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Le langage des mots et des signes

dimanche 10 juin 2012, par Picospin

La question pourrait être à la mode au moment où s’ouvre avec éclat et solennité, sous la direction d’un ancien grand du foot professionnel français en même temps qu’européen, puisque d’ascendance italienne, le Championnat d’Europe de cette discipline qui remue les foules plus que le malheur des Grecs ou de Syriens et remplit les colonnes imprimées et électroniques des journaux.

On considère en général que le langage appartient spécifiquement aux hominidés et plus particulièrement aux hommes qui sont les seuls animaux vivants capables d’en disposer et de s’en servir à bon escient parce que la nature leur a enseigné la station debout, une configuration particulière du larynx et la capacité d’émettre des sons modulés et articulés à l’instar des oiseaux que l’on entend actuellement, en ce début de printemps, montrer leur joie des retrouvailles avec la belle saison, l’éclosion des fleurs, la renaissance des insectes et le renouveau de la nature. Convient-il d’étudier la manière dont la langue, dépôt des images acoustiques emmagasinées chez tous les individus qui la parlent forme un système de signes permettant de communiques des idées. Même si elles se rapportent à celles mentionnées autrefois par Platon, qui se trouveraient partout et nulle part, voleraient dans le ciel comme Airbus A 380 ou se déplaceraient dans les bois et forêts comme singes accrochés aux branches des arbres où ils se balanceraient grâce à l’attache de leurs bras longs, leurs doigts et leurs griffes. Cette langue est si difficile à maitriser que nombre d’individus renoncent à en acquérir les nuances, la prononciation harmonieuse et musicale et l’écriture lisible et compréhensible. C’est aussi pour cette raison qu’elle nécessite un apprentissage long, intensif et rigoureux et la conversion en d’autres formes d’expression appelées langues étrangères que certains peuples ont beaucoup de mal à apprivoiser faute de s’intéresser à ce qui se passe réellement de l’autre côté des frontières. Si la linguistique entend aborder scientifiquement le langage, c’est le fonctionnement des associations qu’il permet de construire à condition qu’elles aient été ratifiées par le consentement collectif. C’est aussi la vie des signes au sein de la vie sociale qu’il représente en dégageant non seulement pour le langage mais aussi pour les codes et les rites des systèmes de signes qui sont moins réductibles à la langue qu’au lien social que la langue fournit aux individus et collectivités soucieux d’instaurer d’autres ensembles de signes. Parmi ces derniers, qui n’a pas entendu parler ou vu ceux qui traduisent les techniques d’expression du corps, par la danse, la musique, la pratique du sport jusqu’à se perdre dans l’addiction au perfectionnisme, au dépassement de soi, à la prise de risque insensée. Comment comprendre et signifier à un animal les concepts simples dont tout responsable de la prise en charge d’un animal domestique sera amené à court terme à se servir pour l’échange minimum que constituent la vie en commun avec ce dernier, ne serait-ce que pour lui communiquer la compréhension de ses désirs immédiats, de ses besoins pressants des dangers auxquels il est exposé ? L’asymétrie est ici d’autant plus dramatique que l’animal a son propre langage fait d’émissions sonores, de grimaces, d’une gestuelle qui, composée de mouvements élémentaires se complexifie à mesure que les acteurs des scènes domestiques s’habituent l’un à l’autre et s’expriment par une intersubjectivité qui ne demande qu’à s’épanouir. Peut-être, devrais-je ajouter qu’entre les hominidés parlant le langage propre à une culture, il convient de fouiller dans le fatras de la relation intralinguistique où se pose couramment la relation entre l’image acoustique, le signifiant et le concept, signifié. On vient de voir que les relations entre ces deux modes de référence sont moins figées qu’il n’y paraît quand on s’adresse aux langues dites étrangères, aux dialectes, aux patois, qui sont tous des signes de la chose sur lesquels il convient qu’une société se mette d’accord pour en déterminer la rectitude des noms utilisés par une convention entre locuteurs sur les termes qu’ils décident ensemble de considérer comme corrects, adéquats ou appropriés. Si ce travail de mise en relation entre nom et réalité sensible ou matérielle est essentiel à la construction du langage et à la mise en œuvre d’un dialogue compréhensible à travers l’éthique de la discussion, il n’est en revanche pas indispensable de le considérer comme fondamental, tant il est vrai que dans les structures instables qui nous servent de décor, la réalité est plus fugitive et changeante avec le temps qu’il n’y paraît quand on se trouve devant la prise de conscience de la notion des fluctuations temporelles et de sa relativité par rapport aux représentations du fleuve où l’eau, mobile, s’écoule à l’intérieur de berges immobiles. A condition qu’il ne cesse jamais de s’écouler faute de quoi le temps se serait absenté, enfui, au lieu de rester là pour continuer à faire le monde, à maintenir le réel dans la durée, à rester présent au monde. A moins de considérer aussi, comme stoïciens, que si le monde périt, c’est pour indéfiniment se régénérer à l’identique de sorte que ce qu’on nomme avenir n’est que du passé qui va revenir, idée que les pythagoriciens appuyaient par l’idée de l’éternel retour, image copiée et collée sur l’observation du ciel et le constat du rythme des saisons. Pourquoi fait-il si froid en ce moment en France et si chaud à Varsovie ?