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A qui les enfants devront-ils dire "Papa, Maman" ?

Le monde d’une autre enfance

Nouvelle loi sur l’homoparentalité

mercredi 4 mars 2009, par Picospin

On est en droit de se le demander après une série ininterrompue d’informations, les unes plus catastrophiques que les autres au sujet du commerce mondial, de la chute sinon de l’effondrement des bourses, du vide sidéral des banques et de l’impossibilité d’accrocher en urgence un parachute, moins aux cadres quittant leur fonction qu’aux descentes vertigineuses des valeurs boursières pour tenter d’en ralentir la vitesse.

Miracle ?

Comme par miracle, un miracle venu d’on ne sait où, le silence s’est abattu sur des thèmes aussi récurrents que les logements américains, les dettes des Français, l’augmentation massive du chômage. Le catastrophisme a cédé la place aux détails des vies individuelles, depuis la condamnation à des années de détention d’une Française emprisonnée au Mexique jusqu’à l’interdiction éventuelle pour les enfants en bas âge de porter à leurs chastes et fragiles oreilles les ondes électromagnétiques possiblement émises par les téléphones portable, qui après des succès « planétaires », rentrent dans le rang en vertu du principe de précaution qui commande de s’en servir le moins possible en raison de l’incertitude qui plane encore sur leur sécurité d’emploi. Voilà que l’on appelle Hans Jonas au secours de la technologie avec son principe responsabilité et son corollaire principe de précaution. Cela fait beaucoup de principes collés les uns aux autres pour former moins une chaine d’union qu’un lien de solidarité, de défense contre la peur et la panique susceptible de corriger les aléas du développement explosif des technologies dont on n’a pas encore eu le temps d’évaluer les risques et périls. A cette époque de la prise de tous les risques, on gomme d’innombrables traits de plume les acquis d’une société qui se cherche, qui se rend compte des chemins dangereux qu’elle a pris et qu’elle cherche à redresser, de peur de se trouver un jour devant un mur infranchissable qu’on ne pourra que percuter, trouer, abattre à moins qu’il ne nous abatte. Pour mettre fin à une dégringolade sans fin des indicateurs non seulement de notre société mais d’un monde globalisé, l’ordre est de se taire, de garder un silence bienfaisant après les notes dissonantes entendues depuis que résonne le bruit infernal produit par l’explosion des nombreuses bulles en suspension dans un air raréfié et passablement pollué.

Sauver des individus ou refaire le monde ?

Brutalement, un président cesse de refaire le monde pour s’occuper à titre personnel de la destinée d’une jeune citoyenne accusée de délits incertains après des milliers de kilomètres parcourus au-dessus des mers, des sables et des océans, puis des obsèques d’une étudiante, tombée sous les éclats d’engins explosifs au cours d’une ronde touristique. Brusquement, l’essence revient à toute allure comme la vitesse des automobilistes, au prix suffisamment modéré et raisonnable pour envoyer sur les routes de nouveau encombrées des conducteurs en mal de kilométrage. Les querelles claniques refont surface, mues par des bouées qui les maintiennent à la surface des eaux alors que les espèces animales continuent de s’éteindre, que les brasiers continuent de s’allumer sur les continents de l’Antarctique et qu’à peine achetées, les œuvres d’art arrachées à coups de millions des mains d’un riche et puissant amateur, retournent à l’envoyeur chinois qui répugne à s’acquitter de sa dette devant les regards médusés des collectionneurs peu habitués à ces exercices périlleux plus dignes du Cirque de Pékin.

Au cirque de Pékin

Dans cette conjoncture trop archaïque pour les uns, trop moderne pour les autres, des femmes, enfin arrivées en masse au pouvoir, discutent pour savoir quel pourrait bien être le statut du « beau-parent », nouvelle dénomination donnée à la personne qui accompagne dans la vie l’enfant de sa compagne et l’élève. Le projet prévoit la possibilité de partager l’autorité parentale avec un tiers par simple voie conventionnelle avec homologation de la convention par un juge. Ce tiers pourrait aussi bien être un beau-parent qu’un grand-parent ou le "coparent" d’un couple homosexuel. Ce texte va plus loin que d’organiser la vie pratique des beaux-parents ou homoparents, de poser des questions qui font débat sur les mutations de la famille et de transformer les enfants en champ d’expérience car il n’existe pas d’études sérieuses sur le devenir des enfants des familles homoparentales. Ne serait-il pas plus pertinent d’accorder des droits d’ “ éducateurs” aux personnes qui les élèvent que de les reconnaître comme parents. Dorénavant, les rôles de père et de mère seront plus fluctuants, même dans les couples hétérosexuels, ce qui représente un des grands changements de ces trente dernières années.

Questionnement :

1. Est-ce que la réflexion menée actuellement en France sur le statut de beau-parent est de nature à troubler les relations traditionnelles entre les membres d’une même famille ?

2. Est-ce que la polémique engagée entre Christine Boutin et Morano traduit la traditionnelle opposition entre conservateurs et partisans de la modernité ?

3. Est-ce que l’acceptation ou même les propositions du gouvernement de promouvoir un statut spécial pour l’homosexualité ou les familles recomposées est le reflet des mutations d’une société en désarroi ou en perpétuelle évolution ?

4. A-t-on bien mesuré les conséquences pour les enfants évoluant dans un milieu familial aussi perturbé des bouleversements produits par la nouveauté de ces relations ?