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Paradoxes ?

Laïcité à la française

Lettres persanes revisitées

mercredi 26 mai 2010, par Picospin

Aucun pays au monde n’insiste avec autant de vigueur que ce dernier sur l’importance de la laïcité dans la vie de tous les jours et son impact sur les milieux de l’éducation, de l’enseignement, de l’administration.

Exception française

Il insiste sur les dérives et multiples et exceptions observées à l’égard de cette règle de vie devenue sacrée par les relais trouvés et émis dans le pays qui s’autoproclame en permanence champion du monde toutes catégorie de cette vision quasi religieuse des rapports civils et humains dans la cité. Dans certains secteurs comme celui de l’école, parfois de certaines administrations, de l’armée la France républicaine est fière de présenter le visage d’une parfaite neutralité devant la figure religieuse. Cette vision ne correspond pas toujours à la réalité car si la France est un des rares pays au monde à exhiber une laïcité pure et dure, cette revendication reste fortement tempérée par « l’origine chrétienne » de la nation sous l’égide des Rois de France, tous représentants d’un Dieu catholique plus souvent que protestant aux yeux de ses habitants. L’auteur de cet article s’emploie à monter un catalogue des exceptions à la règle si hautement proclamée de la laïcité au point qu’on finit par se demander où, quand et comment elle se manifeste dans une collectivité soumise à autant d’exceptions.

Un voile

Le voile pudique – et il ne s’agit pas en l’occurrence du niquab – jeté sur les chastes oreilles et les visages innocents des personnes de genre féminin associé à la surdité autant physiopathologique que verbale devient à la faveur de son action sur les organes en général et le cerveau en particulier un instrument qui court- circuite les réseaux neuronaux au point d’empêcher toute interrogation, toute recherche, toute demande de renseignement sur l’origine, la naissance, l’ethnie, voire la religion. Le Français laïc et républicains s’interdit de poser toute question sur la vie, les coutumes, la famille, la langue, les traditions de ses relations avec les autres, en particulier ceux qu’il ne connaît que superficiellement. C’est une chape de plombe qui s’abat rendant le cerveau lourd et les connections nerveuses rares. Pour nous permettre d’y voir plus clair, le Professeur de la très laïque et nationale École Normale Supérieure, dresse la liste, non exhaustive des exceptions aux règles votées puis édictées, à la façon des « Lettres Persanes » que chaque élève de l’enseignement français a appris à connaître au cours de son stage obligatoire dans les écoles de la République.

Perse ou Iran ?

N’est-il pas étrange et paradoxal que le déguisement de la France sous les aspects de la Perse dont la nouvelle appellation évoque plus les dangers que l’art de vivre ait été réactivé pour délivrer des massages critiques en opposition avec les éternels satisfecit octroyés en toute occasion, devant n’importe quel succès, toute performance. Dans sa liste des remarques, observations et étrangetés, ont été cités les faits relatifs à la qualité de la France comme fille ainée de l’Église, crainte de défiguration des paysages par les minarets, respect du calendrier chrétien, ignorance des fêtes juives ou mahométanes, croix sur les écoles laïques, supériorité du prêtre sur le maitre d’école, allégeance au Pape, opposition aux profanations les Églises, sacralisation du drapeau et de l’hymne, interdiction de critique du passé et du présent, liberté assumée contre mais pas pour le port du voile, obligation de l’enlever pour sortir, mais à l’inverse de porter un voile pour les nonnes, inégale pauvreté entre les genres, interdiction de la polygamie, tolérance de l’adultère à condition qu’il soit caché. Après cette énumération décoiffante, il ne restait plus à l’auteur de cette étude comparative des civilisations qu’il faut professer la liberté, l’égalité et la laïcité pour être français mais qu’il faut être français pour s’en dispenser.