermer, les suturer, les nettoyer, les ouvrir pour les refermer aussitôt ? Pour lui, Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération française de football, doit démissionner : "C’est une première mesure à prendre pour apporter un signe fort et calmer les esprits. Cela n’a rien de personnel". Jugeant l’exclusion de Nicolas Anelka après ses insultes au sélectionneur à la mi-temps de France-Mexique (0-2) "arbitraire et très mal réfléchie", il considère que "cela a gangréné le groupe, l’a tiré vers le bas". Enfin, si David Douillet avait Raymond Domenech en face de lui, il lui conseillerait "de se faire aider, pourquoi pas par un psy". A l’issue de cette phraséologie obscure et brouillonne, on est autorisé à se poser les questions sur les compétences des personnalités si nombreuses et si importantes à leurs propres yeux qui se penchent sur le berceau vide de l’équipe et de son entourage. N’y tenant plus, notre nouveau médecin de l’équipe de foot agit en consultant pour demander à l’entraineur de se faire soigner. On peut se demander pour quelle raison une telle demande n’a pas été jugée utile sinon indispensable plus tôt et surtout pour quelle raison toujours mystérieuse Domenech a été choisi de préférence à des entraineurs plus normaux auxquels il n’aurait pas été nécessaire de conseiller une consultation psychiatrique. Qui est à l’origine de cette sélection et pour quelles raisons ? Pour ajouter un fleuron à cette histoire, la Fifa a conseillé aux autorités politiques françaises de ne pas s’immiscer dans les affaires du football hexagonal après le fiasco des Bleus à la Coupe du monde. Ajoutons que cette même association n’a pas cru devoir faire appel aux technologies modernes pour aider les arbitres à juger correctement et rapidement les évènements qui se passent sur le terrain de football. Plus musclés de la tête et des épaules, les rugbymen l’ont compris qui indiquent clairement que dans certains cas litigieux, ils choisissent de revoir les vidéos des phases de jeu difficiles à interpréter. Tout le monde ne peut pas avoir le génie chevillé aux pieds…