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expériences de soldats impliqués dans les interventions militaires

La guerre et la paix

L’expérience de Sun Tsu, stratège chinois

mardi 4 octobre 2011, par Picospin

On déploie maintenant les forces vives de son pays sur n’importe quel territoire de la planète pourvu que le destin commercial, diplomatique, culturel voire national s’y joue soit isolément soit en fonction d’alliances d’opportunité ou d’intérêt assez éloignées de la protection de la population, des enfants ou de tous les appartenant de la nation ou de ce qu’il était convenu d’appeler la patrie. A cet égard, il est impératif de s’adresser à un maitre de l’art de la guerre déjà fort ancien et considéré comme le plus grand expert de cet art.

Les conseils de Sun Tsu

Il s’agit de Sun Tzu, stratège de premier ordre, modèle de guerrier intelligent, astucieux, modéré et réfléchi qui considérait le métier militaire comme devant s’appliquer à une armée composée d’éléments tactiques capables de manœuvrer de façon indépendante et coordonnée et d’exécuter sur le champ les ordre transmis par sonneries, gongs, tambours, pavillons et bannières. Il ne considérait plus l’exercice des hautes fonctions militaires comme un privilège réservé à une aristocratie héréditaire. A l’époque où Sun Tsu écrivit, la guerre était devenue une entreprise dangereuse, le dernier recours là où tout autre moyen avait échoué. Est-ce bien le cas actuellement lorsqu’on assiste à des bombardements sans déclaration de guerre, des frappes sur des objectifs civils et parfois militaires ou des coups de semonce pour prévenir un adversaire que les coups seront de plus en plus rudes à mesure que la résistance de l’adversaire deviendra plus intense, plus sanglante et plus féroce. Les doctrines stratégiques et tactiques exposées dan l’Art de la Guerre sont basées sur la ruse, les apparences trompeuses pour mystifier et abuser l’ennemi, sur l’avance par voie détournées, sur la faculté d’adaptation instantanée à le situation de l’adversaire, sur la manœuvre souple et coordonnée d’éléments de combat distincts et sur la concentration rapide vers les points le plus faibles. Comme on le voit, il s’agit de guerres menées par des troupes parfaitement entrainées, bien équipées, parfaitement renseignées, obéissant à un commandement parfaitement rodé, instruit, spécialisé et hautement instruit.

Interventions étrangères

Est-ce le cas de toutes les guerres « interventionnelles » menées actuellement par des pseudo mercenaires, mal équipés, peu homogénéisés, qui reçoivent et émettent des informations faiblement contrôlées et loin des « troupes de choc et élite » très mobiles et efficacement entrainées. Je ne sais si notre auteur expérimenté a tenu un grand compte des bavures si fréquentes dans les guerres actuelles qui voient des alliés lâcher des bombes sur leurs frères de combat comme on a pu l’entendre dans un document récent sur les incoordinations entre aviation américaine et troupes au sol françaises et qui se dont poursuivies un certain temps avant qu’un signal arrête cette folie, ce gâchis et cette aberration intellectuelle et tactique. La tache du général consistait à provoquer des modifications et à les faire tourner à son avantage. L’excellence d’un général se reconnaît à ce qu’il évalue la situation avant d’entreprendre une action. Est-ce bien ce qui se passe maintenant au moment où l’on voit partir de partout des rafales d’armes automatiques dont la cadence de tir, le bruit entendu et les crépitements génèrent la fascination, l’enthousiasme, une sorte de folie mal contrôlée, de débauche physique qui se nourrit de l’augmentation continue des sensations perçues auxquelles le danger partout présent ajoute un plus qui mène à l’extase, au désir de tuer davantage hors de toute rationalité, de tout calme et de toute maitrise de soi. Ni le général ni le soldat ne tombent maladroitement, par inanité dans des embuches maintenant appelées embuscades tendues pour appâter.

Responsable

Le responsable reste prudent mais pas hésitant. Il prend des risques calculés mais jamais inutiles. Il ne nargue pas un tigre ni ne se précipite dans un fleuve sans se soucier de survivre ou de mourir. Dans les guerres actuelles, la mort survient n’importe où et n’importe quand, au passage d’un véhicule faisant exploser un grenade ou un obus aux pieds du combattant. Dans les guerres de rébellion, les chefs rebelles choisissaient toujours pour s’y diriger le point de moindre résistance. Est-ce bien cela qui s’est passé au Vietnam ou à Dien Bien Phu où ce ne furent pas les positions idéales qui furent choisies par un état major qui n’avait pas encore assimilé les lois de la guerre moderne. Ce fut la bataille la plus longue, la plus furieuse, la plus meurtrière de l’après Seconde Guerre mondiale, et l’un des points culminants des guerres de décolonisation. Le cessez le feu une fois signé, le décompte des prisonniers l’Union française, valides ou blessés, capturés à Diên Biên Phu s’élève à 11 721 soldats dont 3 290 seront rendus à la France dans un état sanitaire catastrophique, squelettiques, exténués. Il en manquait 7 801. Le destin exact des 3 013 prisonniers d’origine indochinoise reste toujours inconnu19. Il est probable qu’ils ont été exécutés systématiquement comme traitres.

Apprentissage

L’apprentissage d’une guerre menée avec autant de prudence que d’audace ne se fait pas tout seul. Il est le fruit d’une longue et lente expérience tirée de faits historiques militaires tels qu’un grand expert militaire de la Chine antique a pu dire sans être contredit : « Connais ton ennemi et connais-toi toi-même et tu pourra livrer cent batailles sans en perdre une seule ». La Longue Marche de Mao fut pour les communistes un laboratoire militaire et souvent une paisible retraite où se décanta l’expérience. Bien avant, les Américains auraient du se souvenir que les Japonais frappent d’abord et déclarent la guerre ensuite ce qui aurait évité la surprise de Pearl Harbour à laquelle aucune allusion historique n’avait été faite ce qui n’a pas manqué de prendre les premiers au dépourvu car ils étaient réfractaires aux enseignements de l’expérience historique. Une action aussi téméraire, entreprise sans égard aux conséquences probables indique que les Japonais n’avaient pas médité aussi profondément qu’ils l’auraient pu les restrictions de Sun Tsu se rapportant à l’importance essentielle du moral en ca de guerre. En Malaisie, les Japonais appliquèrent à la perfection les enseignements de Sun Tzu qui leur avaient donné le bénéfice de l’effet de surprise initial et celui d’une utilisation astucieuse du terrain où ruse, diversion et mobilité se combinèrent pour exploiter au maximum les qualités d’imagination et d’exécution rapide qui devaient plus tard décontenancer le commandement britannique.

Questionnement :

1. Comment justifier nos jugements moraux ?

2. Quelle est la signification du bien si on en rapporte le sens aux faits de guerre décrits et proposés dans me contexte d’une stratégie aux ruses multiples telle que celle proposée par Sun Tsu ?

3. Nos énoncés moraux peuvent-ils être vrais ou faux ?

4. Quelle définition du Bien adopter devant les difficultés à choisir la bonne, la plus adaptée à notre époque et la plus apte à être appliquée ? naturaliste, hédoniste, utilitariste, métaphysique ?