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L’éthique est-elle perdue ?

Le sens et le gout du travail ou l’art de séduire ?

L’individu est-il en voie de désintégration ?

jeudi 30 septembre 2010, par Picospin

L’auteur de l’article s’en prend à de nombreuses personnes au sujet des emplois fictifs, une atmosphère de lynchage, les poursuites à l’encontre de personnalités politiques qui ont eu maille à partir avec la justice, à négocier dans le cadre d’une « éthique politique » avant de se déplacer sur le terrain de « l’éthique de la chose publique ». Désormais l’éthique change de nom sans que les utilisateurs de plus en plus nombreux de son appellation sachent précisément ce qui se cache derrière cette appellation.

Ethique et Morale

On en reste toujours à la discussion sur les différences entre éthique et morale, sans que personne ne parvienne à distinguer les deux termes de façon assez nette pour éviter les conséquences d’une confusion qui dure depuis de longues années et ne parvient guère à être résolue. Pourtant, on e peut empêcher l’homme de s’interroger sur lui-même, sur l’évaluation de ses actions, sans une délibération requise avant toute décision et les justifications que l’on cherche à apporter pour montrer que la chose accomplie était bien la meilleure possible compte tenu des circonstances dont certaines sont susceptibles de brouiller le tableau jusqu’à rendre futile sinon impossible le « listing » des arguments avancés en faveur ou à l’encontre de telle ou telle décision de la part d’un responsable qui doit surtout apporter des raisonnements infirmant ou confirmant le type de moyens appropriés aux fins à obtenir et les vois choisies pour les atteindre. C’est alors que nous pénétrons dans le deuxième cycle d’un questionnement qui constitue l’essentiel des préalables nécessaires ou imposés pour expliquer les mesures proposées puis décidées pour solutionner tel ou tel problème.

Un choix

C’est à ce moment que nous devons choisir entre éthique et morale, moins pour des raisons de sémantique que pour rendre notre situation confortable et la considérer avec une certaine distance par rapport à l’événement et les conséquences pour autrui. Car en définitive, l’éthique constitue bien la relation à l’autre puisque le terme désigne le domaine plus restreint des actions liées à la vie humaine, terme qui reste plus à distance des reproches de conformisme et de moralisation portés contre celui de morale. Il se trouve que l’éthique largement mise en exergue dans l’article soumis à l’analyse n’est pas le lieu de l’arbitraire de chacun mais bien au contraire se formulation à partir de principes universels, de règles communes, de référents partagés qui forment la base collective, le socle solide de l’évaluation et du jugement. La récente transformation des mœurs privées et des mutations politiques a déclenché la mobilisation générale des philosophes moins pour tirer comme des soldats sur tout ce qui bouge que pour éclairer des débats éthiques générés à la suite des progrès scientifiques et techniques concernant les modes de vie et leurs conséquences sur la vie sociale et personnelle.

Esprit d’entreprise

Nous sommes passés en quelques instants de l’esprit d’entreprise avec ses corollaires de l’époque, l’épargne et l’assiduité au travail, alors clefs de la réussite matérielle et de l’accomplissement spirituel, dans lesquels le travail est lui-même sa propre récompense à une rupture avec l’optimisme social quand on s’aperçoit que l’inflation que notre ancienne Ministre de la Justice a récemment baptisé d’un attribut technique moins attaché à la finance qu’au plaisir, ronge l’épargne et les investissements, alors que simultanément le but de l’existence est devenu l’autopréservation bien au-delà du perfectionnement de soi. Bientôt ce dernier laissera sa place à la séduction pour mieux gagner le cœur et plus facilement faire les poches. Peut-être retrouve-t-on dans cette recommandation diabolique le dicton bien connu des classes populaires et qui incite à transmettre aux hommes le message sans doute venu de Dieu lui-même et qui en substance conseille à l’homme de commencer à s’aider lui-même avant de Le supplier d’aider l’homme.

Une réclamation

Cette sollicitation est en étroite relation avec la doctrine des puritains selon laquelle c’est in travail utile à la société qui doit être accompli ce qui aide d’autant l’individu à se réaliser en perfectionnât ses talents dans les domaines de la culture et de la raison. Dans une société où le succès est sa propre définition, les hommes ne peuvent mesurer leurs accomplissements qu’en les comparant à ceux d’autrui. Dans cette évaluation relative, ils tiennent plus compte de leur capacité à être admirés qu’estimés et cherchent moins à respectés qu’enviés. En politique et dans la quête du pouvoir et la poursuite de la richesse, ils cherchent à exciter l’admiration et l’envie ce qui leur fait perdre tout sens de l’objectivité. Les personnes responsables se soucient moins de la qualité du travail accompli que de la conservation de l’organisation en bon ordre de marche. Ce bréviaire de la nouvelle société est suffisamment novateur et original pour intriguer les traditionnalistes qui, sans être des conservateurs attardés gardent assez de jugement pour évaluer les bouleversements intervenus dans le fonctionnement d’une autre société dont les valeurs ont été renversées et la marche ralentie, sinon déviée par le retrait de Dieu du monde et des valeurs qu’il portait sur ses épaules considérées comme moins puissantes et de ce fait attendant les secours des hommes.