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Crise financière

La magie des mots : Bretton Woods et Keynes

A quel saint se vouer ?

mardi 30 septembre 2008, par Picospin

C’est aussi une station de ski qui offre un domaine skiable dépendant de la ville de Carroll dans le comté de Coos. Son nom reprend actuellement une grande force et une certaine vigueur à cause de la crise monétaire actuelle qui n’est pas sans rappeler les vicissitudes économiques, politiques et financières qu’a connues le monde à la fin de la 2è guerre mondiale et qui vient d’être pries comme référence à la crise actuelle comme s’il s’agissait du lieu d’une rencontre mythique qui avait été capable de sauver le monde de la destruction, d’initier le nouveau départ d’un monde nouveau, à reconstruire et à sauver de l’engloutissement dans ses propres ruines.

Sortie de guerre

A cette époque, on sortait des massacres, des destructions, des ruines laissées par un cataclysme mondial dont sortaient avec plus ou moins de plaies et de pansements tous les pays européens certains pays asiatiques et à un moindre degré les Etats-Unis. Le système monétaire mis en place à Bretton Woods en 1944 répond, pour les Américains, à la volonté d’éviter les crises monétaires, dont on pensait qu’elles avaient entraîné le protectionnisme, le nationalisme sinon la guerre. Le système préconisé dans ce charmant petit village se présente comme la recommandation d’un retour à l’étalon or qui, avec un modèle de change fixe, apparaît comme le gage de la stabilité et d’une règle commune. Il s’en éloigne toutefois sur des points essentiels. Les changes fixes entre les monnaies sont ajustables quand il existe entre eux un « déséquilibre fondamental ». Les pays ont aussi le droit d’établir des contrôles destinés à limiter les flux internationaux de capitaux. Dans le but de réguler les politiques économiques et de financer les balances des paiements des pays à risque, le Fonds monétaire international, né des mêmes accords, peut apporter aux pays en difficulté une aide assortie de conseils qui visent à restaurer l’équilibre. Le système repose sur un retour rapide à la parité or des monnaies. Dans un monde où les trois quarts de l’or sont détenus aux États-Unis, les pays doivent avoir recours à l’aide américaine pour reconstituer leurs réserves qui, à défaut d’or, sont essentiellement constituées de dollars. Les accords de Bretton Woods sont les accords économiques qui ont dessiné les grandes lignes du système financier international de l’après-guerre. Leur objectif principal fut de mettre en place les bases de la politique monétaire mondiale et de favoriser la reconstruction et le développement économique des pays touchés par la Seconde Guerre mondiale.Ils furent signés le 22 juillet 1944 au Mount Washington Hotel, à Bretton Woods aux États-Unis après trois semaines de débats entre 730 délégués représentant l’ensemble des 44 nations Alliées.

Apparition de Keynes

Le principal instigateur de ces accords a été John Maynard Keynes qui dirigeait la délégation britannique et Harry Dexter White, assistant du secrétaire au Trésor américain. La France y était représentée par Pierre Mendès France. Le plan Keynes, du nom de l’économiste célèbre qui joua un rôle essentiel, fut ébauché dès 1941 et préparait un véritable système monétaire mondial. La période qui va de l’entre-deux-guerres à Bretton Woods est passionnante du point de vue de la pensée économique. Deux grands problèmes se posent : le traité de Versailles comme l’a compris Keynes ne permet pas l’établissement d’une paix durable et d’un système économique stable ; sur le plan politique et monétaire, le Royaume-Uni qui avait été au XIXe siècle la puissance dominante voit ce rôle décliner au profit des États-Unis qui hésitent, dans un premier temps, à assumer un rôle international de premier plan. Sur le plan monétaire, le dollar américain s’affirme peu à peu face à la livre sterling. Dans cet environnement instable ponctué de crises, à travers les écrits de Keynes qui participe activement au débat politique il est possible de saisir les questions que se posent au monde d’alors et de mieux percevoir le contexte de son œuvre majeure : la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie29. Keynes qui participe à la Conférence de la Paix de Paris plaide pour une paix généreuse mais n’est pas écouté et démissionne trois jours avant la signature du traité30.La même année, il publie Les Conséquences économiques de la paix qui deviendra vite un best-seller dans le monde entier (200 000 exemplaires vendus31 que résume Schumpeter en ce terme : « le capitalisme du laissez-faire, cet épisode extraordinaire, a rendu l’âme en 191432. » Dans Les conséquences économiques, il compara le Traité de Versailles à une « paix carthaginoise », par référence à la rigueur du traité de paix à la fin de la Deuxième Guerre punique. Il y critique à la fois les clauses irréalistes du traité, l’oubli total de la dimension économique du problème et le comportement des principaux acteurs de cette conférence33. Il dénonce le poids des réparations « exorbitantes » auxquelles doit faire face l’Allemagne et prédit la ruine de l’économie allemande : l’hyper-inflation allemande qui succèdera à la guerre sera évoquée à l’appui de ses thèses.

