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Le cri du loup

mardi 13 novembre 2007, par Picospin

C’est une longue plainte que vient de lancer un chirurgien d’une institution de premier ordre dans le journal « Le Monde » (11.11.07) au sujet de ses conditions de travail. Il accuse successivement et simultanément l’application trop stricte du principe de précaution, la pression financière, le recours trop fréquent à l’intérim, la loi des 35 heures de nuire à la cohésion de l’équipe médicale, de désynchroniser les gestes qui doivent logiquement se succéder auprès du malade pour que ce dernier ressente l’harmonie des soins, la qualité de la prise en charge et le raccourcissement de tout délai d’attente dans le déroulement logique des actes et de l’accompagnement.

Une analyse

Cette analyse est à coup sûr noble, exclusivement orientée vers l’intérêt du malade et très perspicace. En résumé, il dénonce toutes les imperfections qui altèrent la qualité de l’acte médical et chirurgical, depuis la jeunesse des médecins qui assurent les gardes, jusqu’au choix par l’administration de l’instrumentation qui se dirige nécessairement vers le moins disant. Au fond c’est à une critique naïve de l’organisation hospitalière, qu’elle soit publique ou privée à laquelle il se livre. Pour atteindre ce but, il mêle les lois sociales, l’organisation de la société, les aspirations à une autre vie des jeunes qui arrivent sur le marché du travail.

Modernité ?

Plus rien en effet n’est comme avant. Si on avait la possibilité d’avoir des robots à disposition, la situation serait bien meilleure et les malades seraient idéalement soignés. On ne sait où ce chirurgien de qualité a trouvé ces notions et dans quels pays ou quelles communautés, les mécanismes auxquels il rêve existent. Quelle société dispose des moyens ainsi réclamés, souhaités, espérés, résultat de songes ou d’histoires de fée ? Les organisations capitalistes, socialistes, fortement socialisées, voire marxistes à lire éventuellement dans le modèle chinois ou cubain ?

De nouvelles conditions d’exercice

Pour résoudre ses problèmes et apaiser ses revendications, sa colère et ses frustrations, il se borne à réclamer « une autre organisation, un autre management et à redonner du pouvoir au chirurgien ». On se demande bien comment cet homme de qualité, issu d’une formation d’excellence, aura les moyens – humains et matériels - le temps et l’énergie nécessaires pour mettre sur pied cette organisation idéale, sous la responsabilité et l’autorité d’une seule personne, si parfaite, intelligente et douée qu’elle soit. Grande estime de soi, mégalomanie, confiance exagérée en ses moyens ? Le long de cet article, le chirurgien, potentiel maître des lieux, plaint davantage les difficultés d’exercer son métier que la souffrance, l’angoisse, les contraintes infligées au malade.

Dysfonctionnements

Ce dernier ne pâtit-il pas davantage des dysfonctionnements inscrits au catalogue de son médecin que ce denier qui enrage de ne pouvoir faire mieux, freiné en cela par une organisation sociale, financière, sociétale, qui se ligue contre lui pour le priver de ses satisfactions potentielles. Dans l’énumération d’une victime de la société, existe-t-il une place pour un questionnement éthique ? Le chirurgien ne cesse de mentionner la lourdeur du métier, l’angoisse qu’il génère, la longue durée du temps passé à soigner c’est-à-dire à accomplir l’acte thérapeutique. Dans ce bilan, il laisse volontiers de côté les possible symétries des sentiments, des sensations, des contraintes qu’éprouve un malade qui doit être soumis à l’agression chirurgicale, au découpage soigneux de son corps sinon de son âme. Il est vrai que pour la conception de notre chirurgien, le malade ne compte guère dans l’évaluation des perturbations éventuelles causées par le geste thérapeutique.

Une souffrance asymétrique

Les douleurs et souffrances des deux protagonistes cessent d’être symétriques pour finir dans l’asymptote de l’asymétrie. Cette vision éclairée d’un seul côté de l’angle dirigé vers le patient garde tout son déséquilibre si l’on pense à la situation de l’un et l’autre acteur de ce drame. L’un se doit de rester éveillé, actif, vigilant, l’autre n’a qu’une chose à faire : dormir. A condition toutefois que l’anesthésiste soit assez compétent pour s’acquitter de cette tâche avec patience, doigté, délicatesse, douceur et efficacité.

Questionnement éthique :

1. Que penser du plaidoyer pro-domo du soignant à un moment où l’on s’accorde à penser que le malade doit être mis au centre du dispositif des soins ?

2. Que penser aussi de la réflexion de l’auteur de cet article qui fait allusion à la difficulté de communiquer avec le malade en raison d’un manque de temps et de la préférence qu’il attribue au « bon chirurgien taiseux » face à un « communiquant incompétent ». Dans cette perspective, le « chirurgien compétent et consciencieux doit reprendre la main sur l’activité chirurgicale pour redevenir le chef d’orchestre de son équipe ». Sans tambours ni trompettes, sans doute ?

3. A manier la critique, n’aboutit-on pas au paradoxe : une situation tragique dans un des systèmes de santé parmi les meilleurs au monde ?

