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La guerre et la paix et le terrorisme

mardi 17 avril 2012, par Picospin

On parle de terrorisme idéologique, religieux, irrédentiste, fanatique, international… Très souvent, en agissant ainsi, on identifie le terrorisme à l’idéologie dont il se dit porteur, et, de ce fait, sans en avoir en conscience, on accrédite le bien-fondé de la liaison entre telle et telle idéologie et tel et tel groupe.

Discrédit d’idéologie

Un danger immédiat surgit : celui de discréditer une idéologie globale, parce qu’un groupe ultra minoritaire se l’approprie. Une grande partie de la génération actuelle est née avec le terrorisme comme moyen d’expression d’un mécontentement, d’une injustice à réparer ou d’une cause à gagner ou à venger. Elle a aussi fait connaissance par l’intermédiaire de ses parents et grands-parents du terrorisme d’état incarné par les gouvernements favorisant ou activant une forme de politique inspirée par la force, le déni de justice, de liberté et l’initiative d’actes isolés tendant au meurtre, à la déportation, à l’enfermement, à la déportation sinon à la torture. Certains états n’on pas reculé devant l’usage de méthodes de coercition pour imposer leur loi ou plutôt leur absence de loi. On se plait aussi, par un nationalisme de bon ou de mauvais aloi à évoquer la Révolution française pour décrire un régime de Terreur pris en ce cas comme paradigme de terrorisme d’Etat à l’occasion des faits historiques qui ont émaillé le déroulement d’une stratégie par laquelle certains états, pour lutter contre des opposants ont utilisé des méthodes contredisant les principes de l’état de droit comme l’assassinat et autres procédés physiques, moraux ou intellectuels pour imposer leurs points de vue, leurs ordres, l’exécution de leurs mythes et la réalisation de leurs rêves, cauchemars ou déviations et sorties hors du rationnel.

Un iceberg

La partie immergée de cet iceberg qui caresse parfois et tue souvent en les coulant, les embarcations des libertés refoulées se trouve souvent dans des idéologies clairement exprimées qui avertissent les individus et les masses populaires des exactions que ces monstres s’apprêtent à commettre pour faire triompher leurs visions irréelles, leurs rêves insensés et leurs objectifs ambivalents. En ce cas le distinguo est difficile à discerner entre la part de bien et de mal que recèle un programme d’action où se mêlent sans ordre et sans logique des actions favorables au bonheur de peuples asservis, de bien-être apporté pêle-mêle, d’illusions sans fondement et de références à un passé obscur d’où naissent des fantômes, des mascarades pour causes perdues ou des mimétismes qui reproduisent les fantasmes glanés dans les lectures et références apportés par des personnages prestigieux, héroïques et en tout cas exemplaires. La vague anarchiste du 19è siècle venue de Russie, étendue dans toute l’Europe voit ainsi surgir une nouvelle forme de lutte armée différente des conflits armés qui avaient fait rage auparavant. Le monopole de la violence légitime tel que décrit par Weber, propre à l’Etat est alors remis en cause par une série d’attentats visant à établir un nouveau régime politique.

Intimidation

A ce sujet, Trotsky avait écrit que guerre et révolution reposent sur l’intimidation. Une guerre victorieuse n’extermine qu’une petite partie de l’armée vaincue mais démoralise ceux qui restent et brise leur volonté. La révolution fait de même qui tue quelques individus et en effraie mille. Une action violente est dénommée terroriste lorsque ses effets psychologiques sont disproportionnés avec ses résultats physiques – et l’on pourrait facilement ajouter « et moraux ». La logique de l’attentat suicide, si courant depuis quelques années et qui ne vise qu’à produire un maximum de victimes implique que n’importe quel lieu peut être choisi pour cible. Le terme « terrorisme » ne peut être appliqué à un acteur donné, car il a toujours une fonction de valeur de la part de l’observateur (l’appellation de terroriste, pour désigner les résistants français durant la Seconde guerre mondiale par les Allemands est là pour le rappeler), et tous les acteurs, organisation clandestine ou gouvernement, s’accusent réciproquement d’être les véritables terroristes (les FARL dans leurs premiers communiqués accusaient le gouvernement français de terrorisme d’État, pour répondre à l’accusation de terrorisme…).

Raisons irrationnelles d’un massacre

Nous serons confrontés dans quelques jours à un des massacres les plus spectaculaires de l’époque contemporaine. Il a eu lieu l’année dernière dans la zone européenne considérée comme exemplaire car infiltrée de bonnes intentions, de culture et d’un haut degré de civilisation et de culture que les exactions des Nazis allemands et des communistes russes n’ont pas réussi à démentir. Notre assassin, auteur d’un massacre historique n’a ni froid aux yeux ni une haute considération pour sa conscience puisqu’il se proclame innocent, affirmant qu’il voulait seulement avertir l’occident du danger que lui faisait courir l’arrivée massive d’immigrations apportant avec elles une nouvelle manière de vivre, de croire, de penser et d’exercer ses rites religieux. Pendant ce temps, en Afghanistan où se rassemblent des armées venues ce nombreux pays d’Europe et d’ailleurs, les tueries n’ont guère cessé, les armes crépitent et des forces s’affrontent qui ne ressortissent pas toutes à une origine militaire.

Trésor

Il est vrai que ce terrain de combat privilégié depuis plus de 10 ans, recèle des richesses en herbes de toute provenance et de toute activité, et dans ses entrailles des terres rares capables de servir d’énergie à nous moteurs d’automobiles et de force à toute notre artillerie de gadgets devenus indispensables à la communication et animés par des piles et batteries particulièrement économiques. Les prédateurs les attendent à la sortie pour faire ample chasse et cueillette de ses richesses tant convoitées et de ce fait si précieuses. Une véritable panacée…