Erreurs du traité de Versailles

Quand il s’interroge sur les raisons de l’« autorité du laissez-faire » au XIXe siècle, il émet plusieurs hypothèses : le parallélisme étroit entre le laissez-faire et le darwinisme qu’Herbert Spencer fut le premier auteur de renom à reconnaître. et les déficiences scientifiques du protectionnisme et du socialisme marxiste. Il assigne quatre nouveaux rôles43 à l’État : le « contrôle délibéré de la monnaie et du crédit », la « collecte de données relatives à l’état des affaires et leur diffusion à grande échelle », un rôle dans la détermination du niveau de l’épargne et de l’investissement et une « politique réfléchie touchant la taille de la population ». Il distingue trois ordres économiques successifs : l’ère de la rareté, celle de l’abondance (qu’il situe au XIXe siècle) et enfin l’ère de la stabilisation dans laquelle ils pensent entrer. Cette période est marquée par une diminution de la liberté individuelle liée surtout à la montée en puissance des grandes entreprises et des cartels, des corporations et des syndicats. Dans ces circonstances, pour lui, la véritable mission du nouveau libéralisme serait d’arriver à « contrôler et à diriger les forces économiques dans l’intérêt de la justice et de la stabilité sociale », aussi en appelle-t-il à la définition d’« une politique nouvelle et des instruments nouveaux pour adapter et contrôler le jeu des forces économiques, de façon que celles-ci ne heurtent pas brutalement ce qu’on regarde aujourd’hui comme normal en matière de stabilité et de justice sociale48 ». Pour Keynes la théorie économique ne fournit pas un corps de conclusions établies immédiatement applicables à la politique. C’est une méthode plus qu’une doctrine, c’est une tournure d’esprit, une technique de pensée qui aide son possesseur à formuler des conclusions correctes... Avant Adam Smith cette tournure d’esprit n’existait pratiquement pas.

Stabilisation des prix

Le moyen de stabiliser l’économie était de stabiliser les prix. La variable majeure pour atteindre cet objectif était le taux directeur de la banque centrale qui devait être augmenté quand les prix montaient et abaissé quand ils baissaient ». Keynes ne vise pas à « élaborer une théorie de l’allocation des ressources, pour un niveau de production donné, mais se penche sur « les forces qui gouvernent les variations de volume de la production et de l’emploi dans son ensemble ». Pour Keynes une demande effective insuffisante peut conduire à un équilibre stable de sous-emploi. Keynes, a aidé les pays occidentaux à mettre fin au chômage et à la dépression dans un cadre démocratique. Une crise cardiaque en 1937 va tenir Keynes éloigné de l’action publique jusqu’au déclenchement de la guerre. Durant la Seconde Guerre mondiale et jusqu’à sa mort il jouera un rôle relativement important même s’il fut juste « Keynes », le conseiller du ministre des finances et qu’il se décrivit comme un « demi-semi-officiel ». Keynes et les Américains étaient d’accord sur la nécessité de rebâtir un système monétaire mondial, mais les vues étaient différentes. Keynes était pour un Système de compensation mondial et une monnaie internationale. Il établit plusieurs moutures à cet effet en 1941. Les principaux points en étaient un système de changes fixes par rapport au dollar lui-même convertible en or et la création de deux institutions le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale Keynes était opposé à ce que les américains aient la présidence de la Banque Mondiale et voulait que les pays puissent adhérer à la fois à la Banque des règlements internationaux.et au FMI ce qu’il obtint. Keynes considère que la « théorie classique n’est applicable qu’au cas du plein emploi ». Or écrivant durant la période de crise de l’entre-deux guerres ce qui l’intéresse c’est ce qui se passe en période de sous-emploi. De cela découlent deux points clés : l’offre ne crée pas sa propre demande mais dépend de la demande effective ; à la différence des classiques la monnaie n’est pas une voile mais influe sur l’économie réelle. La demande effective est la demande anticipée par les entrepreneurs. Ces derniers calculent la production qu’ils doivent réaliser afin d’offrir la quantité optimale de biens et de services demandée par les agents économiques.