4. Devant cette affirmation, on est tenté de se demander : à cause de qui et de quoi ?

5. Est-ce que ce panorama pessimiste de l’état de la chirurgie constitue bien le reflet de la réalité quand on songe aux progrès accomplis dans la miniaturisation des instruments et le développement de la chirurgie non invasive sinon à celui de la robotique ?
Une analyse

Cette analyse est à coup sûr noble, exclusivement orientée vers l’intérêt du malade et très perspicace. En résumé, il dénonce toutes les imperfections qui altèrent la qualité de l’acte médical et chirurgical, depuis la jeunesse des médecins qui assurent les gardes, jusqu’au choix par l’administration de l’instrumentation qui se dirige nécessairement vers le moins disant. Au fond c’est à une critique naïve de l’organisation hospitalière, qu’elle soit publique ou privée à laquelle il se livre. Pour atteindre ce but, il mêle les lois sociales, l’organisation de la société, les aspirations à une autre vie des jeunes qui arrivent sur le marché du travail.

Modernité ?

Plus rien en effet n’est comme avant. Si on avait la possibilité d’avoir des robots à disposition, la situation serait bien meilleure et les malades seraient idéalement soignés. On ne sait où ce chirurgien de qualité a trouvé ces notions et dans quels pays ou quelles communautés, les mécanismes auxquels il rêve existent. Quelle société dispose des moyens ainsi réclamés, souhaités, espérés, résultat de songes ou d’histoires de fée ? Les organisations capitalistes, socialistes, fortement socialisées, voire marxistes à lire éventuellement dans le modèle chinois ou cubain ?

De nouvelles conditions d’exercice

Pour résoudre ses problèmes et apaiser ses revendications, sa colère et ses frustrations, il se borne à réclamer « une autre organisation, un autre management et à redonner du pouvoir au chirurgien ». On se demande bien comment cet homme de qualité, issu d’une formation d’excellence, aura les moyens – humains et matériels - le temps et l’énergie nécessaires pour mettre sur pied cette organisation idéale, sous la responsabilité et l’autorité d’une seule personne, si parfaite, intelligente et douée qu’elle soit. Grande estime de soi, mégalomanie, confiance exagérée en ses moyens ? Le long de cet article, le chirurgien, potentiel maître des lieux, plaint davantage les difficultés d’exercer son métier que la souffrance, l’angoisse, les contraintes infligées au malade.

Dysfonctionnements

Ce dernier ne pâtit-il pas davantage des dysfonctionnements inscrits au catalogue de son médecin que ce denier qui enrage de ne pouvoir faire mieux, freiné en cela par une organisation sociale, financière, sociétale, qui se ligue contre lui pour le priver de ses satisfactions potentielles. Dans l’énumération d’une victime de la société, existe-t-il une place pour un questionnement éthique ? Le chirurgien ne cesse de mentionner la lourdeur du métier, l’angoisse qu’il génère, la longue durée du temps passé à soigner c’est-à-dire à accomplir l’acte thérapeutique. Dans ce bilan, il laisse volontiers de côté les possible symétries des sentiments, des sensations, des contraintes qu’éprouve un malade qui doit être soumis à l’agression chirurgicale, au découpage soigneux de son corps sinon de son âme. Il est vrai que pour la conception de notre chirurgien, le malade ne compte guère dans l’évaluation des perturbations éventuelles causées par le geste thérapeutique.

Une souffrance asymétrique

Les douleurs et souffrances des deux protagonistes cessent d’être symétriques pour finir dans l’asymptote de l’asymétrie. Cette vision éclairée d’un seul côté de l’angle dirigé vers le patient garde tout son déséquilibre si l’on pense à la situation de l’un et l’autre acteur de ce drame. L’un se doit de rester éveillé, actif, vigilant, l’autre n’a qu’une chose à faire : dormir. A condition toutefois que l’anesthésiste soit assez compétent pour s’acquitter de cette tâche avec patience, doigté, délicatesse, douceur et efficacité.

Questionnement éthique :

1. Que penser du plaidoyer pro-domo du soignant à un moment où l’on s’accorde à penser que le malade doit être mis au centre du dispositif des soins ?

2. Que penser aussi de la réflexion de l’auteur de cet article qui fait allusion à la difficulté de communiquer avec le malade en raison d’un manque de temps et de la préférence qu’il attribue au « bon chirurgien taiseux » face à un « communiquant incompétent ». Dans cette perspective, le « chirurgien compétent et consciencieux doit reprendre la main sur l’activité chirurgicale pour redevenir le chef d’orchestre de son équipe ». Sans tambours ni trompettes, sans doute ?

3. A manier la critique, n’aboutit-on pas au paradoxe : une situation tragique dans un des systèmes de santé parmi les meilleurs au monde ?

4. Devant cette affirmation, on est tenté de se demander : à cause de qui et de quoi ?

5. Est-ce que ce panorama pessimiste de l’état de la chirurgie constitue bien le reflet de la réalité quand on songe aux progrès accomplis dans la miniaturisation des instruments et le développement de la chirurgie non invasive sinon à celui de la robotique ?

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Une analyse

Cette analyse est à coup sûr noble, exclusivement orientée vers l’intérêt du malade et très perspicace. En résumé, il dénonce toutes les imperfections qui altèrent la qualité de l’acte médical et chirurgical, depuis la jeunesse des médecins qui assurent les gardes, jusqu’au choix par l’administration de l’instrumentation qui se dirige nécessairement vers le moins disant. Au fond c’est à une critique naïve de l’organisation hospitalière, qu’elle soit publique ou privée à laquelle il se livre. Pour atteindre ce but, il mêle les lois sociales, l’organisation de la société, les aspirations à une autre vie des jeunes qui arrivent sur le marché du travail.

