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Le bonheur de tous au détriment du gigantisme

mardi 17 janvier 2012, par Picospin

Cet événement est significatif des us et coutumes de notre environnement humain et naturel.

Le navire était bondé de gens à la dérive qui ne savent plus que faire de leur peau sinon la soumettre aux rayons cancérigènes du soleil pour la rendre plus colorée alors qu’il y a tant de gens qui désirent faire le contraire pour échapper à la haine ou au mépris des blancs restés si longtemps maitres des lieux d’une terre inhospitalière dans laquelle il n’y avait plus de place pour les pauvres, les esclaves sinon pour travailler à leur profit. Ce discours n’est pas nécessairement celui qu’on entend plus souvent prononcé par les leaders politiques de la gauche. Il traduit plus sérieusement le ridicule, le côté méprisable et l’ironie d’une situation qui accorde aux riches et aux pauvres qui tendent à le devenir des situations artificielles qui permettent d’échanger pour quelques instants une situation, une condition sociale, une illusion qui était celle aussi des travailleurs exaltés par le pouvoir des extrémistes. Ces derniers n’avaient de cesse de flatter les maigres salaires de certaines professions où le mépris tenait place de dignité et la pauvreté de féérie d’un moment pour tenir à moindres frais la place des vrais nantis. Le paquebot paraît-il construit dans des chantiers installés près des côtes en France atteignait une hauteur et un volume impressionnants, à l’image des constructions que l’on peut voir émerger maintenant dans certains pays du golfe où l’on cherche à dépasser en hauteur celle de la tour Eiffel ou autres lieux de prestige pour montrer au monde le symbole de la grandeur, de la richesse, des moyens financiers et techniques et de la volonté de dépasser les anciens dominateurs ou colonisateurs. Eux non plus ne s’étaient pas privés en leur temps d’afficher la supériorité de leur civilisation et les moyens intellectuels, techniques en leur possession pour écraser de leur puissance les primitifs auxquels ils voulaient de force imposer leurs apports culturels, techniques, architecturaux et ludiques. Le résultat de ce choc des cultures est que si la hauteur des bâtiments correspond bien aux prétentions des uns et des autres, les qualités morales, sinon éthiques ne suivent pas nécessairement et constamment ces ambitions démesurées. Le commandant aurait refusé de remonter à bord pour évacuer les passagers. « A 1 h 46 du matin, alors que des centaines de personnes doivent encore être évacuées, un officier de la capitainerie ordonne au commandant, Francesco Schettino, joint sur son portable, de retourner sur le navire. "Maintenant vous allez à la proue, vous remontez par l’échelle de secours en corde et vous coordonnez l’évacuation. Vous devez nous dire combien il y a encore de gens, enfants, femmes, passagers, le nombre exact dans chacune des catégories", indique la voix de l’officier dans l’enregistrement contenu dans l’une des boîtes noires, saisies par les enquêteurs. "Que faites-vous ? vous abandonnez les secours ?", interroge l’officier. Schettino répond : "Non non je suis là, je coordonne les secours". » « L’officier reprend : "Commandant, c’est un ordre, c’est moi qui commande maintenant, vous avez déclaré l’abandon du navire, vous devez aller à la proue, remonter à bord et coordonner les secours". L’homme indique alors au commandant qu’"il y a déjà des cadavres". "Combien ?" répond Schettino, qui se voit rétorquer : "C’est à vous de me le dire, que faites-vous ? Vous voulez rentrer chez vous ?" s’énerve l’officier. "Maintenant vous retournez là-haut et vous nous dites ce que l’on peut faire, combien il y a de gens, quels sont leurs besoins", poursuit l’officier auquel le commandant assure qu’il va remonter à bord. l’enquête de la capitainerie de Livourne, coordinatrice des secours, montre par ailleurs qu’il y a eu une sorte de "mutinerie" de l’équipage qui a décidé l’évacuation avant un ordre formel du capitaine. En outre, contrairement aux premiers éléments recueillis, ce n’est pas une manœuvre volontaire qui a fait échouer le navire tout près de la rive, sauvant la vie d’un bon nombre des plus de 4 000 occupants du bateau, car les moteurs étaient complètement inondés et en avarie. Dans cette aventure, le gigantisme du navire si élégamment construit dans le délire de la grandeur et du dépassement de soi pose des problèmes techniques et éthiques aux experts qui ont acquis suffisamment de connaissances pour pouvoir émettre un jugement mesuré et compétent sur les tendances actuelles visibles dans l’édification et les projets d’élaboration des monstres des mers. Ce ne sont plus les animaux fantastiques que l’on décrivait autrefois dans les romans mais bien les œuvres des hommes. Ils n’hésitent plus à sacrifier la sécurité des passagers et des vacanciers en goguette au profit du gigantisme, de la stupeur, de l’admiration pour la fée industrie, les folies de l’imaginaire et les prouesses des bâtisseurs. Le Costa Concordia fait partie de ces nouveaux navires de croisière aux dimensions démesurées. Quels problèmes posent ces nouveaux navires hors-normes ? En premier lieu, des problèmes techniques et opérationnels. Plus ils sont gros, plus leur circulation est limitée en fonction de la capacité d’accueil des ports et des canaux. Se pose notamment la question du tirant d’eau. Au détroit de Malacca en Indonésie, l’une des principales voies d’acheminement des marchandises vers la Chine et le Japon, le tirant d’eau est limité à 21 mètres, sous peine de racler le fond de mer. Certains supertankers dits "post-Malaccamax" seront donc contraints d’emprunter d’autres voies. Parfois, comme à Panama, des travaux sont entrepris pour s’adapter aux bateaux. Voilà quatre exemples soulignant la massification du gigantisme, sans oublier bien sûr le transport de passagers, où certains paquebots peuvent accueillir 8 000 personnes [l’Oasis of the Seas livré fin 2009 peut embarquer jusqu’à 6 360 passagers et 2 000 membres d’équipage]. Il y a d’abord une raison externe au gigantisme observé dans l’élaboration des navires et des avions. Le gigantisme des navires répond en effet à la croissance de la demande en matière de transports au service de la globalisation. L’autre raison tient aux importantes économies d’échelle réalisées grâce à ces navires. En effet, même si le navire grossit, certains coûts, comme la gestion administrative ou encore le nombre de membres d’équipages – sauf dans le cas du transport de passagers – ne bougent pas. Qui plus est, des économies d’échelle sont aussi réalisées sur le carburant, la courbe de la consommation d’essence étant bien inférieure à celle de la quantité de marchandise transportée. Pour ces raisons, de nombreux armateurs se sont lancés dans la production de très grands navires. C’est le cas par exemple de Maersk, leader mondial sur le marché des porte-conteneurs, qui dès 2006 produisait des navires longs de près de 400 mètres (comme l’Emma Maersk). L’objectif, comme l’a fait Airbus avec l’A380, est d’écraser le marché, en diminuant les coûts grâce aux économies d’échelle, obligeant ainsi les concurrents à suivre. Voilà une fois de plus la sécurité sacrifiée à la rentabilité et au profit de quelques uns sous prétexte de faire le bien au plus grand nombre…