Sous emploi

Le sous emploi des facteurs de production est selon Keynes dû au fait que les entrepreneurs ont des anticipations pessimistes et sous-estiment la demande effective. Keynes ne raisonne pas dans le cadre d’une « parfaite rationalité des agents et...d’une information parfaite sur la situation présente et future »97 aussi la demande effective dépend de prévisions d’agents qui peuvent ne pas conduire au plein emploi. Le salaire n’est pas seulement un coût c’est aussi un déterminant important de la demande. Le mécanisme des prix sur le marché du travail n’aboutit pas usuellement au plein emploi d’où l’introduction de la notion de chômage involontaire. Le chômage ne peut être que volontaire c’est-à-dire venant du refus de travailler au nouveau salaire d’équilibre. Pour Keynes au contraire le refus des salariés de voir leur salaire baisser est finalement une bonne chose car elle évite une spirale déflationniste98 Une baisse des salaires nominaux entrainerait une contraction de la demande qui provoquerait à son tour une baisse de la production. Pour Keynes, une demande effective insuffisante va déterminer une offre qui ne correspondra pas à une situation de plein emploi. Le seul fait qu’il existe une insuffisance de la demande effective arrête souvent l’augmentation de l’emploi avant qu’il ait atteint son maximum de sorte que pour lui le chômage peut être involontaire. La partie américaine, construite à partir de 1942, proposait plutôt de créer un fonds de stabilisation construit sur les dépôts des États membres et une banque de reconstruction pour l’après guerre. De cette soupe, deux organismes ont vu le jour :la Banque mondiale (BIRD) et le Fonds monétaire international (FMI). Un troisième organisme chargé du commerce international aurait du être créé mais en l’absence d’accord, il ne verra le jour qu’en 1995 avec la création de l’Organisation mondiale du commerce après les cycles de négociations du General agreement on tariffs and trade (GATT). L’expérience de la Grande dépression, pendant laquelle les politiques de contrôle des changes et les barrières douanières excessives avaient mené au désastre économique, était encore fraîche dans les esprits des participants. Dans les années 1930, en effet, les politiques de contrôle des changes avaient lourdement handicapé le système des paiements internationaux sur lequel reposait le commerce international. Les politiques des différents gouvernements de l’époque, utilisant les dévaluations monétaires pour améliorer la compétitivité de leurs exportations en vue de réduire le déficit de leurs balances commerciales, accélérèrent les spirales déflationnistes et eurent pour conséquence une plongée des revenus nationaux, un rétrécissement de la consommation, une accélération du chômage de masse et un déclin global du commerce international.

