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Régénération d’une société

La relance

Résurrection ou réveil ?

mercredi 24 décembre 2008, par Picospin

Les autos doivent être construites et reconstruites selon les mêmes plans qu’avant la survenue du malheur, on veut parler de la succession des malversations, compromissions, corruptions, détournements de fonds, fraudes diverses qui ont conduit une bonne partie du monde occidental en général et du monde entier en particulier dans ce qui depuis quelques semaines est appelé crise.

Responsabilités ?

Le terme n’est pas mal choisi car il permet de dégager les responsabilités, tant ce terme fait allusion à un accident, une précarité, un avatar, une péripétie imprévue qu’il n’est en rien possible de relier à une mauvaise gestion, des erreurs de prévision, à une faillite, à un fiasco. Cette terminologie ressortit plutôt à un mauvais sort jeté et subi, dont l’origine échappe aux investigations beaucoup plus probablement que ne le fait la faute commise, l’erreur de gestion, l’absence de rigueur ou des manquements évidents aux règles fondamentales de l’éthique, de la déontologie ou de la morale. Cette nouvelle politique et appellation d’une correction des orientations, trouve au moins sa compensation dans les consolations qu’elle apporte sur un coussin de décoration à des prétendants au trône comme les nouveaux ministres appelés au secours pour lancer de nouvelles réformes comme si cette action devait redresser d’un seul coup tous les déséquilibres accumulés pendant des années et offerts en cadeau enveloppé dans un joli paquet noué avec une faveur rose ou bleue selon l’inclinaison politique. Muni de cette introduction et de cette préface explicative, nous sommes en mesure d’aborder le sujet lui-même, non pas du point de vue de l’auteur de ces quelques mots modestes mais de celui très officiel et jusqu’ici non démenti des quotidiens les plus sérieux, les plus honnêtes et les mieux orientés. Que lit-on ?

Hausse des dépenses

Les dépenses publiques repartent très nettement à la hausse en France. Cette nouvelle se cache dans les toutes dernières pages du programme de stabilité pour les années 2009 à 2012, un document que Bercy est sur le point d’envoyer à Bruxelles, comme chaque année, pour détailler ses prévisions de finances publiques. En 2008, les dépenses de l’État, de la Sécu et des collectivités locales réunies vont absorber 52,7 % du PIB français, contre 52,4 % en 2007. En 2009, le taux grimpera à 53,5 %, un niveau frôlé en 2005 et jamais dépassé depuis 1997. C’est le contre-effet du plan de relance, qui donne un coup d’accélérateur à l’investissement public. Bercy table ensuite sur un retour à la « normale », avec un taux de 51,3 % en 2012. Mais a priori la France ne devrait pas perdre sa couronne de champion du monde de la dépense publique, un titre qu’elle a ravi à la Suède en 2007…Grâce aux mesures de relance axées sur le remboursement plus rapide des impôts aux entreprises, les prélèvements obligatoires vont tomber à 42,9 % du PIB en 2009. Mais cette baisse sera de courte durée. Dès 2010, les prélèvements vont revenir au niveau de 2008, soit 43,2 % du PIB. Quant à la dette publique, elle culminera à 69,4 % du PIB en 2010. On est en droit évidemment de se demander quels pourront être les objectifs atteints ? Dans cette exhibition financière, commerciale, sociétale, nul compte sérieux n’est tenu des problèmes majeurs de notre société. Ce sont ceux de l’éducation, de son financement et de son organisation, ceux de l’emploi qui lui est intimement lié, d’une vie en société et en famille plus conviviale, plus chaleureuse, sans heurts ni tricheries.

Des priorités

En formulant ces voeux qu’on appelle généralement pieux, nulle tentative n’est faite pour appeler sur notre terre autrefois plate devenue depuis quelques siècles plus ronde un décor paradisiaque. Seulement tenter de redresser une situation, des conditions de vie, dont la qualité décroit, moins en raison de leur aspect concret, matériel, sensible ou pratique mais du désenchantement du monde, du retrait ou de la mort de Dieu, de la solitude de l’homme désormais livré à son propre destin. Cette situation est écrasante, tant la prise en main de sa propre destinée pose de façon aigüe et dramatique le question de la liberté, du déterminisme et au delà celle de la responsabilité. Regardez ce qui vient de se passer 48 heures après l’affaire Madoff, cet ancien président du NASDAQ dont les manipulations ont conduit un investisseur au suicide. Hier matin à New York, le dirigeant d’Access International Advisors, Thierry Magon de La Villehuchet, a été retrouvé mort dans son bureau de Madison Avenue. Le financier français s’est suicidé. Sa société était exposée à hauteur de 1,5 milliard de dollars d’actifs à la société de Bernard Madoff qui, par son biais, aurait entraîné dans sa chute de nombreuses fortunes européennes. La découverte de l’escroquerie de Madoff a fait voler en éclats l’œuvre de la vie de l’homme d’affaires français. Hier brillant financier au carnet d’adresses mirifique, Thierry de La Villehuchet, 65 ans, n’aurait pas supporté de voir son nom traîné dans la boue et de se sentir responsable de la ruine de son cercle de relations. « Depuis une semaine, il cherchait nuit et jour le moyen de récupérer la mise de ses investisseurs, en menant une action aux États-Unis contre des responsables américains ».

Un bon placement

Access International Advisors s’adressait en priorité à la clientèle privée très aisée. Année après année, la société réalisait des performances remarquables, entièrement corrélées à ses investissements dans les fonds de Madoff qui dépose au Luxembourg, les statuts de la société anonyme Access Partners et deviendra ainsi conseil d’Access Management, la société qui gérait le désormais fameux fonds Alphalux, par lequel des épargnants français sont exposés à la fraude américaine. La Villehuchet qui était connu par les milieux fortunés comme un sympathique bon vivant, cultivait son réseau de club en club, avec une affection particulière pour les têtes couronnées comme les Grimaldi qui lui auraient fait confiance à travers Philippe Junot, le premier mari de la princesse Caroline de Monaco devenu plus tard son associé à Londres. Le carnet d’adresses de ce mondain ne négligeait pas les milieux politiques et économiques puisqu’il fut le discret intermédiaire de nom­breuses affaires franco-américaines comme celle de l’affaire Executive Life. Le suicide de La Villehuchet intervient au moment où les interrogations sur la capacité de Madoff à avoir agi seul se multiplient. Plusieurs experts américains en fraude estiment que Bernard Madoff bénéficiait de complices pour monter une escroquerie d’une telle ampleur et pendant aussi longtemps. Comment, pourquoi et depuis combien de temps ?

Questionnement éthique :

1. Est-il possible de rendre forme et contenu à l’éthique en revenant à la Bible et aux sources du religieux pour dessiner le chemin de la moralité sans en être ni principes ni fondements ?

2. Est-ce que le sacré a résisté à la sécularisation du monde contemporain ?

3. Est-il vrai que pour Lévinas, l’éthique est première et que la nudité du visage appelle le cogito éthique mais dévoile l’infini dans la déréliction du visage sacré et vulnérable interdit à la violence ?

4. Est-ce que la phénoménologie de la face humaine explicite l’éthique comme accès à la responsabilité asymétrique par laquelle l’un est responsable d’autrui sans attendre la réciproque ?


Sources :
Le Figaro : 24 décembre 2008