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Consternation

Le chanteur et le bistouri

La paix des braves ?

vendredi 11 décembre 2009, par Picospin

L’autre apportait sur le plateau de la Présidence des Etats-Unis son passé d’homme venu de loin, d’étudiant sérieux, de sage après des études d’un niveau parfait qui l’ont conduit au professorat en droit d’une fameuse université américaine, celle de Chicago où il professait en maitre et dispensait ses cours avec la même autorité que celle qu’il déployait lorsqu’il expliquait à son peuple ses projets, ses convictions, son éthique et les conceptions de sa politique.

Peut-on vouloir préparer la paix en renforçant la guerre ?

C’est à ce moment que s’élèvent d’un peu partout, mais plus encore des populations européennes et de celles situées à l’écart de l’Amérique, protestations et vociférations pour défendre l’hypothèse qu’on ne saurait préparer la paix en organisant la guerre, idée qui tombe bien mal dans un pays comme la France qui a failli s’écrouler sous le poids des bottes allemandes en 1939 en raison d’une impréparation flagrante à la conduite de la guerre dans laquelle les Nazis avaient largement un tour d’avance en raison de la mobilisation générale industrielle, de l’armement, de l’organisation préalable à un conflit mené par la nation contre des puissances souvent obscures auxquelles étaient mêlées dans un bric à braque d’expressions et de cris, les ploutocraties judéo-maçonniques, les bolcheviques et autres dénominations pleines de tendresse éructées par les adhérents et employés d’un régime qui voulait se jeter à la conquête de l’univers pour planter au-dessus de ce dernier une croix vaguement gammée, descendante lointaine de la svastika transportée d’Inde où elle a vu le jour et qui finit sa carrière sur les toits de la Porte de Brandebourg, déchirée et déchiquetée après plus de 20 ans de carrière par les obus venus de l’est et les opprobres diffusées par l’ouest.

Le balcon de la célébrité et des cacochymes

Il se trouve que malgré des promesses, des discours, des actes de foi venus d’un célèbre balcon sur lequel s’entassaient depuis des années, des dignitaires d’une si grande renommée et importance que leur poitrine bombée par l’orgueil était cachée par les médailles et décorations plus acquises que méritées, attribuées à profusion pour montrer au peuple la grandeur d’âme et l’héroïsme de ses défenseurs. Malheureusement, ces derniers se trouvaient désarmés et incapables de se défendre de l’invasion de ses puissants voisins qui prirent les chemins de l’aller vers l’est à toute vitesse en raison de l’incapacité des armées dites de « couleur rouge » à leur dresser le moindre obstacle à la chevauchée vers un avant qui devait apporter gloire, victoire, écrasement définitif de tous les fascismes au profit d’un régime de même facture destiné à répandre partout, mais au minimum sur notre planète, les bienfaits légitimes de la justice, de l’équité et de l’égalité.

Rêves d’enfants

On sait comment s’est terminée cette histoire, rêve d’enfant de quelques idéologues, philosophes à leurs heures qui pensaient naïvement que renverser un régime suffit à en installer un autre. Le génial petit père des peuples caché par sa moustache géorgienne n’avait conçu ni la préparation à une guerre comportant une résistance efficace à l’avancée des blindés venus de l’ouest ni une force armée capable d’endiguer la chevauchée teutonique. De la sorte, il ne restait aux civils ébahis par tant d’incohérence et d’imprévision qu’à couper leurs arbres, à incendier leurs maisons et à prier le général hiver pour que celui-ci coure au secours des misérables populations laissées désarmées ce qui permettait aux envahisseurs bourrés d’idéologie et de Schnaps d’avancer à la vitesse de Ferrari pour conquérir un territoire abandonné sur lequel, à défaut de blé, ne poussaient plus que de la steppe arrosée, il est vrai du sang des martyrs, et des bouleaux blanchis comme barbes de vieillards, fiers d’afficher leur ténacité et leur héroïsme devant l’adversité.

Principes de précaution

Tout cela pour justifier une politique de prévention et de précaution destinée à empêcher l’adversaire de procéder à toutes les opérations meurtrières qu’il a inscrites dans sa tête et ses intentions pour mettre définitivement à genoux l’ennemi désigné. Cette attitude visant à la paix plus qu’à la guerre et à l’évitement des pires malheurs pour son pays, ne mérite-t-elle pas au minimum l’estime de la communauté démocratique internationale et au mieux la récompense d’un prix Nobel, sinon à titre définitif en tant que suprême honneur et récompense, du moins comme encouragement à continuer de lutter pour la paix de toutes ses forces et de tous ses moyens.