Echanges

Les échanges commerciaux se limitèrent à des échanges entre des zones ou des pays utilisant la même monnaie comme les échanges entre les pays et leurs colonies par exemple. Ceci eut pour effet d’entraver les flux financiers internationaux et de limiter les investissements. Même si, à court terme, ces politiques permirent d’augmenter les revenus des Etats qui les appliquèrent, elles se révélèrent catastrophiques à moyen et long terme. Ces accords n’ont pas tardé à montrer leur faiblesse. La mésentente à propos du commerce international a retardé de près de 50 ans la création de l’OMC. De même, le premier prêt accordé par la Banque mondiale à la France se révèla bien insuffisant aux yeux des libéraux français et fut supplanté par le plan Marshall qui fournissait alors une aide beaucoup plus efficace malgré l’opposition des communistes. Enfin, le Gold Exchange Standard ne put pas survivre aux diverses crises économiques qui ont secoué l’économie mondiale depuis les années 1950. Le système de Bretton Woods supposait que les États-Unis eussent une balance des paiements déficitaire afin d’alimenter le monde en moyens de paiements internationaux. Toutefois, ce phénomène a eu un autre effet : il contribue à un affaiblissement progressif de la confiance des étrangers dans le dollar. Ainsi, les besoins importants de l’économie mondiale en une devise fiable, le dollar, contribuent paradoxalement à la perte de confiance en la fiabilité de cette monnaie. Il y a dans ce paradoxe un dilemme insurmontable, connu comme le dilemme de Triffin, qui mène nécessairement à un effondrement du système et invite dès 1960 à une réforme du système monétaire international. La convertibilité du dollar en or fut abandonnée le 15 août 1971 unilatéralement par les États-Unis. Après une période intermédiaire, où l’on tenta de maintenir des parités fixes, le système des changes flottants fut mis en place le 19 mars 1973. Si vous avez des difficultés à comprendre ces textes, ne vous inquiétez pas et ne vous angoissez pas. Simplement, allez faire un petit dodo pour recharger votre cerveau de nouvelles idées et de rêves, laissez reposer, poivrez, salez, faites cuire à petit feu et servez le lendemain au petit déjeuner. Ne gâchez pas votre vie écrivait Benjamin Franklin, saint Patron des entrepreneurs américains On aura suffisamment de temps pour dormir dans notre tombe. Des siècles plus tard, l’attitude envers le sommeil a radicalement changé en Amérique et en particulier dans le monde des affaires. On révère maintenant les messages envoyés à 3 h du matin, les directeurs qui arrivent dans une réunion les yeux rougis après une vol de nuit et les collants sur les voitures ne cessent de rendre hommage aux saintes paroles prononcées autrefois pour rappeler le dicton sur le temps futur consacré au sommeil dans son futur tombeau. Le sommeil est maintenant fustigé comme l’équivalent d’un coup de fusil ou même de la mort. La plupart des gens pensent maintenant au sommeil comme un équivalent à l’ordinateur qui est allé se coucher c’est-à-dire qui ne fait plus rien de productif. Cette opinion n’est ni justifiée ni scientifiquement démontrée. Le sommeil améliore les performances, l’apprentissage, et la mémoire, la créativité, les instants de connexions entre des idées apparemment sans rapport les unes avec les autres. Des concepts plus récents vont au-delà du fait que le sommeil assisterait le cerveau dans sa capacité à lier des souvenirs et des idées mais aussi à forger des connexions d’où peuvent émerger à la surface des pensées propres à générer de la créativité. Alors qu’auparavant, on insistait sur la nécessité de capter ses rêves dès le réveil des résultats plus récents des travaux sur le rêve tendent à montrer l’importance de les laisser reposer et mariner. Comme s’il fallait une certaine période d’incubation pendant laquelle il fallait laisser une idée reposer avant de la soumettre à un processus de métabolisme par le cerveau.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que les restructurations industrielles proposées essentiellement autour des années 1980 et qui auraient amené les entreprises à se rapprocher, à nouer des alliances, réaliser des fusions-acquisitions ont-elles joué le moindre rôle dans un quelconque bouclier dressé contre l’effondrement actuel des marchés et la faillite des banques ?

2. Est-ce que le rapprochement d’entreprises a solidifié en quoi que ce soit leur alliance en vue de la mondialisation des marchés ?

3. Quel est le rôle joué par le concept de confiance dans les relations entre entreprises, entre agents, dans l’atmosphère de l’entreprise ?

4. Peut-on accuser la qualité de l’éthique de la personne ou celle de la fonction dans la création de situations conflictuelles de vérité, d’obéissance ou de conflits basés sur le principe du respect de la loyauté et de la confidentialité dans la survenue d’incidents ou d’accidents liés à la transgression des règles d’éthique dans le domaine des finances ou des entreprises ?

Messages

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