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Témoins muets et amnésiques de l’holocauste représenté par la vie dans le ghetto de Varsovie

Le film inachevé

Le ghetto de Varsovie

mercredi 18 août 2010, par Picospin

Cinéma

Pendant près d’un demi siècle, un film de propagande nazie inachevé sur la vie dans le ghetto de Varsovie, intitulé simplement « Le ghetto » et qui a été découvert par des archivistes travaillant en Allemagne de l’est après la guerre n’a cessé d’être utilisé par des scientifiques et des historiens comme matériel d’étude, certes défectueux mais considéré comme authentique, sur la vie dans le ghetto pendant la 2è guerre mondiale.

Déportations

Ce film a été tourné pendant un mois au mois de mai 1942, deux mois à peine avant le début des déportations au camp d’extermination de Treblinka. Ce document muet d’environ une heure associe des scènes où l’on voit des Juifs profiter de conditions d’un luxe réel avec des images où l’on discerne une souffrance profonde. Comme dans les lueurs vacillantes de la caverne de Platon, ces images ont été revues sous une autre forme et à l’aide de la projection d’une autre bobine en 1998. C’étaient 30 minutes de chutes montrant l’étendue des scènes ainsi tournées de façon délibérée. Du début à la fin, sans une minute d’interruption, on y voit des Juifs bien habillés entrer dans une boucherie ignorant les enfants qui mendient à l’extérieur du magasin. Pendant ce temps, des passants bien habillés sont mis en scène de façon telle qu’ils semblent ignorer ou ne pas tenir compte de la présence de cadavres gisant sur les trottoirs du voisinage. Il n’est plus possible de passer sous silence les manipulations des agents de la propagande nazie concernant leur grand nombre de prisonniers et les raisons de ce comportement.

Inhumain

Ce dernier ne devrait pas être éloigné de l’objectif final qui était de fabriquer des scènes qui montrent l’inhumanité exprimée par des Juifs riches envers leurs frères moins fortunés pour donner une impression trouble et obscure de la situation. Dans ce film inachevé, le metteur en scène entreprend une analyse critique du « Ghetto » qui est remarquable aussi bien pour l’aspect spéculatif de son dispositif que pour ses objectifs philosophiques. Il envisage méthodiquement scène par scène les divers aspects de la réalité ce qui finit par présenter un palimpseste d’impressions provenant de sources multiples soigneusement rassemblées pour représenter à la fois les victimes et les bourreaux. Bien que certains extraits de l’entrevue entre un des opérateurs du film et les journalistes soient aussi évasifs que possible, d’autres collaborateurs du film n’ont rien caché de leurs intentions et leur véritable opinion. Les comptes rendus du journal intime du chef du Conseil Juif dont l’appartement a servi de studio pour tourner de nombreuses scènes et le rapport du Haut Commissaire Juif Heinz Auerswald donnent un aperçu saisissant des conditions de la vie quotidienne dans cette période de restriction et sur les méthodes employées par les cinéastes.

Voir ou observer

Si on se livre à un assortiment parallèle entre les descriptions contenues dans les journaux personnels des producteurs et réalisateurs du film, ce dernier constitue véritablement un document précieux pour analyser et discerner la différence entre voir et observer. Cette impression n’est nullement plus pertinente que dans la décision de la part du metteur en scène d’inviter cinq survivants du Ghetto de Varsovie à visionner les séquences originales du film et de filmer leurs réactions. Une dame parmi les invités n’a pu s’empêcher de poser la question suivante « Et si jamais je vois quelqu’un que je connais » ? Comme les atrocités évoquées se reflètent sur les visages des survivants qui s’observent mutuellement, le metteur en scène crée une sorte d’espace pour laisser place au souvenir. Comme le vérifie la réalité des faits attestés par les échanges entendus de la part des témoins, (« quand avez-vous des fleurs ? Si on les avait vues, nous les aurions dévorées » ces rapports en provenance des souvenirs ancrent le passé au présent et à l’expérience humaine de telle manière que la perception du film s’en trouve profondément modifiée. Qu’ils soient bouleversés lorsqu’ils voient des hommes et des femmes nus obligés de se rassembler autour d’un poteau d’exécution et de là de se rendre au bain rituel, ou bien de rejeter avec vigueur les efforts des Nazis pour mettre en exergue les privilèges des Juifs, les survivants paraissaient moins parler en leur nom qu’en celui de ceux qui ne le pouvaient plus.

Émotion, mystère et provocation

Ce film émouvant, mystérieux et provocateur, se positionne en tant que récit et analyse des horreurs de l’Holocauste sur le plan d’un commentaire philosophique sur la manière que nous avons d’interpréter des images. Le récit et le commentaire s’insinue parfaitement entre les espaces et intervalles laissés par les images ce qui n’empêche pas les témoignages les plus éloquents d’être prononcés par ceux qui sont désormais réduits au silence. Il s’agit des Juifs affamés regardant avec un regard vide, dénué d’expression et de sens, les caméras braquées sur eux par les Nazis et une charmante jeune fille se tortillant de façon maladroite quand elle est obligée de poser à côté d’un mendiant. La qualité de l’œuvre de l’auteure se situe moins au niveau de ce qui est révélé par le film que par ce qui est caché c’est-à-dire ce qui échappe continuellement au souvenir. En attirant constamment notre attention sur les procédés de fabrication du film à l’aide de subterfuges comme la projection associée au vrombissement d’un moteur, des arrêts sur l’image en particulier sur les cibles des cameramen nazis, l’auteure du film insiste fortement sur la main qui agit derrière la caméra. Au moment de quitter la salle, sa thèse pose la question suivante : quand les témoins d’un évènement disparaissent, jusqu’où pouvons-nous aller pour faire confiance à la réalité de ce que nos yeux ont vu ?

Questionnement éthique :

1. Y a-t-il une ou plusieurs vertus comme la charité, l’humilité et la pitié ?

2. Que penser de la célèbre formule de St Augustin selon laquelle ce qui est primordial c’est d’appliquer le précepte : "aime et fais ce que tu voudras" ?

3. S’agit-il pour ce saint uniquement du pur amour capable de remplacer toute forme de loi et de se rapporter uniquement à l’amour que Dieu inspire aux hommes pour leur prochain ?

4. Est-ce que l’éthique de la loi qui prescrit ce que l’on doit faire est trop contraignante, trop sévère, pesante et rigide comme le sont les contraintes juridiques ?

5. Est-ce que son remplacement, sa dissolution par un unique geste d’amour suffisent aux êtres humains pour aller de l’avant ?

Messages

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