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On s’intéresse au mourir...

Le retour à l’affiche des mourants :

soins palliatifs ou suicide assisté ?

mardi 25 septembre 2012, par Picospin

Preuve en est le soin particulier avec lequel il a nommé en un clin d’œil le responsable de l’organisation des débats publics sur cette thématique dont une avant-première vient d’avoir lieu à l’Université de Strasbourg sous la direction de Didier Sicard, grand connaisseur et acteur de la mise en place de cette catégorie de la médecine qui a vu son essor bondir à l’occasion de l’épidémie de Sida aux environs des années 80.

Rôle du SIDA

C’est à cette occasion qu’il a pu entrer en contact avec les nombreux malades atteints de cette maladie, terrifiante au départ parce qu’inaccessible à tout traitement. Les patients atteints de cette affection en avaient été d’autant plus meurtris qu’ils se recrutaient dans une population particulièrement vulnérable en raison de leur extrême jeunesse, de leur grande culture et de leur sensibilité née de leurs amitiés dans le cercle des homosexuels qui, à l’époque, avaient été fustigés, ciblés par les opprobres, sinon virtuellement exclus par une société plus respectueuse de conservatisme et de bonnes mœurs que de l’humain qui se manifestait dans leur situation tragique. Des soins palliatifs, on a sauté (trop ?) rapidement à thanatos, cette catégorie de traitement qui conduit à la mort voulue, désirée par les malades au bout de leur trajectoire, au prétexte ou sous les auspices d’une autonomie permettant de décider de son propre sort à condition de faire exécuter le geste salvateur par des spécialistes et sous une autorité collégiale rassemblant des représentants du corps médical, de la société, de la famille et des proches mais surtout en présence du malade lui-même seul habilité à prendre une décision d’ordre existentiel.

Assistance au suicide

Si l’on considère le problème de l’assistance au suicide sous cet angle, la question centrale revient à la médecine et à ses représentants qui ne sont pas très à l’aise avec les demandes d’une société encore partagée sur la réelle opportunité de cette décision dont, faute d’autres candidatures, l’exécution reviendrait au médecin dont manifestement la formation ne correspond guère à son implication dans cette manœuvre. Qui d’autre pourrait le remplacer dans cette difficile mission dont peu de gens sont prêts à endosser la mission ? Cette réunion destinée à informer, renseigner et mettre au point les projets de la société sur l’organisation, la structuration et le fonctionnement des soins palliatifs s’est métamorphosée en débat sur la mort donnée ou aidée, ses indications, son ressenti, avec à l’arrière plan la possible culpabilisation, voire responsabilisation des acteurs éventuellement pressentis pour l’exécution dans toute l’acception du terme.

Évadés suicidaires ou fiscaux ?

Au lieu de techniques de soin, d’assistance à la vie qui s’en va, d’aide au mourir, on a parlé d’évasion en Suisse, (cette fois moins de capitaux que de vies). N’est-il pas plus important dans une telle configuration d’envisager, voire d’encourager les laboratoire pharmaceutiques à s’impliquer davantage dans la recherche et la mise au point, d’antalgiques efficaces, plus en capacité de maitriser la douleur que d’amoindrir la conscience. C’est la prix à payer par la société pour apporter à ceux qui quittent notre monde le confort minimum capable de leur apporter le bien-être dont ils ont besoin pour accéder en leurs derniers jours à la sérénité, la douceur, l’optimisme si possible plus que le pessimisme et une certaine confiance en un avenir problématique mais d’autant plus terrifiant à ce moment crucial de l’existence.