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Elections au Royaume Uni

Le lion blessé rugit encore

Un gouvernement "en suspens"

vendredi 7 mai 2010, par Picospin

Comme il semble que je sois profondément démocrate, avant de choisir le thème sur lequel j’avais envie de porter mon intérêt, j’ai commencé par compter le nombre de commentaires suscités par les divers sujets présentés dans ce journal. Il ne m’a pas été difficile de sélectionner la situation politique du Royaume Uni à la veille des élections de ce jour. Comme parfaitement analysé dans l’article présenté ici, ce pays suscite encore l’admiration de beaucoup de personnes dans le monde.

Une ferveur persistante

Les raisons de cette ferveur proviennent moins d’une ancienne déférence envers le pays des fondateurs de la démocratie moderne que du souvenir qu’elle a laissé dans les cœurs et les esprits. Peut-être s’agit-il aussi d’une certains compassion envers un vieux rival actuellement à terre après avoir essuyé avec son éternel concurrent par-dessus la Manche des escarmouches qui ont laissé un gout amer dans la bouche de nombreuses personnes en souvenir des sacrifices communs consentis pendant les deux guerres mondiales. Au cours de celles-ci, les deux alliés ont rivalisé non d’intelligence mais de fautes politiques énormes pour arracher à un démiurge des morceaux de papier intitulés pactes ou accords que le dénommé ermite de Berchtesgaden a voulu transformer en chiffons de papier. Pendant qu’une satisfaction infantile illuminait le regard de Chamberlain qui ne l’était pas, le dictateur en apprentissage lançait des chars sur des pays affaiblis hors d’état de résister à l’impact d’une armée organisée, gonflée artificiellement par des slogans enfantins et des nervis sans foi ni loi au service d’organisations de brigands dont le seul objectif consistait à abattre les rares forces intellectuelles, morales, éthiques encore en vigueur dans un monde en extinction sur les plans politique et institutionnel.

Lourde addition

Le Royaume Uni a payé très cher sa solitude dans la guerre de 1940 lorsque seul, contre tous, il avait eu le courage et la force morale de se dresser contre la volonté aveugle d’un émigré autrichien, débarqué dans son puissant voisin l’Allemagne qui laissait échapper de ses flancs blessés des bribes de vertu avalés avec avidité par des chômeurs et des hommes sans idéal et sans vertu, cherchant à s’en refaire une auprès des brassards à croix gammée grouillant dans les rues à l’assaut de commerces juifs menaçant l’intégrité d’un empire promis pour mille ans. Contre cette déferlante, les lords et citoyens britanniques ne pouvaient opposer qu’une résistance inégale incarnée dans le ciel par la technologie intelligente de Spitfires parvenant à stopper les incursions des chasseurs Messerschmitt, orgueil de l’intelligence des ingénieurs allemands devenus nazis par la baguette magique du Guide suprême qui ne savait même pas lui-même où il allait. Détruire l’autre n’est en rien un projet de vie par définition. Lui mettre sur le dos les malheurs du monde relève de la stupidité et d’une trop grande facilité à accuser l’autre.

Accablement de l’autre et des autres

En ce cas, le jugement a été avalisé par la plupart à l’exception de quelques esprits encore cultivés, ayant conservé, solidement enfermés, et blindés les pauvres éléments de la culture universelle laissés en héritage aux descendants et successeurs d’une vieille culture allemande où dominaient des philosophes de talent. Les images que j’ai tenté de décrire inspirent plus la honte et la commisération devant autant de naïveté étalée au grand jour, au pied d’un avion qui ramenait de Berlin deux pauvres hères revenus bredouille de simulacres de négociations. Ils en étaient pourtant récompensés par la ferveur populaire si heureuse de pouvoir sacrifier la paix à la guerre et l’humiliation à la honte. De tout cela, il est difficile de se remettre sans y laisser des plumes abandonnées spontanément par un coq effarouché dont la seule force est de pousser encore quelques cris roques, mélange de terreur et de sentiments vindicatifs étouffés. Les défaites se paient très cher, les pseudo-victoires encore plus. Il n’est pas étonnant qu’en fonction de ces tautologies, les anciens pays d’occident appelées autrefois puissances en aient perdu beaucoup sinon la totalité y compris l’estime et le respect des nations.

Questionnement éthique :

1. Quelles sont les causes profondes des bouleversements constatés lors de ces élections dans le société britannique ?

2. Est-ce que les gouvernements travaillistes n’ont pas tenu un compte suffisant de l’aspiration des entreprises à s’affirmer pleinement comme des institutions totales, porteuses de valeurs et de normes ?

3. Derrière la volonté affichée de prendre en compte les exigences morales de la société n’y a-t-il pas l’objectif de maximiser la valeur des actionnaires sur le marché même quand on se targue d’incarner une politique socialiste ?

4. L’éthique n’est-elle pas instrumentalisée pour éviter de prendre des décisions susceptibles d’inciter l’opinion publique à contrecarrer les objectifs patronaux ?