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Le succès français des séries télévisées américaines

dimanche 8 janvier 2012, par Picospin

Cette remarque est déjà présente, ou plus exactement son contraire dans la première phrase introductive de l’article paru dans le Monde sur le succès apparemment considérable des séries de télévision produites en Amérique et achetées en France sinon ailleurs à défaut de celles dont nous pourrions disposer dans nos pays européens respectifs.

Voici ce que dit notre metteur en scène phare qui n’est pourtant pas réellement français puisqu’il est de nationalité suisse. Il s’agir comme vous l’avez deviné de Jean Luc Godard, considéré universellement comme génial metteur en scène depuis qu’il a placé sur écran de fiction devant des milliers de spectateurs il y a déjà plusieurs dizaines d’années, JP Belmondo qui a profité de cet engouement pour se faire une renommée jamais démentie en une trentaine d’années. « L’expression "cinéma américain" est un pléonasme, a déclaré jadis Jean-Luc Godard. En France, la formule pourrait s’appliquer aux séries télévisées, tant les feuilletons originaires des Etats-Unis sont plébiscités. Demandez à n’importe qui - parent, ami, voisin, collègue - quelle est sa série préférée. Seront citées "Lost", "Breaking Bad", "Les Experts", "How I Met Your Mother"... Godard lui-même a confié être fan de "Dr House". "Le modèle américain domine, c’est indéniable", confirme Fabrice de la Patellière, directeur de la fiction à Canal+. C’est un fait depuis "Alerte à Malibu", créée en 1989, qui fut diffusée dans plus de 140 pays et a compté jusqu’à 1,1 milliard de fidèles. "The Mentalist" (TF1) est en tête du classement des quinze séries les plus regardées en France, parmi lesquelles sept sont américaines. Pourquoi cette hégémonie ? Par contre, il est moins certains que le même public se jette avec la même ferveur sur ce qui est considéré dans l’article cité comme triomphal, c’est à dire les morceaux de bravoure des équivalents d’un Pedro Almodovar ou d’un Ingmar Bergman révélés au Festival de Cannes. « Le fait est que les Américains savent satisfaire le goût des téléspectateurs. "Castle", "The Mentalist", "Dr House", "Les Experts" offrent un modèle narratif rassurant car répétitif ». "90 % d’entre les productions américaines sont à jeter. Ce qui n’est pas le cas sur les chaînes du câble ou à péage comme HBO, Showtime ou AMC", lesquelles mettent à l’antenne des séries signées par des créateurs en rupture avec le flux télévisuel qui parfois ont dû batailler pour imposer leur univers. Les experts de l’image assurent que désormais le modèle américain a acquis la renommée de la référence tout comme les peintres italiens l’avaient fait de leurs tableaux de commande à l’époque de la Renaissance ce qui était entièrement mérité si l’on veut bien considérer la qualité exceptionnelle de la peinture et des sculptures des Michel Ange, Vinci, Raphael et autres Bruneleschi qui ont conduit l’art italien à un degré de beauté et de perfection seulement atteinte depuis lors par les Flamands et Hollandais. Eux ont su trouver leur équivalent chez Rembrandt ou Rubens, sinon les « petits maitres des intérieurs » où se profilaient pantoufles et pipes chez les uns, enfants et soupières chez les autres. A cette époque la télévision ne diffusait rien faute d’avoir su inventer les moyens techniques propres à leur propagation au delà des canaux, des digues et des champs de blé avec leurs chevaux marrons, leurs vaches grasses et calmes et leur platitude sans fin. La crise, si crise il y a, n’a pas atteint la télévision britannique qui continue d’alimenter régulièrement les réseaux français avec leurs documents scientifiques, leur intelligence, leur savoir faire, leur originalité, leur charme et leur attrait en attendant que viennent se joindre à ce festival de bonnes productions des pays en devenir comme la Corée, l’Australie, ou le Québec qui surprennent le spectateur douillettement installé dans fauteuils cossus et pantoufles de marque. Ici, je serais moins critique que nos « reviewers » sur la qualité et l’originalité, le soin apporté à la réalisation des séries en provenance d’Amérique latine, d’Espagne, sinon d’Israël et des exemples présentés sur des thématiques plus confidentielles, plus intimes, plus directement romancées comme les intrigues tirées des œuvres de Guy de Maupassant auxquelles il manque un peu de soin, d’imagination, de qualité dans le jeu d’interprètes trop jeunes, pas assez professionnels et parfois maladroits devant des caméras qui les scrutent trop scientifiquement avec un regard plus critique que tolérant sinon bienveillant.

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