Modernité ?

Plus rien en effet n’est comme avant. Si on avait la possibilité d’avoir des robots à disposition, la situation serait bien meilleure et les malades seraient idéalement soignés. On ne sait où ce chirurgien de qualité a trouvé ces notions et dans quels pays ou quelles communautés, les mécanismes auxquels il rêve existent. Quelle société dispose des moyens ainsi réclamés, souhaités, espérés, résultat de songes ou d’histoires de fée ? Les organisations capitalistes, socialistes, fortement socialisées, voire marxistes à lire éventuellement dans le modèle chinois ou cubain ?

De nouvelles conditions d’exercice

Pour résoudre ses problèmes et apaiser ses revendications, sa colère et ses frustrations, il se borne à réclamer « une autre organisation, un autre management et à redonner du pouvoir au chirurgien ». On se demande bien comment cet homme de qualité, issu d’une formation d’excellence, aura les moyens – humains et matériels - le temps et l’énergie nécessaires pour mettre sur pied cette organisation idéale, sous la responsabilité et l’autorité d’une seule personne, si parfaite, intelligente et douée qu’elle soit. Grande estime de soi, mégalomanie, confiance exagérée en ses moyens ? Le long de cet article, le chirurgien, potentiel maître des lieux, plaint davantage les difficultés d’exercer son métier que la souffrance, l’angoisse, les contraintes infligées au malade.

Dysfonctionnements

Ce dernier ne pâtit-il pas davantage des dysfonctionnements inscrits au catalogue de son médecin que ce denier qui enrage de ne pouvoir faire mieux, freiné en cela par une organisation sociale, financière, sociétale, qui se ligue contre lui pour le priver de ses satisfactions potentielles. Dans l’énumération d’une victime de la société, existe-t-il une place pour un questionnement éthique ? Le chirurgien ne cesse de mentionner la lourdeur du métier, l’angoisse qu’il génère, la longue durée du temps passé à soigner c’est-à-dire à accomplir l’acte thérapeutique. Dans ce bilan, il laisse volontiers de côté les possible symétries des sentiments, des sensations, des contraintes qu’éprouve un malade qui doit être soumis à l’agression chirurgicale, au découpage soigneux de son corps sinon de son âme. Il est vrai que pour la conception de notre chirurgien, le malade ne compte guère dans l’évaluation des perturbations éventuelles causées par le geste thérapeutique.

Une souffrance asymétrique

Les douleurs et souffrances des deux protagonistes cessent d’être symétriques pour finir dans l’asymptote de l’asymétrie. Cette vision éclairée d’un seul côté de l’angle dirigé vers le patient garde tout son déséquilibre si l’on pense à la situation de l’un et l’autre acteur de ce drame. L’un se doit de rester éveillé, actif, vigilant, l’autre n’a qu’une chose à faire : dormir. A condition toutefois que l’anesthésiste soit assez compétent pour s’acquitter de cette tâche avec patience, doigté, délicatesse, douceur et efficacité.

Questionnement éthique :

1. Que penser du plaidoyer pro-domo du soignant à un moment où l’on s’accorde à penser que le malade doit être mis au centre du dispositif des soins ?

2. Que penser aussi de la réflexion de l’auteur de cet article qui fait allusion à la difficulté de communiquer avec le malade en raison d’un manque de temps et de la préférence qu’il attribue au « bon chirurgien taiseux » face à un « communiquant incompétent ». Dans cette perspective, le « chirurgien compétent et consciencieux doit reprendre la main sur l’activité chirurgicale pour redevenir le chef d’orchestre de son équipe ». Sans tambours ni trompettes, sans doute ?

3. A manier la critique, n’aboutit-on pas au paradoxe : une situation tragique dans un des systèmes de santé parmi les meilleurs au monde ?

4. Devant cette affirmation, on est tenté de se demander : à cause de qui et de quoi ?

5. Est-ce que ce panorama pessimiste de l’état de la chirurgie constitue bien le reflet de la réalité quand on songe aux progrès accomplis dans la miniaturisation des instruments et le développement de la chirurgie non invasive sinon à celui de la robotique ?
Une analyse

Cette analyse est à coup sûr noble, exclusivement orientée vers l’intérêt du malade et très perspicace. En résumé, il dénonce toutes les imperfections qui altèrent la qualité de l’acte médical et chirurgical, depuis la jeunesse des médecins qui assurent les gardes, jusqu’au choix par l’administration de l’instrumentation qui se dirige nécessairement vers le moins disant. Au fond c’est à une critique naïve de l’organisation hospitalière, qu’elle soit publique ou privée à laquelle il se livre. Pour atteindre ce but, il mêle les lois sociales, l’organisation de la société, les aspirations à une autre vie des jeunes qui arrivent sur le marché du travail.

Modernité ?

Plus rien en effet n’est comme avant. Si on avait la possibilité d’avoir des robots à disposition, la situation serait bien meilleure et les malades seraient idéalement soignés. On ne sait où ce chirurgien de qualité a trouvé ces notions et dans quels pays ou quelles communautés, les mécanismes auxquels il rêve existent. Quelle société dispose des moyens ainsi réclamés, souhaités, espérés, résultat de songes ou d’histoires de fée ? Les organisations capitalistes, socialistes, fortement socialisées, voire marxistes à lire éventuellement dans le modèle chinois ou cubain ?

