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Qui détruisent-elles ?

La faute des guerres

L’ennemi ou soi-même ?

lundi 3 octobre 2011, par Picospin

Et si c’était les guerres continuelles engagées au 20è et prolongées dans le 21è siècle qui étaient à l’origine de la délinquance en constante augmentation, de la difficulté à faire entrer les plus jeunes dans un cadre éducatif rationnel plus que passionnel ?

Un formidable documentaire

Si vous n’avez pas vu le documentaire présenté récemment par la Chaine 2 de la Télévision nationale, je vous conseille vivement d’y jeter un œil sinon les deux disponibles pour tenter d’y voir plus clair dans la déliquescence morale des générations qui se sont succédé depuis des dizaines d’années moins pour se construire et construire leur environnement que pour détruire celui des autres qui leur a été assigné comme cible de leur combat, de leurs rafales de bazookas au nom de plusieurs idéologies confondant bonheur avec liberté, bien être avec jouissance et tueries avec rêves d’immortalité on le ferait dans un magasin de jouets, d’informatique, de jeux vidéos. Si on le fait, on prend un risque qui n’est même plus calculé de détériorer l’autre et soi-même. Ecoutez les plaintes de tous ceux qui depuis la guerre du Vietnam et tous les conflits post coloniaux sont victimes du syndrome appelé en anglais par les initiales « Post Traumatic Depression Syndrome. » (Syndrome de Dépression Post Traumatique). La culpabilité les ronge, le suicide les menace de jour comme de nuit. Le souvenir s’impose à travers les rêves moins que les cauchemars. Ce sont des enfants puis des hommes détruits par la peur, l’angoisse, la haine de soi pour n’avoir ni pu ni su protéger leur surmoi, cette séquelle de la morale dont on a tiré la honte, l’indignité, la chute de la respectabilité.

Conflits indéchiffrables

En engageant les plus jeunes éléments de la jeunesse dans des conflits indéchiffrables où le cannabis ou le pavot est confondu avec l’illusion de sacrifices pour sa patrie, sa propre raison de vivre, sa fausse appartenance à une communauté, on foule aux pieds les principes si difficilement, si laborieusement inculqués à une jeunesse en plein désarroi qui ne sait plus quel camp choisir pour échapper à l’absurdité, à l’argent, aux valeurs dites universelles de l’argent corrompu versé comme engrais chimique sur plantes vénéneuses. Dans un effort désespéré de recherche obstinée de guérison, les nouveaux guerriers s’en vont en quête d’une aide d’où quelle vienne pour mendier une écoute qui ne se réalise jamais. Les demandeurs d’aide restent trop enfermés dans le bouleversement de leur esprit qui a du mal à se dissocier de ses relations avec le corps. Les éventuels aidants sont trop éloignés des réalités du terrain pour être en mesure de secourir des combattants isolés d’un nouveau genre. Ceux qui veulent tuer, ont besoin de tuer, dans un état second fait d’angoisse, d’insomnies, de peurs manifestées par des sueurs, des angoisses, des nausées devant les spectacles des horreurs dont ils deviennent les témoins bien involontaires. Les réactions face à ces manifestations ne se sont pas faites attendre devant l’ampleur et la profondeur des blessures reçues par des nouveaux patients, incapables d’auto médication.

Psychiatres modernes

Des psychiatres rencontrés hors des chemins de la psychiatrie classique sinon moderne voulaient jouer aux apprentis sorciers, expliquer que la cause de leurs symptômes était juste, que suivre les instructions du haut commandement était plus qu’un devoir, une nécessité, une obligation de sauver la nation, la coalition, la civilisation, faute de quoi elle sombrerait avec eux, les défenseurs d’un ordre propre, gardé pur de toute souillure par les thuriféraires de croyances nouvelles, importées d’on ne sait où mais qui en tout état de cause représentent l’axe du mal. Comment éviter dans ces conditions les comportements autodestructeurs, l’angoisse de dormir, du sommeil qui échappe au contrôle de l’esprit et qui laisse filtrer les cauchemars, les rêves de mort, d’assassinats, de désirs de tuer. Même les enfants au bord des routes empêchant malgré eux les convois « alliés » de passer, doivent être abattus sans semonces sous prétexte de sécurité et d’épargne des vies humaines se réclamant des idéologies justes contre celles qui sont fausses. Cette nouvelle religion suivra toujours les combattants d’on ne sait quelle cause, celle de la culture du pavot, de la richesse acquise aux dépens de la destruction de l’autre et de sa descendance. « Je nage dans les cendres d’une autre vie » déclare un de ces combattants de l’impossible qui a peur de ne pas infecter la tribu dont il est issu pour ne pas lui faire porter la honte de ce qu’ont fait les autres. Le danger excite, fascine, provoque joie et euphorie.

Sensations incomprises

Ces sensations, on les garde pour soi, incapables que nous sommes de les partager avec notre peuple qui ne comprend rien à ce que nous faisons, aux dangers qui nous menacent, aux angoisses dont nous sommes les victimes. Ils ne reçoivent aucun autre soutien de la population qui hait ces guerres idéologiques visant à assurer la pérennité des causes les plus nobles, celles de la paix, de la liberté, du respect, de l’émancipation des femmes. On veut gagner le cœur des peuples pendant que la population « protégée » et défendue pleure ses morts et songe plutôt à les venger. Pendant ce temps, les gouvernements veulent présenter aux nations une guerre propre, « chirurgicale » sans morts ni blessés au moment où les bombes explosent aux pieds des « combattants envahisseurs » avec leurs bavures, leurs dégâts collatéraux, le plus souvent inévitables devant l’invisibilité et l’imprévisibilité des actions d’un ennemi indétectable qui n’a d’ennemi que le nom et dont la qualification est incompatible avec les véritables missions des « forces du bien ».

Effets délétères

Étalez ces effets contraires, on dirait délétères en médecine, sur plusieurs dizaines d’années et vus obtiendrez le résultat annoncé. Un délabrement, sinon un effondrement de la société, initié par les plus jeunes, porteurs d’idéologies aberrantes, d’actes de barbarie, témoins de scènes insoutenables qui altèrent le sommeil et les rêves, soutiennent et favorisent les cauchemars et prennent la société comme témoin des malheurs qui s’abattent sur elle du fait du haut degré de contagiosité de la maladie qui se répand comme peste et cancer, lèpre et amputations, SIDA et tuberculose, cette dernière commençant à envahir les cités comme épidémies missionnées par un créateur furieux d’observer les comportement de ses créatures sorties de leurs gonds. Comment les y faire rentrer ? Ne deviendrait-elle pas la question piège de notre époque pour mettre sous étouffoir les interventions itératives des missionnaires ( ?) du Bien contre ceux du Mal ?

Questionnement :

1. Le devoir est-il préfiguré dans la relation de dette entre débiteur et créancier ?

2. Quelle distance y a-t-il entre l’injuste injustice du vol et et la juste injustice de la dette ?

3. De quelle entité l’homme tient-il un certain crédit naturel et spontané sans débiteurs qui n’est autre que son propre capital de possibilités ?

4. Quelle est la valeur qui nimbe les contours de la dépendance et qui, mordant sur nous comme une ombre, obère notre autonomie ?