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Que font les politiciens ?

Le temps de vivre, de jouir, de penser et de convaincre

Qu’ont-ils le temps de faire ?

dimanche 11 avril 2010, par Picospin

Comment font-ils pour se présenter en même temps à des obsèques, des cérémonies diverses, assister à des réunions aussi diverses et diversifiées sans retards sur les horaires prescrits, après avoir étudié attentivement les dossiers concernant les questions et débats auxquels ils ont été invités à participer et au sujet desquels un avis circonstancié leur a été demandé.

Je sais bien qu’ils reçoivent l’assistance assidue et constante des membres de leur cabinet. Elle ne résout pas tous les problèmes. Ils doivent aussi écouter l’avis de leurs proches, essayer de le comprendre, assimiler les fondements des réponses à donner, des propositions à soumettre et des répliques à préparer pour faire face aux objections, aux critiques, aux arguments. Ils sont priés de développer une rhétorique constamment gagnante pour ne pas perdre devant des témoins qui ne sont pas toujours objectifs, une face trop souvent photographiée, télévisée et enregistrée pour l’histoire. L’accomplissement de ces tâches en toute connaissance, compréhension et intelligence tient du miracle. Les hommes et femmes politiques sont-ils en permanence des faiseurs de miracles ou parfois des miraculés, capables de se sortir de situations complexes, qui dans l’esprit des créateurs de ce terme comportent des contradictions, des phénomènes aléatoires, des incertitudes même et surtout au sein de systèmes richement organisés. Il s’agit maintenant d’accepter un certain degré d’imprécision dans les phénomènes et les concepts. Il s’agit d’une nouvelle conception de la philosophie, dont la dialectique hegelienne avait constitué l’avant-garde. A mesure que ces notions se sont étendues à la physique et à la science en général, on s’approchait avec moins de méfiance des relations complexes entre l’observateur et l’observé. L’exemple de la particule élémentaire est là pour illustrer le concept. Elle se présente maintenant tantôt comme une onde, tantôt comme un corpuscule. Voilà une excellente façon d’aborder la complexité du vivant qui postule une logique de la complexité. Car le vivant serait doué d’autonomie organisationnelle capable de se détacher de l’environnement pour évoluer vers un système auto-éco-organisateur capable d’individualité qui la lie par des relations riches et dépendantes à l’environnement. Dotés de ces prolégomènes, nous pouvons partir à la conquête du cerveau humain pour travailler avec de l’insuffisant et du flou. Est-ce pour le sujet la porte pour émerger à partir de l’auto-organisation où finalité, programme, communication, incertitude, ambiguïté deviennent caractères propres à l’objet. Le chemin est encore plus longe et complexe pour aborder la conscience de soi à partir de systèmes « dotés d’une si haute capacité d’auto-organisation qu’ils produisent une mystérieuse qualité appelée conscience de soi ou consciousness ou self-awareness » comme le décrit G. Gunther. A partir de cette compréhension transmise et développée, voire enrichi, l’homme public doit porter au loin par sa rhétorique, le sens des questions posées, son expertise d’homme et l’humanisme qui inclut sa moralité, seule source d’autorité. Dans le court laps de temps qui lui est imposé pour développer la consistance du soi, il importe de pouvoir glisser son image du soi, sa vertu, avant de s’attaquer au pathos de l’auditoire, à ses passions, ses émotions, ses opinions pour susciter en lui le plaisir et la peine, l’amour et la colère. Ces couples induisent l’adhésion, le rejet, le silence, les altérations à tour de rôle sinon le silence par désapprobation ou indifférence. Ce sont les sentiers de la séduction qui peuvent s’élargir ou être décorés d’une végétation luxuriante sans pour autant cacher puis effacer la sincérité en la métabolisant en abolition de la distance. Est-ce l’objectif final de l’homme de notre temps, trop prompt à réagir, trop impulsif pour déguiser et trop pressé de capter, d’envahir à moins de prendre en otage.