De nouvelles conditions d’exercice

Pour résoudre ses problèmes et apaiser ses revendications, sa colère et ses frustrations, il se borne à réclamer « une autre organisation, un autre management et à redonner du pouvoir au chirurgien ». On se demande bien comment cet homme de qualité, issu d’une formation d’excellence, aura les moyens – humains et matériels - le temps et l’énergie nécessaires pour mettre sur pied cette organisation idéale, sous la responsabilité et l’autorité d’une seule personne, si parfaite, intelligente et douée qu’elle soit. Grande estime de soi, mégalomanie, confiance exagérée en ses moyens ? Le long de cet article, le chirurgien, potentiel maître des lieux, plaint davantage les difficultés d’exercer son métier que la souffrance, l’angoisse, les contraintes infligées au malade.

Dysfonctionnements

Ce dernier ne pâtit-il pas davantage des dysfonctionnements inscrits au catalogue de son médecin que ce denier qui enrage de ne pouvoir faire mieux, freiné en cela par une organisation sociale, financière, sociétale, qui se ligue contre lui pour le priver de ses satisfactions potentielles. Dans l’énumération d’une victime de la société, existe-t-il une place pour un questionnement éthique ? Le chirurgien ne cesse de mentionner la lourdeur du métier, l’angoisse qu’il génère, la longue durée du temps passé à soigner c’est-à-dire à accomplir l’acte thérapeutique. Dans ce bilan, il laisse volontiers de côté les possible symétries des sentiments, des sensations, des contraintes qu’éprouve un malade qui doit être soumis à l’agression chirurgicale, au découpage soigneux de son corps sinon de son âme. Il est vrai que pour la conception de notre chirurgien, le malade ne compte guère dans l’évaluation des perturbations éventuelles causées par le geste thérapeutique.

Une souffrance asymétrique

Les douleurs et souffrances des deux protagonistes cessent d’être symétriques pour finir dans l’asymptote de l’asymétrie. Cette vision éclairée d’un seul côté de l’angle dirigé vers le patient garde tout son déséquilibre si l’on pense à la situation de l’un et l’autre acteur de ce drame. L’un se doit de rester éveillé, actif, vigilant, l’autre n’a qu’une chose à faire : dormir. A condition toutefois que l’anesthésiste soit assez compétent pour s’acquitter de cette tâche avec patience, doigté, délicatesse, douceur et efficacité.

Questionnement éthique :

1. Que penser du plaidoyer pro-domo du soignant à un moment où l’on s’accorde à penser que le malade doit être mis au centre du dispositif des soins ?

2. Que penser aussi de la réflexion de l’auteur de cet article qui fait allusion à la difficulté de communiquer avec le malade en raison d’un manque de temps et de la préférence qu’il attribue au « bon chirurgien taiseux » face à un « communiquant incompétent ». Dans cette perspective, le « chirurgien compétent et consciencieux doit reprendre la main sur l’activité chirurgicale pour redevenir le chef d’orchestre de son équipe ». Sans tambours ni trompettes, sans doute ?

3. A manier la critique, n’aboutit-on pas au paradoxe : une situation tragique dans un des systèmes de santé parmi les meilleurs au monde ?

4. Devant cette affirmation, on est tenté de se demander : à cause de qui et de quoi ?

5. Est-ce que ce panorama pessimiste de l’état de la chirurgie constitue bien le reflet de la réalité quand on songe aux progrès accomplis dans la miniaturisation des instruments et le développement de la chirurgie non invasive sinon à celui de la robotique ?
Une analyse

Cette analyse est à coup sûr noble, exclusivement orientée vers l’intérêt du malade et très perspicace. En résumé, il dénonce toutes les imperfections qui altèrent la qualité de l’acte médical et chirurgical, depuis la jeunesse des médecins qui assurent les gardes, jusqu’au choix par l’administration de l’instrumentation qui se dirige nécessairement vers le moins disant. Au fond c’est à une critique naïve de l’organisation hospitalière, qu’elle soit publique ou privée à laquelle il se livre. Pour atteindre ce but, il mêle les lois sociales, l’organisation de la société, les aspirations à une autre vie des jeunes qui arrivent sur le marché du travail.

Modernité ?

Plus rien en effet n’est comme avant. Si on avait la possibilité d’avoir des robots à disposition, la situation serait bien meilleure et les malades seraient idéalement soignés. On ne sait où ce chirurgien de qualité a trouvé ces notions et dans quels pays ou quelles communautés, les mécanismes auxquels il rêve existent. Quelle société dispose des moyens ainsi réclamés, souhaités, espérés, résultat de songes ou d’histoires de fée ? Les organisations capitalistes, socialistes, fortement socialisées, voire marxistes à lire éventuellement dans le modèle chinois ou cubain ?

De nouvelles conditions d’exercice

Pour résoudre ses problèmes et apaiser ses revendications, sa colère et ses frustrations, il se borne à réclamer « une autre organisation, un autre management et à redonner du pouvoir au chirurgien ». On se demande bien comment cet homme de qualité, issu d’une formation d’excellence, aura les moyens – humains et matériels - le temps et l’énergie nécessaires pour mettre sur pied cette organisation idéale, sous la responsabilité et l’autorité d’une seule personne, si parfaite, intelligente et douée qu’elle soit. Grande estime de soi, mégalomanie, confiance exagérée en ses moyens ? Le long de cet article, le chirurgien, potentiel maître des lieux, plaint davantage les difficultés d’exercer son métier que la souffrance, l’angoisse, les contraintes infligées au malade.

