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70 ans déjà...

Le retour du Maréchal

C’était hier !

vendredi 26 mars 2010, par Picospin

On nous a rappelé les épisodes successifs de l’histoire écrite par une République agonisante suivie comme d’habitude par la résurrection de la France éternelle qui avait pris les traits d’un vieillard, créateur d’un nouvel état qui devait surgir des décombres de celui abattu par les légions nazies envahissant une France qui fuyait devant les blindés allemands entrant comme beurre dans radis ou l’inverse dans les plaines désertées, les routes bondées de véhicules hétéroclites où circulaient, éparpillés, les moyens de transport propres à assurer sur n’importe quelles roues le transfert d’une population atterrée, craintive, terrorisée par la course poursuite des troupes allemandes pénétrant dans la France profonde par chers, autos, camions, chenilles et chevaux.

Souffrances

La France souffre disaient les témoins du désastre. Les citoyens étaient sous le choc, comme incapables de réagir devant l’étendue du désastre. Le Maréchal profitait de cette léthargie pour faire chanter les enfants de France un chant composé par un Juif étranger sous le titre fameux de "Maréchal nous voilà" qui fut une une chanson ou un hymne à succès. Tous les écoliers la chantèrent tous les matins pendant que s’élevait majestueusement dans le ciel enfin serein, nettoyé de tous les déchets laissés par la 3è République dirigée par des comploteurs parmi lesquels on comptait au premier rang les Juifs, naturellement, les Francs-Maçons toujours secrets, les communistes ennemis sacrés sous forme de reliquats de bolcheviks et l’ennemi héréditaire de toujours blotti de l’autre côté de la Manche pour donner le coup de grâce à un pays qui saignait de blessures spirituelles, morales et physiques. La propagande était parfaitement organisée, qui ne laissait aucun répit à une population anéantie dont peu d’éléments trouvaient des raisons d’espérer dans les rares appels du Général de Gaulle, les faits d’armes et le courage de quelques résistants et le martyre des héros.

Exhibitions

Dans cette exhibition de personnages qui voulurent s’exhiber à tout prix on vit les allers et retours des Darlan, Laval, tantôt rejetés, tantôt rappelés pour des missions ponctuelles décidées moins souvent au hasard des circonstances que des volontés et ordres de Hitler ou de ses représentants. C’est ainsi que l’on se retrouva à Montoire au bord de la Loire où d’une rive à l’autre fut échangée la poignée de main plus symbolique que politique entre un ancien caporal et un Maréchal de France qui avait depuis longtemps pensé ou rêvé à ce grand moment. Une propagande gigantesque fut organisée par une équipe française expérimentée dont l’excellent travail fur récompensé par des succès de prestige et le plaisir immense qu’elle procura aux dignitaires nazis. Le peuple n’était pas trop mécontent ni trop triste, ni même affligé par les conditions de vie de l’époque comme en témoignent les nombreuses lettres ouvertes par une censure des plus efficaces. Elle se mit à décoller les enveloppes, à extraire les lettres de leur étui et à mesurer l’indice de popularité du gouvernement Pétain dans un pays vaincu mais qui put écouler ses jours dans une relative tranquillité.

Appels

C’était l’essentiel même si de temps en temps et de loin en loin on entendit les appels d’un dénommé Philippe Henriot, grand chantre de la collaboration qui tenta et réussit à convaincre les Français de la perfidie des Anglais, de la sauvagerie des communistes et des qualités exemplaires de la clique collaborationniste au pouvoir. C’en était plus que ne pouvait supporter la population et la Résistance qui assassina le tribun auquel furent faites des obsèques nationales. Pétain finit par s’en aller selon les ordres de son supérieur hiérarchique Hitler qui l’invita en Allemagne, non sans avoir reçu de la part d’un écrivain de l’époque un discours d’adieu qui ne fut jamais prononcé faute de temps, d’occasions et de moyens. Il insista sur la continuité de sa démarche entre l’arrivée des Allemands et celle de de Gaulle. Cette absence de rupture le rassurait comme elle le fit pour un certain nombre de citoyens qui voyaient dans les relations entre deux grands militaires le rapport étroit qui unissait une France à l’autre. La plaie ouverte en 1940 pouvait ainsi cicatriser sans que l’hémorragie provoquée par sa création ne devint trop profuse. De la sorte le pays était exsangue mais non asséché. Il finit par se relever avec énergie et l’aide du plan Marshall mis à la disposition des vaincus par les vainqueurs.