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Aux portes de la misère

La situation dramatique de certains élèves aux Etats-Unis

Sans domicile fixe et affamés

lundi 1er septembre 2008, par Picospin

Des coupes sombres ont déjà été engagées par les états fédéraux et les officiels en charge de l’organisation scolaire ont commencé à augmenter les prix des repas, ont demandé aux chauffeurs des cars scolaires de ne plus laisser tourner les moteurs, toutes mesures complétées par une augmentation drastique des taxes d’habitation.

Rentrée des classes aux USA

Au moment où 50 millions d’enfants rentrent en classe ce qui affecte les augmentations des prix de l’essence et de l’alimentation, en plus d’une situation économique déplorable, les aides à l’école ont été réduites sur la totalité du territoire. Dans ces conditions, des économies ont du être réalisées qui se sont traduites par des restrictions dans la circulation des bus, des voyages et même dans la fréquentation des écoles tout au long de la semaine. Le problème consiste en une augmentation du cout des produits alimentaires et des carburants sans aucune compensation d’éventuels revenus provenant des établissements scolaires. Comme nous sommes dans une situation grave de récession, les conséquences ne sont pas les mêmes dans chaque région sur le fonctionnement des écoles comme c’est déjà le cas dans la ville de Détroit qui a été obligée de licencier plus de 700 enseignants. Le cas n’est pas unique quand on comptabilise le renvoi de psychologues, de fonctionnaires de l’administration et de personnels chargés de l’entretien. Comme les transports scolaires sont également touchés par cette crise, les autorités on conseillé aux élèves et à leurs familles de se passer de bus et de recourir à d’autres moyens de transport pour se déplacer et se rendre à l’école.

Chauffage, repas, transports

Les difficultés en matière de chauffage des classes ont obligé les enseignants et l’administration à restreindre les jours de chauffage et par conséquent de présence en classe. Cette mesure va obliger des centaines de jeunes à raccourcir la semaine à 4 jours de présence et à augmenter massivement le prix de la nourriture à l’école. On vient, pour d’autres raisons – sinon les mêmes – d’entendre le même son de cloche en France dans le même but de réaliser des économies, sur le dos des enfants, c’est-à-dire sur les éléments les plus vivants, les plus vifs et les plus prometteurs de la nation. Des organismes de bienfaisance s’apprêtent à fournir aux élèves des cartables remplis ce qui attire beaucoup de parents. La situation devient dramatique pour certains parents comme celle vécue par une mère célibataire en Floride qui a perdu son travail et ressent les pires difficultés financières à pourvoir son jeune fils des objets que l’école avait recommandé d’acheter pour lui permettre de suivre la classe. D’autant plus que pour trouver les fournitures nécessaires, elle est obligée d’aller assez loin pour les trouver à un prix moins élevé qu’en ville.

Economies

Nous en sommes actuellement à des économies que l’on nommerait en France de « bouts de chandelles » comme celles qui viennent d’être recommandées aux chauffeurs de bus auxquels les autorités ont conseillé de ralentir leur vitesse de croisière pour économiser le carburant et de surveiller la pression des pneus. Des personnes se plaignent d’une situation qui tourne au tragique s’ils pensent aux dettes qui s’accumulent et aux factures encore impayées. Les budgets des états fédéraux se réduisent comme peau de chagrin ce qui retentit naturellement sur les lignes budgétaires consacrées à l’école. Même la Californie est sévèrement touchée par ces restrictions à l’instar de la ville de Los Angeles qui a du réduire ses dépenses de façon impressionnante même si, à ce prix, on a pu éviter de mettre à la porte des enseignants et qu’on s’est contenté de licencier une bonne partie du personnel administratif et des secrétaires. Ailleurs, on voit des enfants sans domicile fixe dont le nombre aurait triplé depuis la fin de la précédente année scolaire. Des efforts généreux sont accomplis pour ne pas laisser en déshérence les enfants particulièrement dépourvus de ressources comme c’est le cas pour tous ceux qui bénéficient d’une nouvelle loi touchant les familles de 4 personnes dont les parents ne touchent même pas 39.000 $ et qui sont habilités à bénéficier d’un petit déjeuner à 30 cents et un déjeuner à 40 cents.

Gratuité ?

La situation est naturellement encore pire pour les enfants qui peuvent bénéficier de plats gratuits et dont le nombre des candidats augment sans cesse. Les aidants ont cependant voulu se montrer rassurants quand certains d’entre eux ont déclaré que cette promesse serait tenue et qu’un enfant qui remplirait les conditions requises pour prétendre recevoir cette manne ne serait écarté. Le bureau qui s’occupe de cette tâche ne désemplit pas de parents au bord des larmes et qui réclament des plats gratuits parce qu’ils n’ont pas les 70 cents qui leur permettraient de nourrir leurs enfants.

Questionnement éthique :

1. Est-il conforme à une certaine conception de l’éthique que des enfants mal scolarisés dorment dans la rue et meurent de faim pendant que se déroule à côté d’eux une campagne électorale féroce où les s’échanges se font à coups de millions de $ ?

2. Ne peut-on être surpris qu’un pays aussi développé que l’Amérique en soit réduit à ne plus pouvoir assurer l’éducation aux enfants pauvres ni à pouvoir mobiliser les sommes nécessaires pour les loger et les nourrir ?

3. Peut-on comparer la situation en Amérique à celle de la France qui paraît moins dramatique sur le plan des besoins physiologiques élémentaires mais qui l’est peut-être tout autant au plan des moyens pédagogiques ?

4. Comment se fait-il que malgré le nom pompeux donné aux Zones d’éducation prioritaire, l’éducation ne constitue pas une priorité budgétaire et administrative absolue alors qu’on ne cesse derépéter que notre génération doit laisser à notre descendance une planète propre, agréable à vivre, non polluée et riche d’avenir ?