Dysfonctionnements

Ce dernier ne pâtit-il pas davantage des dysfonctionnements inscrits au catalogue de son médecin que ce denier qui enrage de ne pouvoir faire mieux, freiné en cela par une organisation sociale, financière, sociétale, qui se ligue contre lui pour le priver de ses satisfactions potentielles. Dans l’énumération d’une victime de la société, existe-t-il une place pour un questionnement éthique ? Le chirurgien ne cesse de mentionner la lourdeur du métier, l’angoisse qu’il génère, la longue durée du temps passé à soigner c’est-à-dire à accomplir l’acte thérapeutique. Dans ce bilan, il laisse volontiers de côté les possible symétries des sentiments, des sensations, des contraintes qu’éprouve un malade qui doit être soumis à l’agression chirurgicale, au découpage soigneux de son corps sinon de son âme. Il est vrai que pour la conception de notre chirurgien, le malade ne compte guère dans l’évaluation des perturbations éventuelles causées par le geste thérapeutique.

Une souffrance asymétrique

Les douleurs et souffrances des deux protagonistes cessent d’être symétriques pour finir dans l’asymptote de l’asymétrie. Cette vision éclairée d’un seul côté de l’angle dirigé vers le patient garde tout son déséquilibre si l’on pense à la situation de l’un et l’autre acteur de ce drame. L’un se doit de rester éveillé, actif, vigilant, l’autre n’a qu’une chose à faire : dormir. A condition toutefois que l’anesthésiste soit assez compétent pour s’acquitter de cette tâche avec patience, doigté, délicatesse, douceur et efficacité.

Questionnement éthique :

1. Que penser du plaidoyer pro-domo du soignant à un moment où l’on s’accorde à penser que le malade doit être mis au centre du dispositif des soins ?

2. Que penser aussi de la réflexion de l’auteur de cet article qui fait allusion à la difficulté de communiquer avec le malade en raison d’un manque de temps et de la préférence qu’il attribue au « bon chirurgien taiseux » face à un « communiquant incompétent ». Dans cette perspective, le « chirurgien compétent et consciencieux doit reprendre la main sur l’activité chirurgicale pour redevenir le chef d’orchestre de son équipe ». Sans tambours ni trompettes, sans doute ?

3. A manier la critique, n’aboutit-on pas au paradoxe : une situation tragique dans un des systèmes de santé parmi les meilleurs au monde ?

4. Devant cette affirmation, on est tenté de se demander : à cause de qui et de quoi ?

5. Est-ce que ce panorama pessimiste de l’état de la chirurgie constitue bien le reflet de la réalité quand on songe aux progrès accomplis dans la miniaturisation des instruments et le développement de la chirurgie non invasive sinon à celui de la robotique ?

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Cette analyse est à coup sûr noble, exclusivement orientée vers l’intérêt du malade et très perspicace. En résumé, il dénonce toutes les imperfections qui altèrent la qualité de l’acte médical et chirurgical, depuis la jeunesse des médecins qui assurent les gardes, jusqu’au choix par l’administration de l’instrumentation qui se dirige nécessairement vers le moins disant. Au fond c’est à une critique naïve de l’organisation hospitalière, qu’elle soit publique ou privée à laquelle il se livre. Pour atteindre ce but, il mêle les lois sociales, l’organisation de la société, les aspirations à une autre vie des jeunes qui arrivent sur le marché du travail.

Modernité ?

Plus rien en effet n’est comme avant. Si on avait la possibilité d’avoir des robots à disposition, la situation serait bien meilleure et les malades seraient idéalement soignés. On ne sait où ce chirurgien de qualité a trouvé ces notions et dans quels pays ou quelles communautés, les mécanismes auxquels il rêve existent. Quelle société dispose des moyens ainsi réclamés, souhaités, espérés, résultat de songes ou d’histoires de fée ? Les organisations capitalistes, socialistes, fortement socialisées, voire marxistes à lire éventuellement dans le modèle chinois ou cubain ?

De nouvelles conditions d’exercice

Pour résoudre ses problèmes et apaiser ses revendications, sa colère et ses frustrations, il se borne à réclamer « une autre organisation, un autre management et à redonner du pouvoir au chirurgien ». On se demande bien comment cet homme de qualité, issu d’une formation d’excellence, aura les moyens – humains et matériels - le temps et l’énergie nécessaires pour mettre sur pied cette organisation idéale, sous la responsabilité et l’autorité d’une seule personne, si parfaite, intelligente et douée qu’elle soit. Grande estime de soi, mégalomanie, confiance exagérée en ses moyens ? Le long de cet article, le chirurgien, potentiel maître des lieux, plaint davantage les difficultés d’exercer son métier que la souffrance, l’angoisse, les contraintes infligées au malade.

Dysfonctionnements

Ce dernier ne pâtit-il pas davantage des dysfonctionnements inscrits au catalogue de son médecin que ce denier qui enrage de ne pouvoir faire mieux, freiné en cela par une organisation sociale, financière, sociétale, qui se ligue contre lui pour le priver de ses satisfactions potentielles. Dans l’énumération d’une victime de la société, existe-t-il une place pour un questionnement éthique ? Le chirurgien ne cesse de mentionner la lourdeur du métier, l’angoisse qu’il génère, la longue durée du temps passé à soigner c’est-à-dire à accomplir l’acte thérapeutique. Dans ce bilan, il laisse volontiers de côté les possible symétries des sentiments, des sensations, des contraintes qu’éprouve un malade qui doit être soumis à l’agression chirurgicale, au découpage soigneux de son corps sinon de son âme. Il est vrai que pour la conception de notre chirurgien, le malade ne compte guère dans l’évaluation des perturbations éventuelles causées par le geste thérapeutique.

