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Vaut-il mieux être noir que blanc ?

La traque des albinos

Une nouvelle chasse ?

jeudi 8 janvier 2009, par Picospin

Certains ont voulu la raccorder à l’antisémitisme qui est la forme de racisme que l’antagonisme entre Juifs et non Juifs a pris dans certains pays, à certaines occasions et dans certaines circonstances.
Faut-il approfondir ce vieux problème ou bien le laisser à l’étude des historiens, des politologues, des spécialistes en sciences humaines sinon en experts du fait religieux ?

Une problématique insaisissable

Pour l’instant, il est sans doute plus fructueux de se rapprocher de la problématique en étudiant d’autres formes de conflits entre ethnies, cultures, religions, dans l’espoir que ces exemples pourront éclairer le chercheur, le pacifiste, le défenseur des droits de l’homme pour éviter que jamais plus ne se déroulent les massacres, le génocide, qui s’est déroulé au cours de la 2è guerre mondiale. De génocide en génocide, on ne peut que se borner qu’à en étudier les circonstances particulières, les caractéristiques sociales et historiques pour tenter d’y trouver des ressemblances, des différences qui donnent à chacun d’entre eux sa spécificité. On se souvient du massacre qui eut lieu au début des années 1990 au Rwanda entre deux communautés qui avaient vécu jusque là en paix, sans qu’aucune guerre ni escarmouche vienne troubler leur vie commune. Un jour, un massacre se déclencha qui atteignit des sommets de cruauté ce qui rendit encore plus incompréhensible les causes du déclenchement du conflit. Les deux peuples se massacrèrent ou plus exactement un des deux commença à vouloir anéantir l’autre alors que auparavant l’inverse eut lieu. Les motifs de cette guerre étrange ne purent jamais être complètement élucidés d’autant plus que de nombreux pays voulant jouer aux apprentis pompiers tentèrent vainement d’éteindre les incendies. On s’employa à exterminer avec discipline, méthode, haute technologie pour atteindre le rendement optimal sans que le profane assistant à cette horrible exhibition eut eu la moindre occasion de déceler ce qui se passait réellement.

Extermination

Les camps d’extermination dont l’existence se prolongea sur plus d’une dizaine d’années à partir des années 1920 à 1945 ne justifièrent pas plus leur existence sur des bases rationnelles. Leur édification et leur fonctionnement reposa sur d’obscures idéologies, mythes et de faux arguments scientifiques mais assurément pas sur une rationalité acceptable. Le 20è siècle fut celui des mythes, des théories nébuleuses, des légendes importées d’on ne sait quels pays lointains et qui ne refusèrent pas de vivre avec un accompagnement musical mis en forme par un compositeur considéré par certains comme un musicien de génie. Son influence et sa renommée telle que des spectateurs de ces opéras n’hésitèrent pas à se déplacer par milliers dans un site spécial où ils pouvaient rester immobiles pour écouter les mouvements lents et romantiques exécutés par les meilleurs orchestres du monde ce qui n’avait pas que des avantages pour la santé et la bonne circulation veineuse des spectateurs en transes. Des dizaines d’années plus tard, les populations du pays d’Afrique ci-dessus mentionné commencèrent à s’entretuer à coups de machettes sous les directives d’organisations aussi rigoureuses que celles qui avaient été planifiées sous le régime nazi pour mettre à mort par des gaz spéciaux 6 millions de Juifs qui avaient la particularité de n’être accusés de rien mais d’avoir été reconnus coupables de tout.

Absurdités et croyances

L’absurdité des crimes et des meurtres successifs semble bien être le dénominateur commun de ces actes qui, tout en sélectionnant des victimes privilégiées, s’attaquent aussi à n’importe qui depuis certaines communautés africaines jusqu’à un génocide au Cambodge, d’apparence politique celui-ci pour arriver tout récemment à des interventions meurtrières plus rationnelles si l’on se place au point de vue d’une cause suivie de conséquences ce qui serait la séquence naturelle d’un acte dit logique. Depuis septembre, les albinos du Burundi sont victimes d’une traque effroyable, sordide et insensée qui prend pour cibles des hommes, des femmes des garçons ou filles albinos au sujet desquels des légendes africaines courent alors qu’ils sont porteurs d’une maladie génétique qui se caractérise par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux et des yeux. Ces caractéristiques ne les font pas considérer comme des figures malfaisantes mais au contraire cette fois comme des enfants du soleil et de la chance. D’où l’idée de prétendus sorciers de mélanger leurs os et leur sang à certaines potions magiques pour confectionner des gris-gris capables d’aider à la fabrication d’or, de chance o une éternelle jeunesse. Ces Faust décolorés se font découper en morceaux pour incarner des légendes à partir desquelles ils servent d’appâts pour la pêche à des prix identiques à ceux pratiqués avant la crise financière actuelle pour l’acquisition d’appartements de luxe dans le 16è ou à Cannes. Ces massacres ethniques soutenus par des pratiques de sorcellerie ont laissé des séquelles psychologiques irréversibles, inquantifiables et une économie en lambeaux. Certains ont d’ores et déjà transformé l’appellation de ces crimes de massacres ethniques en meurtres rituels.

Meurtres rituels ?

Tout comme leurs voisins du Rwanda, les pratiques de ces exactions étranges mais bien rémunérées sont réalisées à coups de machettes comme dont on ne connait pas encore l’origine de la fabrication. En tout cas, au Rwanda, ce sont les machettes de fabrication française qui avaient la meilleure réputation en raison de leur efficacité, de leur solidité et de la qualité de leur « coupe ». Comme souvent dans les crimes de masse, il se trouve des êtres humains pour héberger, alimenter, cacher les victimes potentielles de cette absurde barbarie et les garder à l’abri des chasseurs d’un nouveau genre. Cette fois, il ne s’agit plus d’un gibier ordinaire, cerf fier qu’on accroche sur les murs des châteaux de riches ou Noir issu de l’esclavage, mais d’une authentique proie qui a eu le malheur de naitre blanche au lieu de se cacher sous la peau d’un négrillon.