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Les caprices de la nature et des dieux

Le martyre de Michael Jackson

Incertitudes et problématique du corps

mercredi 8 juillet 2009, par Picospin

Ce qui a provoqué l’opinion négative de notre homme d’état est du sans doute lié à la multiplicité des facettes de son art, de sa présentation, des masques pris par son visage et son corps. du regard porté sur cette vedette que "la planète" tout entière pleure en ce moment.

Impossible amour ?

Quelles peuvent être les raisons de cet attachement, de cet amour, de la communion entre les fans que provoque le talent du chanteur et danseur ? D’aucuns veulent en faire un martyr pour l’acharnement qu’il a démontré pour se modifier physiquement et spirituellement, pour les contraintes qu’il a subies et qu’il s’est imposées, passant de son origine noire à une appartenance artificiellement recréée à la communauté blanche, payant de multiples séquelles douloureuses et esthétiques sa volonté de transformation, de déguisement d’indétermination de la sexualité, de mutations programmées et parfois réussies. Comme c’est souvent le cas, ne serait-ce que pour son lointain prédécesseur Mozart, les enfants prodiges vivent souvent un destin difficile, douloureux, instable, fantasque. Ces caractéristiques pourraient être influencées par l’autorité d’un père abusif qui tire sur la bride de son enfant avec brutalité, constance, détermination jusqu’à casser le ressort de son talent, de sa volonté d’expression et de la prise en main de son autonomie pour une vie raccourcie, inachevée, interrompue dans son élan et sa créativité. En somme, un résultat catastrophique pour lui-même, en opposition aux satisfactions et aux biens qu’il a proposés à son public, à ses admirateurs sinon aux égarés de son univers d’origine.

La burka qui cache ou la négritude qui se déguise ?

Il est intéressant du point de vue anthropologique que l’évènement mondial de ses obsèques survienne, avec sa mise en scène exagérément hollywoodienne, au moment où l’on veut réveiller le défi de la burka en France, cet autre cache-tout à vocation féminine qui vise à cacher le visage pour n’en plus montrer les traits parce que, aux yeux des hommes il est trop précieux et trop unique pour le laisser découvrir par la multitude. C’est à cette dernière que Michael Jackson avait affaire moins dans ses déplacements quotidiens et ses apparitions erratiques que dans ses spectacles dans lesquels il devait s’impliquer dans sa totalité d’artiste, d’être humain protée capable de montrer d’une seconde à l’autre les angles de son visage, les parois de ses flancs, les perspectives de son corps à plusieurs reprises maltraité pour insatisfaction, absence de résultats satisfaisants, à distance de ses ambitions et prétentions démesurées qui se situaient quelque part entre le néant, les représentants des dieux, des origines refusées et réfutées. C’est pour cette frustration continue, cette insatiabilité de la perfection, ce sentiment d’incomplétude que le visage fut indéfiniment remodelé et transformé, coloré et décoloré, pour montrer au public un aspect de lui-même qui procurât l’admiration, l’hommage sinon l’estime, l’adoration plus que l’amour, l’engouement, la ferveur, sinon le fanatisme plus que la passion, pour se terminer dans une iconolâtrie terminale plus qu’une passion, comme celle du Christ auquel il cherche à ressembler dans la douleur des mouvements impossibles et des défis insupportables.

Une figure qui se veut christique ?

Comme Ce Dernier, il est mort sur la scène de la vie, au moment où il cherchait à racheter les esclaves, à insuffler la joie dans sa propre affliction, jusqu’à s’imposer un calvaire que personne n’avait sollicité mais qui était pour lui, le prix à payer pour la perfection de son art. Comme dans la montée au calvaire, la souffrance était de mise, au-delà de laquelle il ne pouvait aller ou qu’il ne pouvait dépasser sans le recours aux instruments du miracle qui s’appellent maintenant drogues, antalgiques, morphiniques, opiacés, antidépresseurs ou anxiolytiques. Ceux-là devenaient les alliés de tous les jours, ceux qui autorisaient les sauts à répétition, le glissement des pas, effaçaient la fatigue, les arthralgies, les courbatures, les raideurs et permettaient in fine de trouver le sommeil réparateur qui se refusait à celui qui cherchait en permanence la perfection envoyée des dieux. Malheureusement pour Michael, à leur place ce qu’il reçut ce sont des composés chimiques dont les effets délétères ont ralenti, déprimé et finalement coupé et interrompu sa respiration.
Et au-delà que chercher et trouver ?