Une souffrance asymétrique

Les douleurs et souffrances des deux protagonistes cessent d’être symétriques pour finir dans l’asymptote de l’asymétrie. Cette vision éclairée d’un seul côté de l’angle dirigé vers le patient garde tout son déséquilibre si l’on pense à la situation de l’un et l’autre acteur de ce drame. L’un se doit de rester éveillé, actif, vigilant, l’autre n’a qu’une chose à faire : dormir. A condition toutefois que l’anesthésiste soit assez compétent pour s’acquitter de cette tâche avec patience, doigté, délicatesse, douceur et efficacité.

Questionnement éthique :

1. Que penser du plaidoyer pro-domo du soignant à un moment où l’on s’accorde à penser que le malade doit être mis au centre du dispositif des soins ?

2. Que penser aussi de la réflexion de l’auteur de cet article qui fait allusion à la difficulté de communiquer avec le malade en raison d’un manque de temps et de la préférence qu’il attribue au « bon chirurgien taiseux » face à un « communiquant incompétent ». Dans cette perspective, le « chirurgien compétent et consciencieux doit reprendre la main sur l’activité chirurgicale pour redevenir le chef d’orchestre de son équipe ». Sans tambours ni trompettes, sans doute ?

3. A manier la critique, n’aboutit-on pas au paradoxe : une situation tragique dans un des systèmes de santé parmi les meilleurs au monde ?

4. Devant cette affirmation, on est tenté de se demander : à cause de qui et de quoi ?

5. Est-ce que ce panorama pessimiste de l’état de la chirurgie constitue bien le reflet de la réalité quand on songe aux progrès accomplis dans la miniaturisation des instruments et le développement de la chirurgie non invasive sinon à celui de la robotique ?

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Cette analyse est à coup sûr noble, exclusivement orientée vers l’intérêt du malade et très perspicace. En résumé, il dénonce toutes les imperfections qui altèrent la qualité de l’acte médical et chirurgical, depuis la jeunesse des médecins qui assurent les gardes, jusqu’au choix par l’administration de l’instrumentation qui se dirige nécessairement vers le moins disant. Au fond c’est à une critique naïve de l’organisation hospitalière, qu’elle soit publique ou privée à laquelle il se livre. Pour atteindre ce but, il mêle les lois sociales, l’organisation de la société, les aspirations à une autre vie des jeunes qui arrivent sur le marché du travail.

Modernité ?

Plus rien en effet n’est comme avant. Si on avait la possibilité d’avoir des robots à disposition, la situation serait bien meilleure et les malades seraient idéalement soignés. On ne sait où ce chirurgien de qualité a trouvé ces notions et dans quels pays ou quelles communautés, les mécanismes auxquels il rêve existent. Quelle société dispose des moyens ainsi réclamés, souhaités, espérés, résultat de songes ou d’histoires de fée ? Les organisations capitalistes, socialistes, fortement socialisées, voire marxistes à lire éventuellement dans le modèle chinois ou cubain ?

De nouvelles conditions d’exercice

Pour résoudre ses problèmes et apaiser ses revendications, sa colère et ses frustrations, il se borne à réclamer « une autre organisation, un autre management et à redonner du pouvoir au chirurgien ». On se demande bien comment cet homme de qualité, issu d’une formation d’excellence, aura les moyens – humains et matériels - le temps et l’énergie nécessaires pour mettre sur pied cette organisation idéale, sous la responsabilité et l’autorité d’une seule personne, si parfaite, intelligente et douée qu’elle soit. Grande estime de soi, mégalomanie, confiance exagérée en ses moyens ? Le long de cet article, le chirurgien, potentiel maître des lieux, plaint davantage les difficultés d’exercer son métier que la souffrance, l’angoisse, les contraintes infligées au malade.

Dysfonctionnements

Ce dernier ne pâtit-il pas davantage des dysfonctionnements inscrits au catalogue de son médecin que ce denier qui enrage de ne pouvoir faire mieux, freiné en cela par une organisation sociale, financière, sociétale, qui se ligue contre lui pour le priver de ses satisfactions potentielles. Dans l’énumération d’une victime de la société, existe-t-il une place pour un questionnement éthique ? Le chirurgien ne cesse de mentionner la lourdeur du métier, l’angoisse qu’il génère, la longue durée du temps passé à soigner c’est-à-dire à accomplir l’acte thérapeutique. Dans ce bilan, il laisse volontiers de côté les possible symétries des sentiments, des sensations, des contraintes qu’éprouve un malade qui doit être soumis à l’agression chirurgicale, au découpage soigneux de son corps sinon de son âme. Il est vrai que pour la conception de notre chirurgien, le malade ne compte guère dans l’évaluation des perturbations éventuelles causées par le geste thérapeutique.

Une souffrance asymétrique

Les douleurs et souffrances des deux protagonistes cessent d’être symétriques pour finir dans l’asymptote de l’asymétrie. Cette vision éclairée d’un seul côté de l’angle dirigé vers le patient garde tout son déséquilibre si l’on pense à la situation de l’un et l’autre acteur de ce drame. L’un se doit de rester éveillé, actif, vigilant, l’autre n’a qu’une chose à faire : dormir. A condition toutefois que l’anesthésiste soit assez compétent pour s’acquitter de cette tâche avec patience, doigté, délicatesse, douceur et efficacité.

