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A qui appartient leur corps ?

Le corps et l’esprit des sportifs professionnels

Comment prendre soin d’eux sans les considérer comme une marchandise

lundi 24 mai 2010, par Picospin

Le but de cette manœuvre est de réaliser une préparation dite physiologique de l’organisme aux compétitions prévues pour assurer une meilleure oxygénation de l’organisme par la composition du sang ainsi préparé dans un milieu raréfié en oxygène.

La drépanocytose, qu’est-ce ?

C’est à l’occasion de ce séjour qu’on vient de s’apercevoir de l’existence de cette maladie génétique. Elle consiste en une fragilité des globules rouges ou hématies qui dans certains occasions spécifiques comme le froid ou le séjour en altitude perdent une grande partie de leur pouvoir de transporter de l’oxygène qui constitue leur mission principale dans l’organisme. Apparemment, cette affection, existant depuis la naissance, n’avait pas encore été décelée jusqu’ici malgré l’attention accordée par les divers organismes chargés d’entourer les sportifs de haut niveau pour détecter chez eux une anomalie, un pronostic d’affection méconnue ou la nécessité d’un traitement adapté à une pathologie encore cachée. Est-ce que ce défaut d’attention peut être considéré comme un dysfonctionnement dans les mesures nécessaires et indispensables pour détecter chez chaque sportif et a fortiori chez les sportifs de haut niveau une tare génétique ou acquise ayant échappé jusqu’alors aux investigations les plus fines et les plus sophistiquées ?

Quels moyens de détection ?

Le problème doit être débattu par les organismes impliqués dans l’organisation, la sélection, le déroulement de la préparation physique et de l’entrainement spécifique et les critères de sélection choisis par les responsables des divers modes et opérations de sélection, d’incorporation et de validation des critères d’aptitude aux efforts exigés dans le domaine du sport. Les responsabilités des divers agents dans la conduite de ces procédures ne sont pas anodines en raison des conséquences parfois vitales portées par toute négligence envers la santé du sportif. Par principe, la médecine se consacre à prévenir la survenue de pathologies et à soigner, si nécessaire les personnes qui se définissent justement par la valeur opposée au prix. Selon Kant, « ce qui a un prix peut être remplacé par quelque chose d’équivalent ; ce qui est supérieur à tout prix ce qui n’admet pas d’équivalent, c’est ce qui a une dignité ».

Est-ce que la lutte contre le dopage doit tout envahir ?

La difficulté dans la réalisation de l’équilibre entre l’action maximale d’intervention de la médecine envers les patients ou toute personne en manque de prévention ou de soin est la prise en compte d’un état permanent de manque. Une telle situation a incité les autorités responsables à proposer puis exiger la maitrise comptable des dépenses de santé, objectif d’autant plus ardu à atteindre dans l’attente d’une articulation entre gestion médicalisée de la santé et impératifs éthiques. Cette balance indispensable à l’équilibre budgétaire de la nation quand la santé de la population est en jeu vaut-elle aussi pour les sportifs professionnels où la révision globale de nos rapports humains doit être remise en cause particulièrement au niveau de l’aliénation des sportifs par l’argent ?

Éthique dans le sport et primauté accordée au dopage : pourquoi ?

C’est du moins ce que pense Umberto Eco…Dans le domaine du sport et plus particulièrement du sport professionnel, en éthique en général et dans le domaine de l’éthique médicale en particulier tout se joue au niveau du statut selon que le corps a le même statut qu’une personne ou qu’il ait été transformé en objet ? Dans le premier cas, il devient sacralisé, indisponible, inaliénable, hors du cadre de la circulation des biens, dans le second s’il devient objet, au moins pour une partie de ses constituants servant de thérapeutique pour autrui, ce qui le rend propre à la marchandisation sinon à la brevetabilité.

Questionnement :

Comment se fait-il que cette affection ait été découverte si tardivement quand on connait la rigueur avec laquelle sont explorés les sportifs professionnels moins pour des raisons humanitaires que commerciales relatives aux souscriptions des primes d’assurance et à la valeur "commerciale" de cette marchandise humaine revendue comme une voiture d’occasion ?