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Education

Quel message du Pape, théologien de qualité
Le Pape et la Science
Comment expliquer la science aux créationnistes et aux Darwinistes

Article rédigé par Picospin le vendredi 19 septembre 2008

Cette culture qui est visée, la culture scientifique, n’a pu au contraire se développer qu’en s’appuyant sur une raison qui a fait abstraction des croyances religieuses dans tous les domaines qu’elle a su peu à peu conquérir : la nature inanimée, le vivant, l’homme.



Une opposition tenace

Et à chaque fois elle a rencontré l’opposition de la religion : Galilée a été condamné pour avoir contredit le géocentrisme de la Bible, Darwin pour avoir affirmé l’évolution des espèces contre le créationnisme - et ce n’est que récemment que l’Eglise l’a partiellement admise car elle en avait exclu l’esprit humain). On ne peut pas dire que la découverte freudienne de l’inconscient et de l’importance de la sexualité dans la construction de la personnalité humaine soit intégrée à l’anthropologie chrétienne officielle même des hommes, quitte à pouvoir recueillir et utiliser les moyens adaptés à le mieux soigner si des clercs se sont engagés dans la psychanalyse pour essayer de comprendre les phénomènes psychiques De ce point de vue, le strict positivisme, avec ses conséquences philosophiques matérialistes, est, au contraire, la condition absolue pour que la raison scientifique se réalise dans son projet de connaissance du monde. Affirmer qu’il n’y a de "culture véritable" que fondée sur la recherche de Dieu revient à confondre un souhait, accompagné d’un jugement de valeur subjectif et partial, avec l’intelligence théorique de ce qu’est la culture depuis des siècles et qu’elle continuera d’être, et dont on s’étonne qu’un esprit de son niveau l’occulte ou l’ignore. La culture est là pour faire réfléchir l’homme sur sa condition, par-delà les différences qui séparent les hommes, et l’ouvrir à l’universel des invariants qui constituent cette condition : la vie, la mort, le temps, la liberté. La pluralité des réponses qu’elle a jusqu’à présent apportées à ces interrogations philosophiques fait son prix inestimable.

Un point de vue religieux

Le point de vue religieux, qui n’est d’ailleurs pas seulement catholique, avec ses valeurs propres, en fait partie et il a contribué historiquement à sa richesse, même s’il doit être soumis à la critique rationnelle, comme toute option intellectuelle. Réduire la culture à ce point de vue comme le fait Benoît XVI ou subordonner la réflexion humaine à ce qui reste une croyance parmi d’autres dont rien, au surplus, ne nous garantit la pérennité, reviendrait à lui imposer une norme a priori et à en limiter la liberté comme l’ambition : le totalitarisme idéologique n’est pas loin, que l’histoire de l’Eglise officielle, de l’Inquisition aux intrusions dans le domaine des arts, a malheureusement illustré. Enfin, il y a cette idée initiale, mais en réalité essentielle, qui définit la matrice de l’engagement religieux tel que le pape tente de le porter à son comble : l’affirmation clairement morale ou existentielle selon laquelle la vraie vie se trouve dans la recherche et la connaissance de Dieu, dans la foi elle-même, que "cela seul est important et sûr". Pour qui a lu et compris Nietzsche, mais aussi Marx ou Feuerbach, cela ne signifie qu’une chose : la religion repose sur la négation ou la dévalorisation de la vie terrestre, de ses désirs et de ses plaisirs, donc des seules formes de bonheur dont un esprit lucide puisse être sûr et dont il doit par conséquent affirmer l’importance.

Au-delà ?

Elle constitue une force de mort qui nous demande d’anticiper la mort dans la vie en sacrifiant celle-ci à un au-delà improbable. Du coup, les références du porte-parole officiel de l’Eglise catholique à l’homme ou à l’humain sonnent étrangement creux : que peut être un humanisme qui ne commence pas par se soucier de la condition concrète des hommes ici-bas ? Le Pape se situe dans l’optique de son encyclique sur l’Espérance, où il polémique avec l’humanisme athée apparu au XIXe siècle et contemporain de l’avènement des sciences humaines, qui entend recentrer l’homme sur lui-même et l’aider ainsi à humaniser sa condition.

En quoi consiste cette humanisation ?

Cette profession de foi méfiante à l’encontre des forces de l’homme et de la valeur de son existence terrestre est pour moi désolante... parce qu’elle est un facteur de désolation réelle : elle empêche l’homme d’embellir sa vie en agissant concrètement sur elle. Peut-on mépriser ceux qui ne sont pas satisfaits de la condition humaine et se consacrent à y trouver une échappatoire ? Les y inciter avec tout le poids d’un magistère institutionnel, c’est les détourner de l’effort millénaire que la raison philosophique, scientifico-technique et politique a déployé pour contribuer au bonheur humain hic et nunc. C’est, sous couvert de l’espoir d’un bonheur supérieur, prendre le risque d’alimenter le malheur effectif de l’humanité. Aucun intellectuel progressiste ne saurait l’accepter.




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