Questionnement éthique :

1. Que penser du plaidoyer pro-domo du soignant à un moment où l’on s’accorde à penser que le malade doit être mis au centre du dispositif des soins ?

2. Que penser aussi de la réflexion de l’auteur de cet article qui fait allusion à la difficulté de communiquer avec le malade en raison d’un manque de temps et de la préférence qu’il attribue au « bon chirurgien taiseux » face à un « communiquant incompétent ». Dans cette perspective, le « chirurgien compétent et consciencieux doit reprendre la main sur l’activité chirurgicale pour redevenir le chef d’orchestre de son équipe ». Sans tambours ni trompettes, sans doute ?

3. A manier la critique, n’aboutit-on pas au paradoxe : une situation tragique dans un des systèmes de santé parmi les meilleurs au monde ?

4. Devant cette affirmation, on est tenté de se demander : à cause de qui et de quoi ?

5. Est-ce que ce panorama pessimiste de l’état de la chirurgie constitue bien le reflet de la réalité quand on songe aux progrès accomplis dans la miniaturisation des instruments et le développement de la chirurgie non invasive sinon à celui de la robotique ?
Une analyse

Cette analyse est à coup sûr noble, exclusivement orientée vers l’intérêt du malade et très perspicace. En résumé, il dénonce toutes les imperfections qui altèrent la qualité de l’acte médical et chirurgical, depuis la jeunesse des médecins qui assurent les gardes, jusqu’au choix par l’administration de l’instrumentation qui se dirige nécessairement vers le moins disant. Au fond c’est à une critique naïve de l’organisation hospitalière, qu’elle soit publique ou privée à laquelle il se livre. Pour atteindre ce but, il mêle les lois sociales, l’organisation de la société, les aspirations à une autre vie des jeunes qui arrivent sur le marché du travail.

Modernité ?

Plus rien en effet n’est comme avant. Si on avait la possibilité d’avoir des robots à disposition, la situation serait bien meilleure et les malades seraient idéalement soignés. On ne sait où ce chirurgien de qualité a trouvé ces notions et dans quels pays ou quelles communautés, les mécanismes auxquels il rêve existent. Quelle société dispose des moyens ainsi réclamés, souhaités, espérés, résultat de songes ou d’histoires de fée ? Les organisations capitalistes, socialistes, fortement socialisées, voire marxistes à lire éventuellement dans le modèle chinois ou cubain ?

De nouvelles conditions d’exercice

Pour résoudre ses problèmes et apaiser ses revendications, sa colère et ses frustrations, il se borne à réclamer « une autre organisation, un autre management et à redonner du pouvoir au chirurgien ». On se demande bien comment cet homme de qualité, issu d’une formation d’excellence, aura les moyens – humains et matériels - le temps et l’énergie nécessaires pour mettre sur pied cette organisation idéale, sous la responsabilité et l’autorité d’une seule personne, si parfaite, intelligente et douée qu’elle soit. Grande estime de soi, mégalomanie, confiance exagérée en ses moyens ? Le long de cet article, le chirurgien, potentiel maître des lieux, plaint davantage les difficultés d’exercer son métier que la souffrance, l’angoisse, les contraintes infligées au malade.

Dysfonctionnements

Ce dernier ne pâtit-il pas davantage des dysfonctionnements inscrits au catalogue de son médecin que ce denier qui enrage de ne pouvoir faire mieux, freiné en cela par une organisation sociale, financière, sociétale, qui se ligue contre lui pour le priver de ses satisfactions potentielles. Dans l’énumération d’une victime de la société, existe-t-il une place pour un questionnement éthique ? Le chirurgien ne cesse de mentionner la lourdeur du métier, l’angoisse qu’il génère, la longue durée du temps passé à soigner c’est-à-dire à accomplir l’acte thérapeutique. Dans ce bilan, il laisse volontiers de côté les possible symétries des sentiments, des sensations, des contraintes qu’éprouve un malade qui doit être soumis à l’agression chirurgicale, au découpage soigneux de son corps sinon de son âme. Il est vrai que pour la conception de notre chirurgien, le malade ne compte guère dans l’évaluation des perturbations éventuelles causées par le geste thérapeutique.

Une souffrance asymétrique

Les douleurs et souffrances des deux protagonistes cessent d’être symétriques pour finir dans l’asymptote de l’asymétrie. Cette vision éclairée d’un seul côté de l’angle dirigé vers le patient garde tout son déséquilibre si l’on pense à la situation de l’un et l’autre acteur de ce drame. L’un se doit de rester éveillé, actif, vigilant, l’autre n’a qu’une chose à faire : dormir. A condition toutefois que l’anesthésiste soit assez compétent pour s’acquitter de cette tâche avec patience, doigté, délicatesse, douceur et efficacité.

Questionnement éthique :

1. Que penser du plaidoyer pro-domo du soignant à un moment où l’on s’accorde à penser que le malade doit être mis au centre du dispositif des soins ?

2. Que penser aussi de la réflexion de l’auteur de cet article qui fait allusion à la difficulté de communiquer avec le malade en raison d’un manque de temps et de la préférence qu’il attribue au « bon chirurgien taiseux » face à un « communiquant incompétent ». Dans cette perspective, le « chirurgien compétent et consciencieux doit reprendre la main sur l’activité chirurgicale pour redevenir le chef d’orchestre de son équipe ». Sans tambours ni trompettes, sans doute ?

