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Comment l’élever ?

La dalle sacrée de la Défense

Une tâche des plus difficiles ?

vendredi 23 octobre 2009, par Picospin

Mobilisés d’urgence comme on le fait en temps de guerre pour contrer un ennemi envahissant sa patrie, les porte-paroles, politiques, défenseurs des justes causes se sont rendus dans les studios des grandes stations de télévision, de radio pour exprimer leur surprise, leur sympathie et leurs félicitations pour le geste courageux et héroïque qui venait d’être accompli, au nom de son père et pour sauver son honneur par Sarkozy le Jeune comme on n’aurait pas manqué de l’appeler autrefois pour éviter toute confusion entre l’ainé et le cadet.

Quelle performance !

La performance devant les caméras de télévision arrachait des cris, des félicitations comme si le jeune avait accompli un exploit digne de son prédécesseur à la précédente élection, j’ai nommé David Douillet, judoka de renom qui, grâce à sa stature impressionnante et à l’affection dont l’entoure la précédente épouse du Président de la République était parti victorieusement à la conquête d’un siège de député pour participer dignement à la représentation d’un parti politique dirigé autrefois par l’époux de la précédente et actuellement par un jeune politicien dont le dynamisme donne le tournis à son entourage tellement sa vitesse d’exécution est grande et semble par moments dépasser en rapidité celle de sa pensée, peut-être même celle de ses conseillers les plus intimes. Tous les collaborateurs convoqués pour chanter les louanges de cette merveilleuse et exemplaire affaire de famille ont souligné la tenue, les qualités de la syntaxe, la compétence de l’ancien candidat à la présidence de l’EPAD qu’on qualifie déjà et par avance, plus grand centre européen.

Corneille est aussi invité

Feu le candidat a récité sur un mode cornélien dérivé de la littérature tragique française depuis longtemps enseignée dans les écoles de la République les circonstances dramatiques, émouvantes de ses relations avec le père dont on a remarqué, grâce à des montages présentés par une chaine de télévision privée non seulement la ressemblance mais le procédé du copier collé cher aux ordinateurs actuels. Il est étonnant qu’une voix discordante se fût laissé entendre par le larynx de JF Copé dans ce concert polyphonique de louanges, intervention qui choquait tant on croyait, sans doute bien à tort que le groupe politique chantait d’une voix unanime. A une analyse plus fouillée et plus approfondie, sinon plus objective, on s’aperçut que les deux vedettes de la soirée, on veut mentionner le parrain et son adorable filleul , restèrent étonnamment silencieux, sinon discrets sur leurs performances universitaires si bien que si l’on connaît quelques bribes initiatiques du plus jeune, on ne sait rien à ce sujet sur le parcours de l’ainé qui est resté dans son élégie sur lui-même plus que muet, même si on a eu vaguement l’impression d’un défaut d’altitude sur son rôle de gardien de l’ordre public et du traitement des transgressions trop nombreuses, importantes et significatives des citoyens qu’on cherche plus à punir pour leurs écarts, sinon leur folie qu’à considérer les raisons de leurs dangereuses conduites pour leurs semblables et pour eux-mêmes.

Un brillant et savant contradicteur

Dans ce rôle, le contradicteur invité a montré plus de perspicacité, plus de connaissances, a affiché un jugement plus sereine et plus équitable. Beaucoup de choses ayant été écrites à ce sujet côtoyant plus la vie mondaine que la réalité politique, sociologique ou psychologique, l’heure est venue pour moi de regarder ce qui a été écrit par un confrère en « bloguerie » sur les connaissances et la sagesse des anciens qui avaient contribué à faire avancer l’univers bien plus que d’élever la dalle – même si elle peut paraître sacrée – de l’esplanade et des tours de la Défense.

Questionnement éthique :

1. Pourquoi les liens du sang jouent-ils un rôle aussi important dans une République d’où sont censés avoir disparu une grande partie des séquelles laissées par la monarchie absolue ou le bonapartisme ?

2. Est-ce que ce retour en arrière a une valeur prémonitoire pour les futurs déroulements des quinquennats ?

3. Quelles pourraient être les mesures les plus adaptées à une situation politique qui tend à inverser ou renverser les principes républicains des années précédentes ?

4. Peut-on accuser l’entourage actuel de la Présidence de la République d’agir comme les anciens personnages de cour qui cherchaient davantage leur profit personnel et celui de leur famille que celui du peuple dont ils avaient la charge ?