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Le Viagra : un plaisir, un dopant ou un remède ?

Le Viagra est-il bon pour votre santé ?

Bientôt un contrôle anti Viagra ?

mardi 23 décembre 2008, par Picospin

L’étude américaine, pour intéressante qu’elle soit, n’a pas concerné le secteur d’activité auquel vous pensez tous mais plus prosaïquement celui des terrains de sports au lieu du terrain si familier de la chambre à coucher.

Antidopage

C’est ainsi que ce travail de recherche a été financé non par quelque organisation de location de chambres meublées ou d’hôtels de luxe mais par une agence antidopage pour déterminer si ce produit si célèbre procurait un avantage significatif pour les athlètes qui s’en nourrissaient. Cette éventualité ne devait pas être négligée en raison de son action physiologique sur les vaisseaux que ce produit montrait en augmentant l’apport d’oxygène aux tissus. Cette action était logique si l’on veut bien se rappeler qu’il avait été d’abord prescrit dans l’hypertension artérielle pulmonaire, maladie grave, heureusement rare, et pour laquelle jusqu’à maintenant aucun traitement efficace n’avait été proposé. Cet optimisme n’était pas partagé par tout le monde car les chercheurs plus sceptiques prétendaient qu’il serait difficile de démontrer les avantages de ce produit dans les compétitions sportives étant donné que les différences dans les performances de la part des athlètes seraient sans doute minces et qu’il y a fort à parier que ceux qui veulent y avoir recours ne manqueraient pas de les associer à d’autres produits dopants. L’intérêt pour cette manne pharmaceutique tombée non du ciel mais du haut des laboratoires fut renforcé par un essai mené à l’Université de Stanford en Californie et publiée dans un périodique hautement scientifique de physiologie où l’on montrait que sur une distance de 10 km et une altitude de près de 4000 m les performances de athlètes qui se sont soumis à ces tests ont été améliorés de près de 40%. Cette tendance a été confirmée par une étude allemande conduite chez des alpinistes qui a montré que le Viagra avait augmenté le diamètre des vaisseaux en transformant en dilatation ce qui avait été resserré à la suite d’une vasoconstriction des artères pulmonaires.

Améliorations ?

La résultante de cette action avait conduit à une nette augmentation de la capacité de l’organisme à accomplir un effort soutenu. Pour l’instant, les organismes anti dopage sont incapables de se faire une idée sur la fréquence d’utilisation de ce produit car, comme il n’est pas interdit, on ne tente pas de la détecter lors des contrôles effectués à l’occasion des compétitions sportives comme les courses cyclistes. Des soupçons pèsent sur certains athlètes qui visent à circonvenir des contrôles de produits dopants. Dans cette perspective, les autorités de contrôle ont de bonnes raisons de penser que les athlètes cherchent à masquer par le Viagra les effets délétères de l’absorption régulière de stéroïdes qu’ils prennent pour améliorer leurs performances au décours des manoeuvres de récupération lors de séances d’entrainements prolongés. Si les impressions tirées des premières approches concernant l’effet du Viagra sur les dégâts subis par l’organisme au cours des efforts accomplis dans un air particulièrement pollué se confirment, ses indications n’auront guère de mal à augmenter ne serait-ce que dans des régions où les pollutions se maintiennent à des niveaux particulièrement élevés comme c’est le cas dans la région de Pékin.

Antipollution ?

Même si ce produit n’a qu’un effet minime sur l’amélioration des performances dans des sports comme les courses sur de courtes distances, le cyclisme ou le ski de fond et lorsque ces compétitions se déroulent en haute altitude, le Viagra a de sérieuses chances de devenir un produit de choix tant les résultats des compétitions sont serrés. Dans cette logique, des écarts même faibles, de l’ordre de quelques pour cents méritent d’être pris en considération pour les athlètes de haut niveau. Ces éventuels avantages ne sauraient masquer les effets secondaires qui ne sont pas nuls tels que des maux de tête et des troubles visuels. Pendant ce temps, nos chers étudiants de l’Université de Marywood continuent sérieusement de participer à l’essai sur l’efficacité du Viagra dans un air pollué sous l’oeil narquois de leurs camarades qui sont peut-être jaloux des effets que ce dernier est susceptible de provoquer sur leur organisme. Même si cette action n’est pas constamment confirmée, du moins les jeunes hommes cobayes ont-ils droit à recevoir des dédommagements financiers pour leur participation à ces recherches. Et l’un d’eux de conclure : « De toute façon, pour avoir droit à un enseignement, vous devez payer ! ».

Questionnement éthique :

1. S’il s’avérait que le Viagra permet d’améliorer les performances sportives, seriez-vous favorable à son utilisation dans les compétitions sportives, ou pencheriez-vous en faveur de son interdiction pour cette indication ?

2. Si vous êtes d’accord pour la 2è hypothèse quels arguments avanceriez-vous pour justifier cette éventuelle décision ?

3. Pourrait-on classer ce produit parmi les dopants étant donné qu’il se contente d’avoir pour effet une vasodilatation généralisée dans l’organisme avec une certains prédilection du côté de la sphère pulmonaire et génitale ?

4. Est-ce qu’il est judicieux que les journaux s’emparent d’informations de ce type à destination du grand public ?


Sources :
International Herald Tribune