Ethique Info

Accueil > Education > Education > La green card n’y a vu que du bleu

Faut-il posséder de bons et vrais diplômes pour émigrer ?

La green card n’y a vu que du bleu

Quelle est la couleur de votre carte ?

vendredi 3 octobre 2008, par Picospin

Dès lors, se pose avec une intensité revigorée, le problème des recrutements, à partir de diplômes de haut niveau ou en fonction des véritables années d’expérience dans des entreprises hautement compétitives.

Quels diplômes ?

C’est dans ces conditions que surgit à nouveau le cas de la Garde des Sceaux dont certains pensent que les diplômes excipés ne correspondent pas toujours à la réalité des fonctions occupées ni des charges et responsabilités assumées. La question touche aussi les nouveaux immigrants, les ingénieurs indiens par exemple dans la mesure où l’Europe souhaite attirer sur son sol des travailleurs hautement qualifiés issus des pays tiers, qu’ils soient africains, chinois ou du sous-continent. Réunis jeudi à Bruxelles, les ministres de l’Immigration ont mis la dernière main à un projet de directive permettant d’offrir à cette élite diplômée, une carte bleue, l’équivalent de la célèbre « green card » américaine. « Nous envoyons un signal d’ouverture », a déclaré le ministre français, Brice Hortefeux, au nom de la présidence de l’Union européenne. Un accord définitif devrait être conclu en novembre. Les Vingt-Sept s’inquiètent du déficit de compétitivité dont souffrirait l’UE, continent à la démographie vieillissante, surtout en comparaison des États-Unis ou du Canada dont les frontières sont réputées ouvertes aux talents étrangers. Le futur possesseur d’une carte bleue bénéficiera d’une liberté de circulation sur l’ensemble du territoire européen et dès sa première installation, pourra y convier sa famille, sans nécessité de satisfaire à des tests d’intégration.

Des talents étrangers

Son conjoint bénéficiera d’un « accès à l’emploi ». Ses droits sociaux sont censés être identiques à ceux accordés aux nationaux. Pour autant, la carte bleue n’a rien d’un passeport illimité. Chaque État membre reste libre ou non de l’octroyer, en fonction des caractéristiques propres à son marché du travail. La Hongrie ou la France pourraient se contenter d’offrir ces sésames à des médecins ou des infirmières, où la compétence fait défaut, tandis que la Belgique cherche des informaticiens ou des ingénieurs. Le salaire des impétrants devra être 1,5 fois supérieur au salaire moyen du pays concerné. Après quatre ans, le titulaire devra renouveler sa carte bleue, quand bien même son contrat de travail serait à durée indéterminée. S’il est licencié, il disposera de trois mois pour trouver un point de chute équivalent, faute de quoi il perdra le bénéfice de la carte. Ce n’est qu’après dix-huit mois de résidence dans un pays de l’UE que l’intéressé pourra s’établir dans un autre État, une fois le feu vert reçu par une autorisation non automatique, ou le redémarrage d’une nouvelle procédure. La Blue Card ne règle pas l’accès aux marchés du travail nationaux.

Spécificités nationales

Les États ont fait valoir avec succès leurs spécificités nationales. La Suède, où aucune législation ne fixe le niveau des salaires, craignait que l’Europe ne lui impose une norme salariale. La République tchèque refuse d’ouvrir ses frontières aux migrants des pays tiers tant que ses deux voisins, l’Autriche et l’Allemagne, n’ou­vrent pas leurs portes aux travailleurs tchèques ce qui devrait avoir lieu en 2011. L’objection de Prague représente le seul obstacle que la présidence française devra lever avant d’espérer décrocher un accord, à l’unanimité. Reste le cas de notre Garde des Sceaux qu’un avocat de la Réunion en pleine plaidoirie a accusé d’avoir utilisé un diplôme non conforme. Qu’en faire si ce n’est d’attendre l’évaluation des performances de la jeune diplômée et de juger de ses compétences, de ses connaissances et de son parcours dans les arcanes de la justice ?

Questionnement éthique :

1. Est-ce que la possession d’un diplôme a en soi une importance cruciale pour être accepté comme immigré ?

2. Est-ce plutôt un frein pour filtrer des candidats à l’immigration aux frontières ?

3. Faut-il plutôt se fier au CV d’un candidat à l’immigration pour lui proposer un emploi qualifié ?

4. N’y a-t-il pas un risque d’atteinte à la dignité de la personne humaine si on ne tient pas suffisamment compte des performances antérieures de l’immigré ?