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Jugement des enfants sur leurs parents

Le travail dans la joie ou par la joie

Un épanouissement ou une chape de plomb ?

mercredi 2 décembre 2009, par Picospin

Est-ce à dire que seule une minorité de citoyens s’intéresse véritablement à son métier, à son activité quotidienne et n’investit que parcimonieusement dans leur occupation fondamentale ?

Pourquoi le travail est-il un malheur ?

Si cette hypothèse est défendable, il convient de façon urgente de se demander pourquoi en y ajoutant rapidement les analyses sociologiques, sociales, économiques, pédagogiques qui ont conduit à cette dérive de la vie pratique tant il est vrai que dans nos sociétés l’activité professionnelle est placée au centre des préoccupations des groupes humains, de la famille, des associations, des mouvements spiritualistes. Il semble qu’en France, la tension qui se fait jour entre la vie professionnelle et la vie dite de famille n’a jamais cessé de manifester sa présence comme si en permanence était posée la question du « que faire ? » comme si Kant était encore là pour rappeler ses fameuses interrogations sur la morale et ses applications. On a toujours l’impression que chaque minute, chaque seconde et mieux encore chaque heure gagnée sur les horaires de travail sont des morceaux choisis arrachés à la chape de plomb qui s’abat en permanence sur les « travailleurs » comme si ces derniers étaient victimes d’une injustice, s’ils étaient engagés dans le statut des forçats dont ils attendaient avec angoisse et un appétit dévorant une libération aussi anticipée que possible, à l’instar des conscrits d’avant qui comptaient les jours précédant leur libération.

Profession ou mission ?

Dans ces conditions, on se demande bien comment et par quel miracle ces personnes appartenant à une certaine collectivité sont encore en mesure de s’acquitter de leur mission, à condition, bien sur, que cette dernière soit vécue comme telle. De l’autre côté, je veux dire de l’autre côté de l’Atlantique, la situation est inverse, comme l’est, dans le même sens mais sans doute pour d’autres raisons celle des pays d’Asie où le travail est considéré comme un avantage, peut-être un bonheur, parfois une joie, sinon, au pire l’accomplissement d’une vocation, d’un apostolat, sinon d’une charge dans laquelle entre une part non négligeable de dignité, sans que pour autant, ce terme ne soit pas toujours facile à définir. On a avec ce dernier les mêmes difficultés que celles rencontrées lorsqu’on l’applique à l’expression courante au moment de la fin de vie « mourir dans la dignité ». Sommes-nous habilités à relier cette « fatigue » au travail aux conditions pédagogiques, éducatives en vigueur en France où la fréquentation des lieux d’enseignement est moins un plaisir qu’une obligation imposée par une société sévère à une enfance malheureuse ?

L’école est-elle une prison ?

On ne cesse de s’interroger sur les différences qui existent entre les sites éducatifs en France et dans d’autres pays, en général situés au nord de l’Europe, ou dans les cultures de langue anglaise. Les décors y sont aménagés moins comme des prisons que comme des lieux de vie dans lesquels on doit s’épanouir au contact des autres, des collègues comme des supérieurs. S’il est nécessaire de réfréner son enthousiasme devant une vision aussi féérique et idyllique, il convient cependant de juger avec pondération et avec modération les situations offertes ici et ailleurs. Ce qui n’empêche nullement de s’interroger sur les causes des fuites de populations, de leur exode vers leur véritable lieu de vie qui est moins celui auquel ils son amarrés par les obligations du moment que celui de leurs véritables racines quelle que soit leur localisation, leurs conditions de vie et les caractères de leurs attaches familiales sinon mémorielles ou inaugurales dans leur vie. A moins de supposer que l’homme et la femme au travail doivent expier leurs fautes en raison du péché originel qui ne transige pas avec la culpabilité ? Travail, naissance, mort dans la souffrance plus que dans la joie ?