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La prison sans crime

mercredi 9 janvier 2008, par Picospin

Il s’agirait essentiellement de délinquants sexuels, ayant commis sur des enfants des crimes graves, viol et parfois meurtre ; au moment de leur remise en liberté les psychiatres
considèreraient qu’ils ne sont pas guéris de leurs "vices" et donc présenteraient un risque de récidive. L’idée serait donc de les maintenir en détention, soit pénitentiaire, soit hospitalière.

Sécurité

Je comprends parfaitement le souci du gouvernement d’assurer la sécurité des citoyens, et donc de la société. Mais quel est le bon moyen d’y parvenir ? Je n’en vois qu’un totalement efficace : la peine de mort pour ce genre de crimes. Le fait est qu’il a fallu batailler
longtemps pour abolir la peine de mort dans notre pays ; difficile d’imaginer que l’on puisse la rétablir. Ce serait un pas en arrière, peu souhaitable. Et puis il faut bien admettre que les auteurs de ces actes criminels ne sont pas, pour parler un langage aussi peu juridique que médical, tout à fait "normaux". Alors les condamner à mort pour cette raison nous ramènerait à une période et à un régime que personne ne peut souhaiter revoir. Le maintien en détention pour risque, une fois la peine purgée, est contraire à tous nos principes. M. Robert Badinter le rappelait récemment sur les ondes. Ce n’est pas un homme que l’on juge mais des actes, des faits accomplis.

Gravité, faits et éventualités

C’est la gravité des faits et des circonstances qui font que l’auteur est condamné à telle ou telle peine. On ne peut juger, je le répète, que des faits accomplis, non des éventualités. Or maintenir en prison un homme pour le risque qu’il présente tombe sous ce double reproche : c’est l’homme qui est jugé, pour des actes non commis, incertains. C’est pire que l’accusation, où l’accusé bénéficie de la présomption d’innocence ; ici, non ! Alors que faire ? j’avoue ne pas avoir la réponse ; je peux seulement indiquer quelques pistes, et m’en remettre aux spécialistes pour trouver des solutions. Lesquelles devraient ne pas porter atteinte aux principes fondamentaux du droit.

Traitement ?

Ce pourrait être : le refus de toute remise de peine pour les criminels de ce type ; un traitement psychiatrique "efficace " pendant la détention, plutôt qu’un "examen" avant la mise en liberté légalement due (mais cela suppose un équipement des prisons adapté à ces traitements : médecins, installations, etc, et il semble qu’il y ait de ce côté des lacunes...) ; un système de surveillance par bracelets, ou autre système électronique fiable. Quoi d’autre, je ne sais ; sans doute vous lecteurs aurez de meilleures idées. En tout cas il me semble qu’une éventuelle décision de maintien en détention ne peut être prise que par les autorités judiciaires ; pas par les autorités pénitentiaires ni par les médecins. La privation de liberté, c’est trop grave.

J2C