Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Lamartine au bord du Lac

Lamartine au bord du Lac

mercredi 25 août 2010, par Picospin

Est-ce bien la plus intelligente manière de recruter, de pointer du doigt le plus apte à conduire la société vers son épanouissement.

Témoignages

Quand on lit les divers témoignages, réflexions et points de vue sur l’éthique, cette partie de la philosophie morale située quelque part entre devoirs et droits, vie en société, respect de l’autre, on a la surprise de recenser une majorité de pensées orientées vers le bonheur, sa manière de l’obtenir, on a envie de s’engager sans attendre dans la voie de cette analyse destinée à apporter la joie, le plaisir et l’envie de vivre au milieu des difficultés d’une organisation humaine aux multiples croisements barrés par des feux rouges qui ne laissent passer que les privilégiés, les plus aptes, selon la conception darwinienne à aller de l’avant, à poursuivre leur chemin. Ce qui manque à cette définition, c’est la réponse : pour aller où, vers quel but ? Certains répondront vers l’issue de tout être vivant, vers sa mort ou comme le disait Heidegger, de l’homme, être pour la mort. On pourrait tout aussi bien répondre par une autre version : homme être destiné à son épanouissement qui doit à chaque instant prendre la décision de son bien plutôt que celle de sa ruine.

Ruines ?

Cette dernière est actuellement moins profonde et moins diabolique que celle promise par les tenants des théories ésotériques enclines à l’enfoncer dans un enfer comme celui promis par Dante où les flammes tiennent lieu de punition, de précipitation en enfer tel que le décrivirent les peintres de la Renaissance italienne. Les observateurs du monde moderne qui se penchent aussi avec délectation sur les mythes des sociétés sans ou avec dieu, les divinités ou le Dieu unique à la fois créateur et juge parlent souvent de désorientation pour qualifier les opinions et tendances de l’homme moderne pris entre les appels contradictoires et futiles d’une société à la dérive qui sans transcendance ni règle ni notion de devoir se précipite à sa perte comme Icare tombant dans une étendue d’eau dont on pressent qu’il ne pourra plus s’envoler faute d’ailes pour le porter et le propulser hors de la gravité. C’est selon ce schéma illogique que se débattent les décideurs d’une monde qui ne sait plus où il va, où il doit aller, quelles options il doit prendre. Le dernier exemple en est le projet de fusion nucléaire qui a, c’est le cas de le dire, du plomb dans l’aile.

Investir ?

Les investissements à prévoir pour le réaliser atteignent de telles sommes que devant cette immensité, les visionnaires « à court terme » se découragent pour laisser la place aux planificateurs à long terme dont l’espérance de vie dépassera de loin celle prévue pour arriver au bout du projet qui verra la fin de l’obscurité ou de l’obscurantisme au profit de la lumière pénétrant dans chaque foyer pour apporter à chacun conscience, réconfort, chaleur et bien être. Le pari est à la hauteur des ambitions. Faut-il convoquer pour une deuxième session de rattrapage Pascal afin que des hauteurs morales de son jansénisme situé à quelques encablures de Port Royal il jette les dés dont la combinaison nous dira s’il faut ou s’il ne faut pas s’engager dans un plan susceptible de changer notre vie mais aussi de la mener vers le chaos ou la désorganisation sinon la désorientation des atomes qui risquent bien de ne plus savoir où aller pour satisfaire les rêves et fantasmes, mirages ou projections mythiques des responsables de nos investissements.

Éblouissements

Sont-ils éblouis par les enjeux d’une recherche atteignant une stratégie millénaire pendant que des enfants du Bengladesh continueront de mourir de faim, d’être envahis par les eaux et noyés dans des successions de déluge dont cette fois la responsabilité et la mise en œuvre ne devront plus rien à un dieu en colère, vengeur, et qui cette fois n’offrira plus un bateau de croisière d’une compagnie panaméenne pour maintenir hors de l’eau les rares survivants des cataclysmes. Cette mésaventure risque aussi d’arriver tout près de chez nous, pas plus loin que dans la charmante région de St Gervais où une poche d’eau qui n’est malheureusement pas celle qui précède habituellement la naissance doit se rompre, laissant les habitants les plus proches disposer de 10 minutes pour se réfugier sur l’un des 17 points de rassemblement. Quels sont les sages, s’il en est, capables de choisir par la liberté donnée aux hommes les options laissées à la multitude : sauver des eaux ou fusionner ?