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La traversée de Paris en rollers

vendredi 23 septembre 2011, par Picospin

Le lien peut sembler facile à tisser. Dans les deux cas, on y a mis des ingrédients qui aident à faire avaler la soupe du bagnard, de l’exclu sinon de l’exécuté.

Comparaisons dangereuses

Quelle comparaison peut être justifiée entre le camp de la mort d’Auschwitz il y a 70 ans, avec ses chambres à gaz et les intentions tapies derrière cette organisation démentielle et le renvoi dans leur pays d’immigrés accusés de tous les maux dans leur pays d’accueil provisoire où ils tentent de se tirer d’affaire en jouant de la musique tsigane dans le métro où ils tendent la main au lieu de l’employer à accomplir des tâches d’intérêt général et particulier ? On pourrait certes arguer du fait que dans les deux cas, ces nomades rentrent chez eux si l’on veut bien admettre un peu trop légèrement que les juifs polonais retrouvent le pays qu’ils ont quitté de force sous la pression de pogroms polonais ou incités par des maitres nazis décidés à exterminer des esclaves déguisés en sous hommes après baptême païen sous les auspices de barbares imbus de leur beauté physique apparente plus que de leur culture, leur délicatesse et leur connaissances du monde et de l’univers à découvrir. L’idée d’avoir délégué à un jeune – trop jeune patineur de la capitale – la tâche de se débarrasser à moindre frais d’une population indésirable procède de l’habileté politique, de manigances politiciennes et du profit de la faiblesse de parents eux-mêmes immigrés pour exploiter une situation où les maitres imposent aux nouveaux esclaves des directives qui les flattent sans en justifier la rationalité ni le statut.

Une brèche

C’est peut-être dans cette brèche que se sont glissés les dirigeants désireux à tout prix, et quel prix puisque ce n’est pas le leur mais celui des anciens immigrés réhabilités en Néo Nationaux pour faire exécuter les mesures qu’eux mêmes n’osaient soumettre à leur peuple. Le drame doit être intense dans la famille des auteurs, compilateurs de la liste des martyrs assistant à la « trahison » de leur rejeton, empressé de se mettre à la disposition du pouvoir pour creuser de ses propres mains les tombes heureusement superficielles des rejetés vers l’est où ne se trouve ni travail, ni reconstitution, ni récupération de la dignité ce que savent pertinemment les exécuteurs de ces hautes œuvres. Le patinage artistique sur roulettes ou sur glace est une chose, les évolutions artistiques en sont une autre quand on s’appelle Sonja Henie, Peggy Fleming ou Katarina Witt. Parcourir les rues de Paris en patins à roulettes à la recherche d’un job administratif en est un autre quand il s’agit de partir à la chasse d’immigrés que les propres parents ont contribué à sauver dans les conditions les plus tragiques relève moins de l’intention de sortir du chômage pour retrouver une activité humaine digne, respectable et respectée.

Travail indigne ou indignité ?

Comment s’appelle cette activité qui tente de séduire des hommes pour les engager dans un travail indigne ? Monsieur Hessel, ancien ambassadeur appellerait cela de l’indignité au nom de laquelle se révoltent des peuples entiers venus du monde entier. Cela se nomme encore plus exactement de l’instrumentation lorsque l’être humain est dégradé comme une vulgaire banque. Que peut en penser une ancien Ministre de la Justice, acteur principal de la suppression de la peine de mort en France qui voit dans le pays de la démocratie et de la liberté la condamnation à mort par injection létale d’un de ses frères en société clamant depuis 20 ans son innocence ? Une erreur judiciaire ? Une faute humaine ? Une négation de toute humanité ? Un abus de pouvoir ?

Questionnement éthique :

1. Une promesse indéterminée ajournant sans cesse son échéance est-elle pour jamais ?

2. En est-il de même d’une volonté qui escamote les coordonnées chronologiques de tout engagement sérieux et passionné ?

3. Est-ce que l’indétermination polie crée toujours un vide de nature mondaine ?

4. Est-ce que l’immédiat est la forme temporelle de l’effectivité ?