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Le problème de l’euthanasie

Le mourir : comment, avec qui, où ?

De vifs débats

mercredi 26 janvier 2011, par Picospin

A ce sujet il est étrange et curieux de lire la manière confuse et passionnée, ce qui est compréhensible s’agissant de la douleur éprouvée lors de la disparition d’une proche, dont les témoins émotionnels de ces agissements jugent l’aide apportée à certains mourants par une médecine qui ne sait plus à quel saint se vouer.

Loi sur l’euthanasie

Après quelques flottements, le Sénat a jugé raisonnable de s’opposer à une loi sur ce geste que certains considèrent comme charitable et généreux alors que d’autres y voient l’indice d’une société cruelle, violente qui dans sa conscience et son inconscient y voit un véritable meurtre. Il est à craindre que le débat engagé par la nation pour légiférer sur cet acte ne se terminera pas demain ni dans un an. Il risque de durer aussi longtemps que l’homme doué de réflexion et d’amour se posera la question du mourir surtout dans une société engagée de plain pied dans les spiritualités des religions monothéistes qui pensent que l’être humain est doté d’une âme et que celle-ci est destinée à lui survivre. La dispute est d’autant plus sévère que la collectivité croit tout savoir sur l’euthanasie et les soins palliatifs, spécialité encore mal reconnue, mal individualisée, marginalisée par rapport aux autres manières de soigner et parent pauvre de la médecine hospitalière qui ne lui accorde qu’une parcelle de ses fonds disponibles.

De maigres résultats ?

Ses résultats sont par définition plus pauvres que ceux, parfois brillants et spectaculaires de la réanimation où par définition on « ressuscite », la chirurgie où l’on fait des « miracles » du fait d’une technologie de pointe procurée par des innovations dans la biologie, l’imagerie et l’expérimentation. Destiné à mourir, on se demande seulement comment l’homme dans cette circonstance s’y prendra pour franchir cette étape à travers laquelle les hommes de foi ou de religion, les « passeurs » de vie, prendront le relais des médecins aguerris par de longues carrières, l’expérience de cas dramatiques et la fréquentation quotidienne de la souffrance et de la misère humaine. Devant l’angoisse de la mort, les opinions divergent entre ceux qui préfèrent affronter cet obstacle avec toute leur objectivité et leur lucidité et ceux qui préfèrent s’endormir dans la tranquillité, la sérénité, les rêves procurés par les diverses drogues susceptible de procurer un certain « confort » au cours de ce passage vers l’inconnu que l’on affronte dans la crainte, la terreur ou la certitude que rien ne se passera dans un au-delà promis par certains comme une entrée dans l’enfer, à l’instar de celui décrit par Dante, d’autres moins épouvantés par une perspective vue comme passage obligatoire à l’issue d’une finitude annoncé par les philosophes plus que par les hommes de foi et autres défenseurs de spiritualités.

Autonomie

Les défenseurs de l’aide à mourir prônent dans leur argumentaire l’autonomie de la personne qui s’apprête à mourir et la liberté dont il bénéficierait pour décider seul ou en compagnie de sa famille, de ses proches, de ses conseillers techniques, les médecins, infirmières, voire bénévoles, religieux, de la manière de mourir. Certains observateurs des soins palliatifs ne sont pas toujours convaincus de l’efficacité des méthodes utilisées ni de la façon de les appliquer. Ces arguments, pour réels qu’ils soient, n’ont rien à voir avec leurs modes de réalisation qui sont aussi dépendants de la compétence de ceux qui les mettent en œuvre que le serait une équipe médico-chirurgicale bien ou mal entrainée à réaliser des interventions difficiles ou délicates dans des circonstances extrêmes. Le personnel des soins palliatifs est dans l’ensemble plus dévoué, plus apte à administrer des soins que ne le seraient des « tueurs » professionnels comme ceux qu’imaginent les critiques les plus violents des exécutants de cette médecine où le soin l’emporte toujours sur la technologie.

Conditions d’accueil

Que l’on se pose ensuite des questions sur le nombre de places disponibles dans les services, la qualité et la quantité de personnel en chantier est un autre problème qui a peu de choses à voir avec le principe même d’une assistance et de soins appropriés à l’heure du « passage », quand selon les principes de la charte des soins palliatifs on doit faire tout ce qu’il reste à faire quand il n’y a plus rien à faire.