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Est-il coupable de ressembler aux nus de Rubens ?

La maigreur est-elle le nouveau précepte de l’existence ?

Les vertiges du squelette

lundi 10 janvier 2011, par Picospin

Cette déclaration avait fait sursauter notre nouveau Ministre de la Santé qui s‘est empressé de réagir violemment en affirmant qu’une telle déclaration le stupéfiait. Il n’en fallait pas plus pour que les réactions de la part du laboratoire se soient multipliées depuis lors.

Contradictions

Machine arrière a été faite instantanément à l’aide de déclarations opposées aux précédentes qui cette fois ont reconnu que le produit de la minceur obligatoire pouvait avoir joué un certain rôle dans le déclenchement d’atteintes des valvules du cœur, ces structures anatomiques qui empêchent le sang de refluer dans le cœur au moment où il se repose, c’est à dire en diastole. Si elles sont abimées le sang éjecté des ventricules lors de la contraction cardiaque précédente y revient ce qui a deux conséquences : 1. Le ventricule recevant trop de sang ne peut plus en éjecter la totalité ce qui le met en surcharge et 2. Les organes qui doivent recevoir une quantité adéquate de sang ne la reçoivent plus, en manquent dangereusement et de ce fait privent les organes nobles du corps de leur alimentation en oxygène et nutriments.

Encore du crédit ?

Là où notre fabricant de médicaments peut conserver quelque crédit, c’est qu’on ne connaît pas encore de façon parfaite les causes qui détruisent partiellement ces systèmes valvulaires et les raisons d’une telle fragilité envers le produit médicamenteux. Dans cette affaire, les victimes du médicament sont moins les otages de la fabrication du produit thérapeutique que de ce que René Girard appelle la mimésis, cette tendance de l’homme et en ce cas surtout de la femme à vouloir ressembler à un modèle standard. Actuellement, il s’agit moins de s’identifier aux modèles de Rubens dont la chair rose s’étalait abondamment sous la palette du peintre que de photographies des mannequins modernes dont la dessication, la maigreur, l’aspect de squelette emportent l’adhésion des foules féminines qui travaillent sur leur corps avec une précision d’horloger et évaluent leur poids avec celle d’un bijoutier pesant les carats de ses pierres précieuses.

Explications...

Lorsque les valves sont détruites, on ne peut que les remplacer par des prothèses mécaniques ressemblant à une balle de ping-pong dans une cage à oiseaux que le chirurgien du coeur s’empresse de placer dans cet organe à la place de la structure en panne. Que les médecins qui ont abondamment prescrit un tel produit se soient laissé aller à de tels excès dans la rédaction des ordonnances souligne de deux traits leur obéissance souvent aveugle aux désirs des patients et patientes et de ce fait leur manquement à l’éthique élémentaire face à leur « clientèle ». S’ils refusent de s’exécuter devant la volonté acharnée des malades, les médecins prétendent qu’ils risquent de perdre leur clientèle dont ils dépendent financièrement par la relation du service rendu qui assujettit les seconds aux premiers.

Quelles lésions ?

Quand on parle de valve lésée, on veut décrire une perte de son étanchéité, autrement dit une fuite de liquide, en l’occurrence de sang d’un vaisseau comme l’aorte retournant au ventricule d’où il vient d’être éjecté lors de la contraction ou systole précédente. Cette perte d’étanchéité est liée à une rétraction du tissu valvulaire, à un raccourcissement de sa surface de contact avec le sang sinon des « piliers » de sustentation qui comme un parachute empêchent la valve de « s’envoler » vers l’aorte comme le ferait un parachute dont les cordons se seraient allongés ou rompus.

Questionnement éthique :

1. Le médecin doit-il toujours se plier aux exigences du malade ?

2. Peut-il et doit-il parfois s’opposer à se volonté et à ses désirs ?

3. Doit-il toujours considérer le meilleur intérêt de son patient ?

4. Quelles seraient les responsabilités du médecin en cas de prescription d’un produit dangereux pour sa santé ?