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Entre soialisme et capitalisme

La vie douce de la fonction publique et les combats acharnés des entreprises privées

Risques et garanties

jeudi 10 février 2011, par Picospin

Cette dichotomie provient plus d’une affectivité gérée et entretenue par la tradition et les antécédents familiaux que par une réelle vision politique et économique de la société.

Passivité et paresse

Dans les discussion de café du commerce qui se répètent indéfiniment sur ce thème, on se jette à la figure la paresse des uns, l’inertie des autres, le manque de vigueur, d’ambition, qui paralysent les systèmes, mettent en exergue le rôle des syndicats et finissent par jeter directement dans le rue les forces vives, non capitalistes de la société qui peuvent se permettre d’organiser la fronde contre l’État sans prendre le moindre risque. Dans cet éternel débat, il est bien difficile de désigner le vainqueur et le vaincu faute de disposer des clés du modèle incriminé ou exagérément loué en fonction de la sympathie dégagée par les uns et les autres, les modes de vie choisis, les préférences assumées, les modalités de l’exercice professionnel sélectionnés ou plus simplement disponibles.

Pompiers et soldats

Dans ce débat joue un rôle non négligeable la tradition familiale qui dicte les conduites, fait pencher les plateaux de la balance et induit les carrières, les intérêts et ces fameuses valeurs qui actuellement emportent tout sur leur passage comme le font les cataractes soudainement libérées par les trombes d’eau qui descendent des hauteurs pour inonder les plaines, submerger les habitations et remplir les barques de secours pour transporter les plus âgés, les plus fragiles, ceux qui restent sur les toits des maisons et des églises dans l’attente de secours par les « fonctionnaires » les plus dévoués, ceux qui assument le plus grand risque et ne se battent pour rien d’autre que le souci de l’autre, une certaine conception de l’éthique et la satisfaction des missions bien remplies au service de la communauté. Que le rythme des transferts dans les régimes socialisés soit ralenti par rapport à celui des états capitalistes n’est guère douteux si l’on en croit les bilans et évaluations qui ne cessent d’opposer les premiers aux seconds.

Quelle vitesse ?

Est-il nécessaire d’aller constamment à la vitesse supérieure est une question que ne manquent pas de se poser les esprits les plus compétitifs acharnés au gain de toutes les parties y compris celles que l’on pourrait mener à allure plus modérée, en prenant le temps de la réflexion, de l’adaptation permanente aux circonstances et du choix de la distance sinon de la hauteur de vue qui permet de ramener aux justes proportions les impératifs instantanés, les urgences imaginaires plutôt que réelles. - Je ne partage pas le constat d’une détérioration du processus de la justice. Il faut avoir le sens des mots. Evidement, la justice souffre de difficultés. La priorité, à mes yeux, est de doter les juridictions de davantage de fonctionnaires de justice. La justice, comme la haute couture, a besoin de stylistes, mais surtout de petites mains. Ne doit-on pas mieux réfléchir à l’optimisation des moyens déjà existants, qu’il faut moderniser et, dans certains cas, mutualiser. Il faut aussi se pencher sur les missions des magistrats, qui sont de plus en plus nombreuses. Certaines d’entre elles ne relèvent pas de l’acte de juger. Je pense par exemple à la vérification des comptes de tutelle, à l’apostille (apposition, par la Cour d’Appel, d’un sceau sur des actes juridiques entre sociétés de nationalités différentes, afin d’attester de la conformité des pièces au regard de la législation française) au Pacs... Ces actes pourraient être confiés à d’autres personnes qu’à des magistrats.

Délégations de charges

De même, la gestion des contraventions de stationnement, qui passent par les tribunaux de police, pourraient par exemple relever du domaine fiscal. Comme tout est bien qui finit bien, on peut se sentir satisfait d’entendre des commentaires aussi émollients à un moment où l’on craignait d’entendre au loin les grondements d’une nouvelle révolution à la française, juste avant la rencontre du Président avec son peuple devant les caméras de télévision braquées sur leurs réactions respectives. Un belle leçon d’optimisme, à condition qu’elle soit tirée d’un documentaire plus que d’un film de fiction.