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Les tribulations du complexe militaro-industriel contre H1N1

La grippe : voilà l’ennemi

Combien de divisions Mon Général ?

jeudi 20 août 2009, par Picospin

Ici, le titre lui-même porte déjà en lui-même les prémisses d’une campagne militaire qui partirait à l’assaut d’un blockhaus, d’une citadelle, d’un château fort qui aurait pu être dessiné puis construit autrefois par Vauban. Pour quelles raisons ?

Les bons plans

On parle déjà de plan, de cadre général, de mesures concrètes comme si on avait déjà eu recours à une mobilisation générale contre un ennemi venu de l’extérieur et même de l’intérieur comme on l’avait dit à un moment donné de la fameuse « 5è colonne » qui devait faire écrouler tout l’édifice de la France par des opérations conduites par des éléments cachés, obscurs, aux intentions redoutables, au objectifs inavoués et disposant de forces incommensurablement plus élevées que celles disponibles pour la défense et la protection du territoire. De ce plan de bataille, on passe directement au héros et aux sacrifiés comme le laisse entendre la phrase suivante « « Pas de panique », Nous avons besoin d’informations claires, nous savons seulement que, dans les écoles primaires, où il n’y a pas d’infirmière scolaire, nous serons seuls pour détecter les enfants malades. »

Cinquième colonne ?

Seuls, aussi, face aux questions des familles, ou à leur incompréhension. Seuls donc face à un ennemi toujours supérieur en nombre comme on l’a entendu maintes fois à propos des armées en présence dans les guerres locales et mondiales. Bien sur, en cas de défaite, il est plus facile d’expliquer un mauvais sort face à une meute nombreuse et puissamment armée et équipée qu’une victoire à la Pyrrhus. Viennent maintenant les consignes à transmettre à la population en cas de bombardement ou d’attaque inopinée. Lisez : « Les professeurs devront donner des informations justes aux familles. S’ils n’ont reçu les documents du ministère que la veille de la rentrée, cela risque d’être un peu flou. » Et on attaque - si l’on peut dire - le nœud du problème avec la question suivante « les professeurs dont l’enfant serait malade doivent-ils venir travailler ? En cas de pandémie, les remplaçants seront-il suffisants ?

Relève des combattants

Une rencontre entre le ministère et les syndicats viendra donc parachever le dispositif. A ce discours fait suite l’indispensable principe de précaution, nouvel arrivant bien accueilli dans le catalogue de la responsabilité, actuellement indispensable à rappeler dès lors que l’on vise à établir et répartir les charges, engagements, obligations envers les fils et filles de la nation. Et maintenant voici à nouveau les ennemis dissimulés en place pour saboter les bonnes initiatives prises par les autorités officielles et qui de ce fait risquent de faire capoter ce qu’on appelle maintenant « les bons plans ».

Un ennemi masqué et implacable

Au terme de cette bataille de la communication, on doit se méfier encore plus de l’ennemi de l’intérieur qui espionne, installe ses dispositifs de sabotage, organise éventuellement la résistance armée contre un adversaire d’autant plus dangereux qu’il est invisible, masqué et prêt à tout pour détruire et vaincre. De quoi s’agit-il ? D’une grippe dont on ne connaît ni la toxicité, ni l’agressivité, ni les mécanisme immunologiques potentiellement mis en œuvre contre elle et en tout cas contre laquelle – principe de précaution oblige – les laboratoires du monde entier ont fabriqué des moyens de défense à l’instar du complexe militaro-industriel qu’on accuse les Américains d’avoir mis en place contre un ennemi fantomatique.