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Agressions et coups bas

La vérité et le langage

Déjections

lundi 30 avril 2012, par Picospin

Il l’est d’autant plus que cette force venue du plus profond du magma terrestre, provoque chez ses habitants médusés observant les bouleversements entre chaos et création entremêlés se produisant au-dessous d’eux, impressionne des spectateurs émerveillés et terrorisés à la fois par le spectacle donné ou offert par un globe à bout de ressources, bientôt incapable de nourrir ses propres enfants, ainsi laissés à l’abandon et à l’irresponsabilité de parents indignes, unissant le paradoxe antinomique et aporétique de fabriquer de nouveaux éléments du genre humain sans se préoccuper de leur destin, de la manière de les nourrir et des moyens de les élever.

Structure terrestre

La structure interne de la Terre, ainsi répartie en plusieurs enveloppes successives, forme la croûte terrestre, le manteau et le noyau. Cette représentation est très simplifiée puisque ces enveloppes peuvent être elles-mêmes décomposées. Pour repérer ces couches, les sismologues utilisent des structures, les ondes sismiques et une loi selon laquelle dès que la vitesse d’une onde sismique change brutalement, ce phénomène signale l’existence d’un changement de milieu, donc de couche. Cette méthode a permis de déterminer l’état de la matière à des profondeurs que l’homme ne peut atteindre per ses seuls moyens et qu’il détecte à l’aide d’une instrumentation spécifique. Pour Aristote notre planète est constituée de terre et de roche entourée d’eau puis d’air, d’une couche de feu et d’astres. Jusqu’à Copernic cette vision évoluera peu, jusqu’au milieu du XVIIe siècle au cours duquel apparaît un foisonnement d’idées nouvelles. La Terre présentée par Descartes dans « Principes de philosophie » est un ancien soleil qui a gardé un noyau de type solaire mais dont les couches externes ont évolué. Le peu d’influence des masses montagneuses sur la gravité locale tend ainsi à prouver que la Terre n’est pas creuse.

Aplatissement

L’aplatissement du globe aux pôles et la nature ignée de certaines roches font dire à Buffon que la Terre a été en fusion à son origine. La mesure de l’augmentation régulière de la température avec la profondeur dans les mines a incité d’autres savants du 18è siècle à en déduire que le centre de notre planète est en fusion à une température très élevée de plusieurs milliers de degrés dont l’origine sera longuement débattue entre reste de chaleur originelle sur un globe en cours de refroidissement et élévation de la température par réactions chimiques ou nucléaires internes. D’ailleurs, cette chaleur ne serait-elle pas suffisamment intense pour que toute la matière interne soit gazeuse au-delà d’une certaine profondeur ? Pour Hopkins, la variation du point de fusion des roches en fonction de la pression fait aussi pencher la balance en faveur de l’existence d’un noyau solide. Le faible niveau des mouvements du sol liés à la marée, comparé avec celui des marées océaniques plaide, en faveur d’un globe affecté de propriétés d’un solide élastique plus que d’un fluide. L’analyse de la composition des roches terrestres et météoritiques et densité moyenne du globe influent sur les modèles où une fine croûte légère de silicates recouvrirait un noyau métallique volumineux plus dense. Les données sismologiques vont permettre d’établir le modèle actuel où plusieurs couches, depuis la roche, l’eau l’air et la croute se succèderaient à partir du centre.

Croutes

Cette croûte brisée aurait formé les reliefs et laissé passer l’eau venant des profondeurs qui a formé mers et océans. À la même époque, d’autres postulent que le globe terrestre est un astre refroidi qui contient sous la croûte une matière en fusion qui s’échappe parfois du centre par les volcans. Qu’est-ce qui se cache donc vraiment derrière les trésors d’imagination de Jules Verne et son « Voyage au centre de la Terre » ? Sans l’apport de méthodes d’exploration indirecte, les humains seraient restés ignorants du contenu profond du globe au-delà des quelque deux ou trois premiers kilomètres. Si les forages ont confirmé la structure et la composition de la croûte et de tracer des profils sismiques régionaux, ils n’ont pas permis d’atteindre à ce jour la couche sous-jacente tant convoitée. On a pu ainsi mesurer par exemple que la température des roches atteint environ 300 °C à 10 kilomètres de profondeur. Comme la croûte océanique est plus mince que les plaques continentales, plusieurs projets de forage océanique ont vu le jour. Comprendre comment les couches successives de la Terre se sont progressivement différenciées serait facilité par la connaissance de la composition du matériau primitif qui lui a donné naissance. Les éléments indispensables à la bonne formule sont le fer, le nickel et les silicates qu’on retrouve dans des météorites appelés chondrites qui contiennent des zones de silicates solidifiés après fusion. C’est l’analyse des enregistrements obtenus grâce aux sismographes qui permettra de renouveler le modèle de la Terre.