3. A manier la critique, n’aboutit-on pas au paradoxe : une situation tragique dans un des systèmes de santé parmi les meilleurs au monde ?

4. Devant cette affirmation, on est tenté de se demander : à cause de qui et de quoi ?

5. Est-ce que ce panorama pessimiste de l’état de la chirurgie constitue bien le reflet de la réalité quand on songe aux progrès accomplis dans la miniaturisation des instruments et le développement de la chirurgie non invasive sinon à celui de la robotique ?

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Une analyse

Cette analyse est à coup sûr noble, exclusivement orientée vers l’intérêt du malade et très perspicace. En résumé, il dénonce toutes les imperfections qui altèrent la qualité de l’acte médical et chirurgical, depuis la jeunesse des médecins qui assurent les gardes, jusqu’au choix par l’administration de l’instrumentation qui se dirige nécessairement vers le moins disant. Au fond c’est à une critique naïve de l’organisation hospitalière, qu’elle soit publique ou privée à laquelle il se livre. Pour atteindre ce but, il mêle les lois sociales, l’organisation de la société, les aspirations à une autre vie des jeunes qui arrivent sur le marché du travail.

Modernité ?

Plus rien en effet n’est comme avant. Si on avait la possibilité d’avoir des robots à disposition, la situation serait bien meilleure et les malades seraient idéalement soignés. On ne sait où ce chirurgien de qualité a trouvé ces notions et dans quels pays ou quelles communautés, les mécanismes auxquels il rêve existent. Quelle société dispose des moyens ainsi réclamés, souhaités, espérés, résultat de songes ou d’histoires de fée ? Les organisations capitalistes, socialistes, fortement socialisées, voire marxistes à lire éventuellement dans le modèle chinois ou cubain ?

De nouvelles conditions d’exercice

Pour résoudre ses problèmes et apaiser ses revendications, sa colère et ses frustrations, il se borne à réclamer « une autre organisation, un autre management et à redonner du pouvoir au chirurgien ». On se demande bien comment cet homme de qualité, issu d’une formation d’excellence, aura les moyens – humains et matériels - le temps et l’énergie nécessaires pour mettre sur pied cette organisation idéale, sous la responsabilité et l’autorité d’une seule personne, si parfaite, intelligente et douée qu’elle soit. Grande estime de soi, mégalomanie, confiance exagérée en ses moyens ? Le long de cet article, le chirurgien, potentiel maître des lieux, plaint davantage les difficultés d’exercer son métier que la souffrance, l’angoisse, les contraintes infligées au malade.

Dysfonctionnements

Ce dernier ne pâtit-il pas davantage des dysfonctionnements inscrits au catalogue de son médecin que ce denier qui enrage de ne pouvoir faire mieux, freiné en cela par une organisation sociale, financière, sociétale, qui se ligue contre lui pour le priver de ses satisfactions potentielles. Dans l’énumération d’une victime de la société, existe-t-il une place pour un questionnement éthique ? Le chirurgien ne cesse de mentionner la lourdeur du métier, l’angoisse qu’il génère, la longue durée du temps passé à soigner c’est-à-dire à accomplir l’acte thérapeutique. Dans ce bilan, il laisse volontiers de côté les possible symétries des sentiments, des sensations, des contraintes qu’éprouve un malade qui doit être soumis à l’agression chirurgicale, au découpage soigneux de son corps sinon de son âme. Il est vrai que pour la conception de notre chirurgien, le malade ne compte guère dans l’évaluation des perturbations éventuelles causées par le geste thérapeutique.

Une souffrance asymétrique

Les douleurs et souffrances des deux protagonistes cessent d’être symétriques pour finir dans l’asymptote de l’asymétrie. Cette vision éclairée d’un seul côté de l’angle dirigé vers le patient garde tout son déséquilibre si l’on pense à la situation de l’un et l’autre acteur de ce drame. L’un se doit de rester éveillé, actif, vigilant, l’autre n’a qu’une chose à faire : dormir. A condition toutefois que l’anesthésiste soit assez compétent pour s’acquitter de cette tâche avec patience, doigté, délicatesse, douceur et efficacité.

Questionnement éthique :

1. Que penser du plaidoyer pro-domo du soignant à un moment où l’on s’accorde à penser que le malade doit être mis au centre du dispositif des soins ?

2. Que penser aussi de la réflexion de l’auteur de cet article qui fait allusion à la difficulté de communiquer avec le malade en raison d’un manque de temps et de la préférence qu’il attribue au « bon chirurgien taiseux » face à un « communiquant incompétent ». Dans cette perspective, le « chirurgien compétent et consciencieux doit reprendre la main sur l’activité chirurgicale pour redevenir le chef d’orchestre de son équipe ». Sans tambours ni trompettes, sans doute ?

3. A manier la critique, n’aboutit-on pas au paradoxe : une situation tragique dans un des systèmes de santé parmi les meilleurs au monde ?

4. Devant cette affirmation, on est tenté de se demander : à cause de qui et de quoi ?

5. Est-ce que ce panorama pessimiste de l’état de la chirurgie constitue bien le reflet de la réalité quand on songe aux progrès accomplis dans la miniaturisation des instruments et le développement de la chirurgie non invasive sinon à celui de la robotique ?