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Fascination

La violence

Son emprise

lundi 12 mai 2014, par Picospin

Le plaisir est ritualisé, ordonné, dans le cadre où s’exprime la violence à l‘école, dans les cours de récréation. Ce spectacle relève d’un acharnement, le souffre douleur par lequel le rapport au monde est détruit. La violence supplémentaire est sociale, car comme on peut le voir sur les images du document filmé, le plus grand des garçons à l’école a de belles bottines, ce qui fait de l’apparence vestimentaire une manifestation de violence car celui qui est mal habillé est exclus, on peut en voir dans les manifestations à Londres au sujet des droits d’inscription augmentés pour les étudiants.

Les indignés

C’est la violence de gens indignés, répartis en deux groupes, celui de la critique de la violence, au sein de laquelle on trouve, sous l’égide de Walter Benjamin la violence conservatrice de droit et l’autre, contestatrice du droit. A l’origine c’est un désordre fondateur, dit Marc Crépon, c’est une guerre des images, de leur interprétation, où se révèle une contestation selon laquelle on ne peut avoir tort car elle est incontestable. La violence interdite se manifeste quand on voit le visage lubrique, radieux, curieux, de plaisir et désir de meurtre, l’interdit avec sa transgression dont on ne sait pas si ce n’est pas une manifestation réglée avec un plaisir ritualisé, ordonné. La violence à l’école ne détruit pas grand chose, l’autre étant plus destructrice car elle pose la question du droit d’exister si l’enfant ne peut plus aller à l’école, surtout s’il a la tête d’un premier de la classe. La violence sociale s’exprime par les belles bottines qui peuvent traduire la violence sociale comme les violences de rue à Londres à cause de l’augmentation des droits d’enseignement.

La succession de Walter Benjamin

La violence d’indignés avec sa forme de violence de droit incarnée par la police selon Walter Benjamin et l’autre forme fondatrice de droit : en cas d’émeute, si elle est encadrée par des partis révolutionnaires, à l’origine il y a toujours un désordre fondateur. C’est aussi une guerre des images selon le cadrage et l’arrêt sur l’image qui a été effectué par le metteur en scène. On est obligé de faire appel à un principe de justice une forme légitime comme celle vue dans les favelas de Rio, en tant que révolution vécue comme un danger et provocation sur une frontière avec ses regard de part et d’autre du mur entre la ville moderne et les pauvres des favelas. Ce qui désigne le régime ordinaire face à la violence dont on veut se protéger ce qui est en rapport avec le consentement meurtrier. On a recours à la violence à vouloir se protéger de cette violence.

C’est une atteinte à l’intégrité

Comme est violente toute action portant atteinte à l’intégrité physique ou psychique. Ce consentement qui accepte, comme Camus, une relation de responsabilité du soin qui est toujours transgressé et que nous n’exerçons pas car nous nous accommodons de la violence. Est-ce une forme de violence de regarder l’autre ? Nous vivons au monde en consentant à ce qu’un certain nombre de manifestations violentes se déroulent devant nos yeux sans que nous en ressentions les effets ni que nous ayons le désir d’intervenir. On s’accommode de la violence de la famine, comme on peut le lire dans l’homme révolté et la préface des chroniques algériennes de Camus. Le film de Festen illustre ces rapports entre membres d’une famille. Nous ne voulons pas voir la violence telle qu’elle se présente dans ses diverses formes dans nos sociétés. S’il y a un rapport à la télé sur l’indifférence à la violence, elle concerne une dimension anthropologique de notre monde qui reconnait à l’homme l’aptitude à ne pas souffrir du malheur des autres comme cela a été montré ailleurs par d’autres manifestations de violence.

Une famille dans la violence

Dans le film de Festen, la femme consent à la violence parce qu’elle sait ce que fait son mari aux enfants qui ne peuvent plus avoir confiance en leur père. Toute la famille a son secret du fait de l’existence de toutes les formes de violence envers les enfants et réciproquement car la structure familiale concentre toutes les formes de violence des uns envers les autres. Plus les violences conjugales sont refoulées comme le cannibalisme, dont la famille est supposée protéger les membres, plus est évidente la tension qui se manifeste au sein de la famille malgré les apparences. C’est le microcosme familial qui concentre toutes ces formes de violence auxquelles sont soumis tous les membres de la famille, sous l’autorité du père et le consentement passif de la mère, car il s’agit d’une famille bourgeoise qui s’incline devant le culte des apparences, de l’hypocrisie et sa dissimulation.

Du cinéma à l’hospice

Comment passer de ces formes de violence à celles que l’on observe au sein des hôpitaux, hospices ou maisons de retraite au sein desquels se déroulent des actes de violence entre les divers protagonistes assemblés dans ces lieux de vie et de mort qui remplacent parfois la douceur, la consolation et l’encouragement à la vie par l’homicide, sinon l’incitation à le pratiquer. Cet appétit meurtrier ne provient-il pas du plaisir de voir la vieillesse succomber à la pulsion de mort de certains soignants pour se débarrasser d’une figure symbolique qui donne à signifier la nécessité de voir disparaitre ce qui a vieilli, est devenu impropre à la consommation pour laisser la place au renouveau, à la jeunesse, à la renaissance et à la nouveauté.


Arte : la violence avec Marc Crépon & Raphaël Enthoven