Séismes

A la suite d’un séisme, on détermine la position de son épicentre puis on enregistre les vibrations qui se propagent à travers tout le globe. Ces phénomènes ondulatoires sont soumis aux lois physiques de la réflexion et de la réfraction qu’on peut appliquer au comportement des ondes sismiques qui se déplacent à des vitesses suivant variées selon le milieu qu’elles traversent, ce qui permet d’évaluer le contenu de la Terre par l’examen attentif des courbes temps / distance parcourue. Les ondes de surface, qui causent les dégâts aux constructions humaines, ne se propagent que dans la croûte et ne donnent aucune information sur les couches profondes. Certaines d’entre elles arrivent plus rapidement que d’autres. Il est temps de quitter les volcans sur lesquels nous sommes assis pour nous intéresser à l’éruption du langage entre les divers acteurs, protagonistes et antagonistes des batailles électorales livrées à l’aide d’un armement verbal qui tient plus du pugilat débarrassé de toute sa noblesse que d’une confrontation loyale où l’art de la persuasion se transforme sous nos oreilles plus que sous nos yeux en attaques déloyales, coups bas, agressions, échauffourées, diatribes ou médisances et calomnies. Le langage a-t-il été donné, créé ou élaboré par l’homme pour aboutir à ce résultat désastreux dont on attendait libération de l’individu, communication subjective médiatisée, ouverture sur la conscience, production de signes pour servir d’instruments à la circulation de la connaissance, à partir du réel ou d’un réel, à interpréter par signe et langage.

Que reste-t-il à se mettre sous la dent ?

Reste à se mettre sous la dent moins les mets délicieux d’un menu composé pour régaler, plaire, accéder à la jouissance plus gustative qu’intellectuelle mais les immondices ramassés comme déjections d’animaux malades de la peste ou d’autres affections ayant vite tourné à l’épidémie ravageuse des plus pauvres et des plus vulnérables et à la contamination des récents possesseurs de tanks acquis à prix d’or pour flatter un ego défaillant. De cette débauche de mots, on ne saurait recueillir que les déjections les plus abjectes et les moins affinées, les moins adaptées par la médiatisation du langage à une pensée confuse, mal éduquée, inappropriée sinon maladroite et si bancale qu’elle est capable de renverser et contrarier toutes les valeurs et abattre toute éthique. On entend par exemple que les frontières seront mises plus au centre qu’à la périphérie, qu’on bâtira des cloisons au lieu d’ouvrir des espaces et qu’on s’enfermera en guise de protection pour empêcher l’autre d’entrer. Voici le programme électoral de certains dont la conscience ou son absence, surdimensionnée n’a d’autre objectif que de verrouiller, figer, glacer, pour empêcher l’humain de se manifester, de s’affirmer, de créer, forcer l’autre au repli comme bouquetins ou chamois mâles prêts à échanger leurs coups de corne pour les yeux de biche des femelles en rut.

Image dégradée

Encore, cette image des hautes cimes que certains hommes auront de nos temps beaucoup de mal à atteindre n’est-elle que l’image dégradée d’une vérité qui se refuse à parvenir jusqu’à la conscience en fonction des scories qui la polluent, des explosifs qui la minent ou des dérives qui en sucent la substance. Nous sommes loin de nos jours et plus encore au cours de cette campagne électorale de la référence à l’adéquation entre idée et réalité, chose et sa représentation, faille dans la chaine des déductions, dans laquelle on risque de tomber comme alpiniste inattentif le fait ou risque de le faire dans la Mer de Glace.