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Quelle médecine pour demain ?

La persistance des espérances

Les nanotechnologies ?

jeudi 14 mars 2013, par Picospin

Cette étape de la vie est la dernière à affronter au cours d’une existence de plus en plus fortement médicalisée par un pouvoir qui se renforce, s’insinue et finit par dicter sa loi selon des règles, des recommandations et de directives établies par les conseils et comités scientifiques, eux-mêmes appuyés par leur puissant adossement aux vérités statistiques.

Il ne reste dès lors à l’homme de plus en plus fragilisé à mesure qu’il vieillit ou qu’il est prématurément atteint de maladies chroniques qui le vulnérabilisent qu’à suivre les commandements de la médecine préventive, curative, sinon palliative, à s’exécuter devant les instructions, les ordres transmis par une société devenue exigeante en raison du principe de solidarité. Celui-ci prend en compte le partage et la participation de chacun à la lutte générale contre la maladie et pour la conservation aussi longue que possible d’un état de santé satisfaisant selon les normes statistiques imposées mondialement. L’obéissance à leurs exigences serait la garantie d’une longévité accrue, d’une qualité de vie augmentée et d’un cout minimisé des soins avec en prime la capacité maintenue de l’activité professionnelle. C’est dans cette optique et cette perspective que les « futorologues » envisagent d’administrer la médecine de demain ce qui présente les avantages à la fois d’un minimisation des prises de risque contre les vulnérabilités engendrées par les maladies et la perspective d’espoirs pour tous ceux qui les ressentent à un degré de plus en plus intense que se déroulent les années accumulées par la vie. Ces visionnaires travaillent dans le cadre de ce que l’on appelle le « NBCI » pour nanotechnologies, biotechnologies, intelligence artificielle et sciences cognitives. Certains utilisent la notion de « grande convergence » pour souligner l’interconnexion croissante entre « l’infiniment petit (N), la fabrication du vivant (B), les machines pensantes (I) et l’étude du cerveau humain (C) »2. Dans le domaine médical et de l’informatique, un des défis que les NBIC cherchent à relever est d’acquérir l’autonomie par la commande directe du cerveau, assisté par des électrodes externes ou internes qui éviteraient la nécessité de passer par un clavier ou un système de reconnaissance des gestes, mouvements d’yeux, pour communiquer avec des systèmes informatisés. Ce peut être un moyen de restaurer certaines fonctions chez des malades ou handicapés. Des implants cérébraux commandent déjà des assistants techniques (fauteuils roulants notamment), stimulant les muscles de personnes handicapées ou gouvernent des extensions techniques du corps (par des exosquelettes. Par exemple, dans le cadre de l’aide à la personne âgée, les NBIC se proposent d’intégrer ces technologies avancées aux fonctions humaines. Le but est d’optimiser le fonctionnement de l’individu et de compenser ses éventuels déclins. C’est peut-être un pas vers ce que certains appellent « l’homme symbiotique », l’« humain augmenté » techniquement. Des groupes de travail ont d’ores et déjà été formés pour réfléchir sur les moyens disponibles ou à développer pour renforcer les aptitudes physiques ou biologiques des individus. L’intérêt principal des réflexions engagées a été consacré à la cognition, en particulier au champ excitant des performances de l’esprit humain qui, après tout, est un organe appartenant au corps de l’homme et qui constitue la base physique du système dynamique de la mémoire et de la cognition que nous appelons l’esprit. C’est en effet le cerveau complexe de la biologie humaine qui nous distingue des autres animaux ce qui ne dispense pas les autres tissus et organes du corps de jouer un rôle essentiel pour la poursuite de notre existence ce qui leur confère une importance scientifique et technique considérable du point de vue de l’attention à leur porter. La convergence de toutes les techniques utilisables dans le cadre de ce domaine est supposée nous fournir une maitrise considérable sinon parfaite sur le bienêtre du corps humain. Cette nouvelle manière d’envisager le fonctionnement de l’organisme déclenche à son tour un changement dans nos attitudes envers la santé, la maladie et les limites à atteindre, sinon à dépasser pour traiter la maladie. Ces nouvelles technologies permettront de déchiffrer les mécanismes fondamentaux de l’être vivant et, par la même occasion de soulever les questions essentielles sur l’essence de la vie et les définitions à donner aux aptitudes des hommes. C’est dans ces conditions que le groupe de travail a défini des priorités à l’exploration des techniques pour qu’elles améliorent les aptitudes de l’homme dans les 10 à 20 prochaines années. Ce sont les nano-bio processeurs, la surveillance personnelle du bienêtre physiologique ou de son dysfonctionnement à l’aide de l’implantation de nano processeurs implantables, la recherche médicale à l’aide de systèmes et de robots nanométriques, les recherches concernant les handicapés visuels et auditifs, les interfaces cerveau-cerveau et cerveau machine et l’environnement virtuel.

A suivre ...

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