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Comment l’Ethique entre-t-elle dans les dispositifs commerciaux ?

Le Qatar met Arnaud Lagardère sous tutelle

Quelles garanties, quels problèmes, quels débats ?

samedi 7 avril 2012, par Picospin

Même si le pouvoir de celui-ci est toujours protégé par le statut de commandite, il ne peut ignorer l’avertissement. Paradoxalement, c’est moins le marxisme que son éclipse contemporaine qui a réactivé le problématiques traditionnelles de l’économie.

Production et économie

Cette dernière avait été désignée et qualifiée comme infrastructure de tous les phénomènes politiques, juridiques et sociaux ce qui ne dispensait point de centrer l’étude des processus économiques autour de la production des marchandises, source, pour Marx de toutes les formes d’exploitation. Pour ce dernier, seule l’appropriation collective des moyens de production pourrait conduire à un règlement rationnel des interrogations soulevées par l’économie. Il n’est guère d’interrogations actuellement en vigueur sur la justice sociale qui ne doive prendre en compte des questions comme celles de l’accès, de la répartition et de la formation à l’emploi. De cette introduction à la sphère des théories de la justice, il est d’autant plus aisé de passer à l’analyse de la philosophie politique qui intègre actuellement toutes les réflexions émises sur la dimension de l’économie. De ces prolégomènes, il est plus aisé de passer par la problématique matricielle de l’économie qui recense les besoins à satisfaire pour que le monde devienne et demeure un monde humain. Sur le trajet de la philosophie politique, des philosophes comme Fichte ont rencontré dès la fin du 18è siècle la question de la propriété dont Kant s’est emparé pour se baser sur la « Métaphysique des Mœurs » et de là s’asseoir plus confortablement dans la thématique plus large et partant plus confortable de la « Critique de la Raison Pratique » où l’on trouve le répertoire et l’analyse des déterminations les plus universelles et les plus abstraites de ce qui est moralement bon ou mauvais.

Libertés et besoins

Poursuivant la tâche de recenser l’éventail des besoins, il fallait sortir du cercle de la coexistence des libertés pour faire irruption dans celui moins de la liberté que de la nature. Si on intègre à la sphère des besoins, sa conséquence inéluctable des échanges et du commerce, on entre sur le terrain de l’économie où se déroulent la production et les échanges. Ces dernières appellent à leur subsistance les échanges commerciaux qui appelle à son tour l’assistance d’une justice économique sans laquelle se profilent des menaces sociales et sociétales d’autant plus difficiles à contenir qu’elles perdurent plus longtemps et débordent les barrières humaines et matérielles construites à la hâte pour les contenir. Sur ce terrain enfin débarrassé de ses mauvaises herbes, est-il plus facile, moins pénible, moins couteux en efforts humains d’instaurer des politiques suffisamment agressives pour devenir efficaces à terme, et surtout plus riches de justice. Que cette dernière travaille sous le pseudonyme d’économie constitue un autre débat qui englobe en même temps celui des limites et des frontières de l’exercice moral du commerce. Est-ce que ces débats s’éclairent à la lumière du Bréviaire fourni par John Rawls plus récemment, à la fin des années 70, constitue une autre interrogation dont les réponses se conjuguent dans les verbes fournis à mesure que les échanges d’hommes, la circulation des matières et des gens, les déplacements de population ouvrière se développent maintenant entre tous les continents, peuplés d’injustice, d’inégalités que ne parviennent pas à réduire les ONG, institutions humanitaires, charitables tant s’écartent les fractures sociales de part et d’autre de l’échelle sociale.

Médiation économique

Est-ce que la médiation économique, entre principes de justice et politiques sociales aura atteint la dimension critique pour offrir la parole à l’économie normative, version de l’économie qui ne se borne plus à établir les lois ou régularités du domaine de la production ou des échanges mais qui pose les principes de ce qui est économiquement souhaitable et débouche sur des prescriptions ? Doit-on à tout prix esquisser un rapprochement encore plus étroit, plus dense et plus responsable entre les questions de l’égalité des chances, des droits individuels ou de la préservation de l’environnement pour assurer une place plus politisée, plus philosophique et plus juste aux débats d’ordre économique et éthique pour tenter d’assainir un champ d’investigation à la fécondité inégale, à un équilibre juridique instable et à la place incertaine dans l’ordre des priorités attribuées aux enjeux, au niveau intellectuel et moral de la discussion et à l’importance définitivement assignée aux composantes des réflexions en cours et à venir.

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