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On s’aime trop ou pas assez ?

La dernière campagne du candidat Président ?

Des hommes et des statures...

vendredi 9 mars 2012, par Picospin

Cette conception de la politique et de l’occupation du siège le plus élevé de la hiérarchie républicaine aura de quoi surprendre les fidèles attachés à ses basques. En choisissant de le quitter après un échec électoral, il aura sans doute voulu suivre l’exemple de son illustre prédécesseur, le Général de Gaulle.

Une mission interrompue ou achevée ?

On se souvient qu’il avait cessé de remplir sa mission dès l’officialisation des résultats du référendum qu’il avait soumis aux Français, ses vrais compatriotes. De là, il était parti pour une retraite beaucoup moins précoce que celle de son lointain successeur et qui lui avait permis de coucher sur le papier des souvenirs et des analyses politiques d’une perspicacité exceptionnelle, d’une analyse percutante rédigée dans un style fort éloigné de celui du partant actuel, par son élégance, sa forme, les tournures et la correction des phrases, des idées et des sentiments. Si la majorité du peuple estime qu’il aura perdu avec le Libérateur du pays un de ses meilleurs écrivains, largement dignes d’occuper n’importe quel fauteuil laissé vacant par un académicien de qualité et de renom. Que le nouveau candidat au départ n’ait pas reçu du ciel et des dieux des dons comparables à ceux présentés dans les mémoires de ce dernier ne saurait être mis au débit de personne, en tout cas moins pour la formation et l’éducation que pour une vision globale et intelligente du monde bien avant les derniers évènements auxquels il nous a été donné d’assister, tels que la décolonisation, la mondialisation, les bouleversements des alliances. A cet égard, il n’est pas inutile de considérer l’estime et la popularité dont jouissent actuellement les figures politiques européennes les plus en relief. Parmi les dirigeants des cinq principaux pays européens, la chancelière allemande Angela Merkel est la plus appréciée par les citoyens européens et le président français Nicolas Sarkozy est le moins populaire, selon un sondage réalisé en Allemagne, Espagne, Italie, France et au Royaume-Uni.

Où en est le Président ?

Si Nicolas Sarkozy et Angela Merkel jouissent d’une notoriété comparable dans ces cinq pays, en revanche le président français ne recueille que 33 % de bonnes opinions et 58 % de mauvaises, alors que la dirigeante allemande obtient 50 % de bonnes opinions et 41 % de mauvaises. Le Premier ministre britannique, qui est connu de 88 % des sondés recueille autant de bonnes que de mauvaises opinions. Le chef du gouvernement italien Mario Monti est connu de 74 % des personnes interrogées et 36 % ont une bonne opinion de lui, autant que de mauvaises opinions. L’Espagnol Mariano Rajoy est le moins connu de ces cinq dirigeants européens (63%). Il recueille 27% d’opinions favorables et 34% d’opinions défavorables. La seule façon que vous ayez de continuer à m’entendre, c’est de me réélire, a dit Nicolas Sarkozy qui a conclu le dernier Conseil Européen de son quinquennat. Le chef de l’État exclut de briguer des fonctions européennes, président du Conseil ou de la Commission, s’il ne devait pas être réélu. "Du fond du cœur, non. En aucun cas, d’aucune façon, ni maintenant, ni plus tard", a répondu M. Sarkozy. Nicolas Sarkozy dit ne pas avoir les qualités pour remplacer Herman Van Rompuy, président du Conseil européen nommé pour un second mandat la veille, un homme discret, rompu à l’art du compromis. "Quand on a eu le privilège et l’honneur d’être un chef de l’État, qui a des responsabilités absolument passionnantes et difficiles, toute autre responsabilité ne me semble pas adaptée, (à ma mesure ?) M. Sarkozy aurait-il dit le contraire que toute la presse aurait titré que le président sortant, à la peine dans les sondages, préparait sa reconversion.Venu en Pays Basque jeudi 1er mars, Nicolas Sarkozy a pu approcher opposants comme partisans au fil des rapides moments passés dans le centre historique de Bayonne. Indépendantistes et anti-lgv (ligne à grande vitesse) tentent d’approcher le candidat-président dans une vallée où Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir avaient leurs habitudes.

Train, Sartre et Simone de Beauvoir

Ils voudraient qu’il s’engage sur une collectivité territoriale spécifique au Pays basque, qu’il prenne position sur la future ligne à grande vitesse entre Bayonne et l’Espagne, ou sur le rapprochement des prisonniers basques de leur domicile. Echauffée par un climat estival, la foule bayonnaise se fait très compacte dans l’attente du candidat. S’engouffrant dans les rues étroites de la cité, Nicolas Sarkozy est accompagné de Michèle Alliot-Marie (député UMP) et du maire de la ville, Jean Grenet, UMP-Radical. La cohue se fait oppressante, et les huées le disputent aux applaudissements. Une courte pause à la charcuterie Montauzer permet de prendre des forces avec du jambon bientôt AOP Ibaiona, tandis que dans la ruelle quelques insultes se mêlent au" Nicolas président !". "Merci, ça fait plaisir les choses authentiques" lance-t-il. Sur la place de la cathédrale, les gardes du corps sont de plus en plus nerveux et au milieu de micros Nicolas Sarkozy se retrouve nez à nez avec une escouade cette fois de militants socialistes brandissant des portraits de François Hollande. Simultanément tombe une énorme banderole des écologistes basques du mouvement Bizi s’élevant contre "le travail de 7 à 77 ans". Le candidat UMP rencontre des responsables économiques et sociaux : "Il ne reculera sur aucune réforme comme il l’a fait sur la retraite, rapporte un chef d’entreprise. Et le référendum lui apparait comme un bon moyen de débloquer la vie publique française".
Pendant ce dialogue, la pression monte sur le parvis de la cathédrale ce qui incite les CRS à dégager les accès sous une pluie de confettis. Des militants UMP et d’autres de gauche, des nationalistes basques, quelques originaux ainsi que de nombreux curieux dont des jeunes et des étudiants avides de fixer sur leur smart phone le passage du visiteur attendent la fin des débats et cérémonies.

Départ

Nicolas Sarkozy finalement regagne sa voiture pendant que CRS et policiers se dispersent, que le sous-préfet de Bayonne se détend et le secrétaire départemental de l’UMP, s’insurge pour déclarer que "les militants socialistes, ont aujourd’hui perdu tout sens de la tradition républicaine ; on n’empêche pas un candidat de faire campagne !". Est-ce un des derniers bains de foule du Président ou l’occasion lui sera-t-elle offerte de se débarbouiller de nouveau devant le peuple rassemblé autour de lui pour l’acclamer et l’encourager à rester propre ?

Conclusion

Est-ce que nous assistons aux derniers jours d’une forme de bonapartisme sans Bonaparte, avec une pratique autoritaire du pouvoir et l’extraction d’une légitimité dans les suffrages exprimés par des plébiscites qui en cette circonstance s’appellent des référendums ? C’est une opinion de ce type qui avait été évoquée autrefois pour caractériser le mode de gouvernement du Général de Gaulle dont l’avis au pouvoir avait été considérée comme satisfaction de le demande du peuple pour être gouvernée, soumis, sinon inspiré et sauvé par un homme providentiel qui incarne à la fois une certaine permanence du bonapartisme, la vocation de la grandeur nationale, la tendance à se référer en souvenir à une tradition monarchique, à la passion de l’unité nationale et à un moindre degré celle du jacobinisme.