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La guerre des genres est déclarée

mardi 14 juin 2011, par Picospin

Raison ou passion
Quelle est cette nouvelle passion qui anime journalistes, écrivains, penseurs ? Ils veulent que l’affaire DSK serve de prétexte à une déclaration de guerre en bonne et due forme entre les hommes et les femmes pour faire des premiers les prédateurs des secondes. Est-ce bien responsable ou raisonnable et faut-il un conflit armé pour transformer les premiers en agresseurs des secondes rejetées au rôle de martyrs des « mâles en rut », plus proches des chimpanzés d’une civilisation dominée par les détenteurs de la force brutale, une puissance physique héritée d’une musculature développée pour protéger le « sexe dit faible » et les produits des amours entre mâles et femelles ?

Souffrance

Est-il vrai que les femmes ont souffert si longtemps et si douloureusement des sévices imposés par des hommes, fiers et conscients de leur supériorité proclamée surtout par des femmes dont on a l’impression qu’elles cherchent à culpabiliser leurs partenaires habituels, maintenant rejetés au rang d’ennemis. Il ne suffisait pas à l’humanité de procéder à des exterminations organisées de peuples, d’ethnies et de religions pour assouvir sa soif de violence, d’agressivité et de déni de la vie des autres. Il fallait y ajouter encore cette nouvelle déclaration de guerre suivie d’un conflit armé dans un but dont on comprend mal les motivations sinon les passions. A lire les attendus d’un nouvel ouvrage signé par des femmes intelligentes qui occupent justement le devant de la scène scientifique, humaniste, académique, on a l’impression que leurs consœurs sont en permanence fustigées, rejetées, mises au rebus à un moment où paradoxalement, on découvre leurs qualités intellectuelles et physiques pourtant si bien cachées autrefois par la surpuissance des hommes. On vient de s’apercevoir grâce aux nouvelles méthodes d’entrainement physique et intellectuel que les capacités du genre féminin peuvent largement rivaliser avec celles de leur partenaire masculin.

Vitesse et endurance

Dans les domaines de la vitesse, et plus encore dans celui de l’endurance, ces dernières démontrent des aptitudes au moins égales à celles des coureurs de marathon, de courses d’endurance à pied en natation ou à vélo, de précision dans le tir et de performances dans les compétitions sportives à ski ou autres pratiques sportives. Là où on voyait un avantage « injustement » accordé par un dieu mâle à l’homme, on découvre des atouts dévolus aux femmes, ne serait-ce qu’en raison de leurs besoins énergétiques plus réduits, de leur plus petite surface corporelle, de leur élégance naturelle et de leur harmonie du geste. Depuis que la science, la biologie, la pharmacologie a travaillé pour elles pour maitriser la procréation, elles sont largement devenues les égales de l’homme, ne serait-ce que pour leur aptitude à l’action, leur endurance, leur intuition dont Bergson avait parlé depuis longtemps. Les résultats scolaires des filles dépassent largement ceux des garçons à condition que ces dernières ne succombent pas aux tentations des premiers lorsqu’ils veulent en faire des objets d’expérimentation.

Égalitarisme

On ne voit pas très bien non plus pour quelle raison les acharnés de l’égalitarisme, où qu’il puisse se nicher souhaitent sinon exigent que les femmes occupent des situations au sein de la société aux moins égales à celles des hommes comme si les postes de direction devaient représenter la suprême ascension et l’accession au bonheur. Il peut très bien se cacher dans le pré comme le suggère un film qui a eu son heure de gloire autrefois. On accuse les hommes de soumettre la femme aux obligations de la procréation. Cette accusation ressortit à une instance datant des siècles passés. On se plaint d’un côté que la femme moderne ne veut plus faire d’enfants sous prétexte qu’elle désire profiter de toutes les avancées de la médecine, de la biologie et du confort des accouchements pratiqués en milieu obstétrical jusqu’à atténuer toute sensation désagréable, toute douleur et toute difficulté réelle à l’expulsion de l’enfant à naitre. La démographie est en baisse dans tous les pays de la communauté européenne à l’exception de la France qui, en raison de l’interdiction absolue de publication de toute statistique ethnique, n’est pas en mesure de préciser l’origine des nouveaux bébés répandus sur le continent européen. Peut-être est on autorisé à se passer de cette publication en raison du triomphe affiché haut et fort d’une nation qui a pris brillamment la tête du nombre des procréations en attendant de connaître leur qualité.

Héritier F, Perrot M, Agacinski S., Bacharan N. La plus belle Histoire des Femmes. Paris, Le Seuil.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que la forme moderne de la technique s’est transformée en poussée en avant infinie de l’espèce et en son entreprise la plus importante ? Est-il vrai que la vocation de l’homme consiste dans la progression en perpétuel dépassement de soi et la réussite d’une domination maximale sur les choses et sur l’homme, comme sur la femme ?

2. Comment concevoir que si rien ne réussit tant que la réussite, rien ne rend davantage captif que la réussite ?

3. Les éléments qui font partie de la plénitude de l’homme sont-ils dépassés en prestige par l’extension, de son pouvoir ?

4. Cette dernière est-elle associée au rétrécissement du concept que l’homme a de lui-même ?

5. Est-il susceptible d’envahir la femme à l’heure où elle prend de plus en plus conscience de sa propre dignité face à celle de l’homme ?