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Un progrès décisif ?

La réforme du système de santé américain

American Values and Health Care Reform Posted by NEJM • December 23rd, 2009 • Printer-friendly Thomas H. Murray, Ph.D.

samedi 26 décembre 2009, par Picospin

Cette impression désagréable pourrait cependant susciter l’avantage d’élargir et d’approfondir la discussion sur l’utilisation pertinente de ces valeurs. Si on fait allusion à la liberté, il est évident que cette voie mène à celle du libre choix du médecin et réciproquement pour le médecin le libre choix de s’installer où bon lui semble.

Les libertés

Ces libertés octroyées éventuellement montrent leur limite surtout pour de jeunes entrepreneurs enthousiastes si, pour autant, ils sont handicapés par des circonstances défavorables consistant en le nécessité de s’occuper d’une maladie chronique de l’enfant ou de l’épouse dont la prise en charge serait effectuée par une compagnie d’assurance dont les primes seraient particulièrement limitées. En réalité au-delà de ces souhaits, il est d’autres réclamations qui seraient souhaitables dans le cadre d’une transformation radicale du système de santé et qui ne consistent pas seulement en des valeurs aussi fondamentales que la justice, la responsabilité et la transparence mais aussi les occasions offertes pour effectuer des progrès dans l’exercice de la médecine, la confidentialité, ou l’intégrité du médecin pour ne citer que les plus apparentes.

Valeurs

Ces valeurs impliquent des applications réelles dans le domaine du soin et surtout celui du financement qui pose la question de savoir si chaque Américain doit nécessairement participer au financement de l’Assurance Maladie. Quelles sont les garanties que ces derniers auront à apporter pour s’assurer que les fonds attribuées à la santé seront utilisés de façon correcte et avec la sagesse suffisante. Les valeurs précédemment citées de justice et de responsabilité conduisent nécessairement à l’obligation absolue pour chaque citoyen de participer au système de couverture de santé universel. Notre société a déjà commencé à préparer ses réponses sur la justice et la responsabilité en décidant par exemple que nous trouvons inacceptable de laisser mourir per hémorragie sévère une personne non assurée attendant au seuil de l’entrée des urgences uniquement pour la seule raison qu’elle , n’a souscrit une assurance et qu’elle n’a pas les moyens de le faire.

Acte

L’Acte concernant le traitement d’urgence médical qui stipule que les services de réanimation prennent en charge les patients quelle que soit leur couverture de santé illustre bien l’évidence que la décence humaine fondamentale constitue bien la conception cruciale de l’équité et de la responsabilité. Nos réalisations ne sont pas toujours liées à nos valeurs, ne serait-ce que si l’on se réfère aux nombreux candidats à l’obtention de la couverture de santé qui meurent avant d’en avoir reçu l’application. Un des défis majeurs de la réussite de ce système sera de s’assurer que chaque membre de la communauté américaine pourra bénéficier des soins appropriés que nécessité son état. A l’inverse si chaque patient doit recevoir les soins que justifie son état, l’équité et la responsabilité requièrent l’obligation pour chacun de participer au financement du système. Les assureurs qui étaient réticents à l’idée d’un accès universel aux soins ont accepté la participation universelle comme objectif général.

Assurances

Pour eux, l’accès universel voulait dire que les gens sains pouvaient évoluer dans le système sans débourser le moindre centime jusqu’au moment de tomber malade, date à laquelle les compagnies d’assurance seraient dans l’obligation légale de les prendre en charge et de payer leurs frais médicaux. Dans une organisation de ce type, le problème d’une sélection inappropriée reste très important du fait que seuls les inscrits qui envisagent de s’acquitter de leurs primes pourront souscrire une police s’assurance. La politique d’une participation universelle évite la survenue d’une sélection inappropriée. Si l’on prend en considération l’aspect religieux de cette réforme on entre sur un autre terrain que vient d’explorer le Hastings Center en ces termes : « les propriétaires fonciers ont reçu dans le Lévitique les instructions suivantes : quand vous récoltez la moisson dans votre propriété, vous ne devez pas moissonner jusqu’aux extrémités de votre terrain pour glaner les restes de votre récolte mais au lieu de cela vous devez les laisser pour les pauvres et les étrangers ».

Le repas en plus ?

Cette obligation n’est pas limitée car nul ne force le propriétaire à préparer en plus le repas, pour les pauvres et les étrangers, à livrer la totalité de sa récolte et protéger son terrain de manière à ce qu’il continue de rapporter. Lorsqu’il y a assez de nourriture pour nourrir tout le monde, permettre que certains meurent de faim devient indécent et devient un manquement aux règles élémentaires de la morale et de la dignité. Le principe de la disponibilité de nourriture tel qu’il est décrit dans le Lévitique peut parfaitement s’appliquer à la mise en œuvre du nouveau système de santé. De même que les gens qui glanent des graines aux abords des champs ne doivent pas mourir de faim, de la même façon les gens qui ont besoin de soins ne doivent en aucun cas être abandonnés pour souffrir et mourir. Le point de vue de l’intendant doit nous inciter à prendre en compte les besoins élémentaires des autres et être conscients des besoins de la nécessité de s’occuper du pouvoir et de la responsabilité que nous détenons de recourir aux ressources qui sont à notre disposition pour satisfaire ces besoins. Etre un bon économe signifie aussi que nous gérions les ressources de la communauté avec pondération et sagesse de manière à les conserver pour être utilisés par nos descendants.

Responsabilités

La conscience de nos responsabilités implique aussi que nous gardions la plus grande attention à l’efficacité, le rapport qualité prix, à la qualité. Dans cette perspective, le fait que nos objectifs de santé ne parviennent pas à atteindre ceux d’autre pays, que les variations locales des dépenses ne soient pas suivies par des différences en qualité, que tous les moyens édictés pour assurer un service de qualité ne sont pas réalisés est dans ce cadre essentiel. La proposition de loi qui doit être votée incessamment par le Parlement fera sans doute un meilleur travail dans ce sens en nous propulsant progressivement vers une participation universelle à la gestion des ressources de la santé. C’est ensuite à la consolidation de cette réforme qu’il conviendra de s’attacher sans oublier la réflexion permanente sur les valeurs à approfondir et dans quelle mesure ces dernières doivent être analysées et comprises et dans quelles conditions elles peuvent se renforcer mutuellement.

American Values and Health Care Reform
Posted by NEJM • December 23rd, 2009 • Printer-friendly
Thomas H. Murray, Ph.D.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que le vote de ces mesures sont de nature à améliorer la prise en charge de la santé en Amérique ?

2. L’arrivée de le couverture de santé est-elle destinée à changer la perception de la maladie par les Américains ?

3. Est-ce que cette mesure est de nature à diminuer le cout des frais médicaux ?

4. Cette loi constitue-t-elle une amélioration substantielle de la couverture de santé ?