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Une cérémonie bleue azur et ensolleillée

La nouvelle peinture de l’Oncle Sam

Lourde Cadillac sur Philadelphia Avenue

jeudi 22 janvier 2009, par Picospin

On pensait que le candidat, fatigué par une longue campagne et une cérémonie qui n’en finissait plus achopperait sur quelques mots de son discours. C’était méconnaitre la maitrise parfaite qu’il avait montré tout au long de cette campagne harassante qui le vit éliminer successivement tous ses adversaires avec vigueur sans leur laisser la moindre chance de revenir au score comme disent les commentateurs sportifs.

Une revenante

Une seule revint, mais c’était plutôt à bon escient puisqu’elle trouva l’occasion, dans cette joute, de s’emparer du secrétariat aux Affaires Etrangères, domaine qu’elle connaissait bien ce qu’elle se plut à souligner à plusieurs reprises. Il n’y eut à cet égard guère de compétitions car on était plutôt entre amis, entre un mari, ex Président qui la soutenait de tout son poids d’ancien lauréat même si durant son longe et harassant mandat, il dut pour se délasser jeter sur le bureau ovale une proie facile à convaincre pour se laisser dominer par les charmes présidentiels. Par ailleurs, le tableau laissé hier pour l’histoire n’était pas toujours aussi optimiste et juvénile. Les anciens Présidents défilaient avec claudication, s’appuyant sur les ailes de leurs anges gardiens, un ancien noble de la grande famille des Kennedy en profita pour perdre connaissance tant la vie lui avait laissé un goût amer au point que jusqu’à ce jour, aucun communiqué relatif à sa santé n’a encore été publié. Considéré de très loin sous l’oeil d’un médiocre spécialiste, cette interruption de conscience pouvait avoir été liée à la tumeur dont est porteur notre malheureux sénateur qui est obligé d’abandonner son poulain préféré à son destin pour se consacrer à sa maladie qui a pu provoquer un court épisode appelé « comitial » dans notre jargon de médecin, pour cacher un mot mieux connu mais plus apte à générer la frayeur, celui d’épilepsie. Ce n’est pas cette irritation des couches du cerveau qui a provoqué la petite faute imputée par tous au candidat qui n’est en rien responsable de l’interruption de son serment à mettre exclusivement au compte du Monsieur qui lui a soumis le texte à répéter fidèlement et qui ne l’a pas été, car c’est le premier qui s’est trompé et non le second.

Perfection

Ce dernier a été parfait sur toute la ligne, dansant quand il le fallait, se soumettant au sévère jugement des divers représentants de Dieu qui s’accumulèrent sur son chemin pour l’avertir de la lourde mission qu’il devait conduire jusqu’au bout à travers les obstacles jetés sur sa route par des prédécesseurs insouciants, une longue cohorte de politiciens de peu dont ni l’intelligence, ni la sagesse, ni le savoir n’arrivèrent à la cheville de celle d’Obama. Il est vrai que ce dernier emporte dans sa trousse de secours le visage à la fois radieux, circonspect, interrogateur, toujours à l’affut sans être jamais critique de sa grande épouse bien aimée qui épie ses moindres gestes, corrige du regard les moindres maladresse heureusement exceptionnelles et protège son homme du haut de ses presque 180 cm. La protection de cette invincible armada était d’autre part assurée par des gardes du corps placés autour des chars d’assaut qui servaient de véhicules à ce convoi dont certains craignaient en France surtout qu’il ne servit instantanément de cortège mortuaire à une nation qui de ce point de vue n’en était pas à son coup d’essai. Beaucoup osent penser et espérer que le nouveau Président tirera un trait définitif sur l’autorisation insensée donnée autrefois aux Américains de tirer sur n’importe qui et n’importe quoi sous le prétexte que la possession d’armes pour sa propre défense constitue un signe de liberté inaliénable parce que la tradition l’autorise, la pratique en est courante et que l’abandonner équivaudrait à exercer sur soi-même un geste de castration, ce qui pour des hommes vigoureux, assis sur des coursiers robustes et véloces serait le comble de la faiblesse.

Et le miracle advint

Alors, le miracle tant attendu s’est accompli, la foule saluait avec respect et dignité, les Noirs avaient retrouvé le sens de leur vie ce dont commencèrent à s’accomoder des blancs plus surpris que bouleversés. Le bref repas pris en commune étonnait par sa discrétion, sa brièveté, sa condensation surtout quand on est habitué à regarder par le bout de la lorgnette, les interminables festins arrosés de nos dignitaires dont on se demande bien à quel moment, ils disposent d’assez de temps pour réfléchir, travailler, mettre au point avant de décider, acte qui dans cette séquence prend sans doute le moins de temps. Déjà, notre Président de la République est inquiet de voire apparaître un géant en remplacement d’un nain intellectuel, politique et physique ce qui ne cesse de le tourmenter si on veut bien se placer au niveau de la concurrence ou de la compétition. Il faudra s’habituer à ces rapports nouveaux dans l’ordre des dimensions, des conceptualisations et des noumènes pour établir de nouvelles échelles et stratifications. Un beau travail original pour les élites d’un pays dont on dit que son classement à Shanghaï est médiocre en raison de quelques lacunes liées à une éducation médiocre en mathématiques.

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