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Le volcan islandais a la bronchite

dimanche 18 avril 2010, par Picospin

Comme un vieux bronchiteux chronique qu’on appelle maintenant malade atteint de broncho-pneumopathie obstructive chronique (BPCO), il tousse crache des cendres plutôt que des expectorations muqueuses, purulentes et sanglantes. Les cendres crachées par les volcans constituent un risque majeur pour l’aviation civile, car elles peuvent endommager les moteurs des avions et réduire à néant la visibilité, ce qui a conduit à fermer jeudi de nombreux aéroports européens pendant l’éruption d’un volcan islandais.

Cendres ou mouettes ?

Au cours des vingt dernières années, 80 cas d’avions pris dans des nuages de particules volcaniques ont été recensés : les cendres ont failli entraîner la perte de deux Boeing 747, avec près de 500 personnes à leur bord, et ont endommagé vingt autres appareils, avec des coûts de réparation atteignant des centaines de millions de dollars, selon des experts. « La cendre volcanique dans la haute troposphère, où volent les avions commerciaux, peut provoquer une panne de moteur, endommager les pales des turbines ou les sondes électroniques pitot, ce qui compromet les performances des avions, sinon leur perte définitive. Le trafic passager augmentant de 5% par an dans le monde, « le caractère imprévisible des éruptions volcaniques peut faire de ce nouveau risque volcanique une menace réelle. L’alerte transmise à tous les aéroports du monde a eu une résonance exceptionnelle en raison du caractère rarissime du phénomène terrestre, des conséquences aériennes redoutables qui risquent de se produire et des perturbations dans le transport aérien. A la sortie d’un hiver et d’un printemps froids, elles étaient attendues avec une grande impatience par des enfants et des parents inquiets de l’évolution des programmes scolaires et de l’évolution de l’éducation nationale dans de nombreux pays en général et de la France en particulier.

Souci de l’éducation

Tout le monde a bien compris que l’école se doit de suivre l’évolution de la société, de ses besoins, de la science et de la philosophie et de la culture qui les sous-tendent. La poussière peut endommager et même arrêter le fonctionnement des moteurs. Toute traversée d’un nuage de cendres exige la révision des réacteurs, opération prolongée et coûteuse qui crée des retards et demande un budget spécial. Pour renseigner l’aviation internationale sur la position et les mouvements de ces nuages, des « Centres de conseil sur les cendres volcaniques » ont été installés un peu partout dans le monde dans des instituts météorologiques. Le premier cas recensé des conséquences de cette activité largement documentée avait été celui d’un vol de la British Airways en 1982, au moment de l’éruption d’un volcan indonésien. Les réacteurs de l’avion avaient perdu toute leur puissance pendant la traversée d’un nuage de cendres avant de faire une chute de plus de 4.000 m et de toucher une nappe d’air non polluée, ce qui avait pu permettre à ses moteurs de redémarrer. L’appareil avait finalement réussi un atterrissage d’urgence à Jakarta, malgré un pare-brise devenu totalement opaque sous l’action des cendres. En 1989, un avion de la KLM entre Amsterdam et Anchorage en Alaska, s’était trouvé dans un nuage de cendres issu d’un volcan, malgré les systèmes d’alerte prévus pour l’éviter, ce qui avait entraîné une perte de puissance des moteurs. Il avait cependant pu atterrir au prix de frais de réparation considérables.

Dégâts des cendres

Les réacteurs d’avions de combat F-18 de l’armée de l’air finlandaise en entraînement jeudi matin ont été endommagés par le nuage de cendres venu d’Islande. Dans les moteurs dont la température atteint jusqu’à 1.000 degrés, le blocage des canaux de ventilation causés par la cendre en fusion a entraîné des surchauffes et des détériorations de matériel. Au cours des éruptions d’un volcan indonésien en 1991, dont les nuages de cendres ont eu une influence sur le climat, de nombreux incidents avaient impliqué des avions de différentes catégories et lignes aériennes. Les influences sur le climat résultant de ces éruptions spontanées dépendent de l’endroit où elles ont lieu. Si dans les tropiques, les nuages de cendres peuvent persister « quelques mois, même jusqu’à un an » à plus de 18 km d’altitude, bloquant le rayonnement solaire, avec un impact sur la température au sol, il n’est pas certains que la situation soit strictement identique pour le volcan islandais. C’est pour cette raison d’imprévisibilité relative, de complexité du climat et de la popularité du principe de précaution, que les responsables administratifs impliqués dans la prise de décisions lourdes de conséquences sociologiques, économiques, politiques et financières jouent sur une prudence maximaliste, souvent jugée excessive et ne cessent d’ouvrir un parapluie trop grand pour eux et leur entourage.

Pessimisme

Si les propos tenus sur les dégradations subies par les avions sont plutôt pessimistes, ceux concernant l’influence de l’inhalation de cendres volcaniques par les passagers de avions de passage dans les zones affectées ses veulent rassurantes pour éviter toute panique sans cependant les accompagner de garanties en raison des aléas et de la complexité des phénomènes.

Réflexion éthique :

1. Comment assurer une sécurité maximale aux passagers des avions qui circulent aux approches des éjections de cendres lorsque les autorités administratives et médicales subissent la pression de voyageurs pressés et le souci de préserver leur santé et leur vie ?

2. Dans cette logique, est-ce que les mesures de sécurité prises par la totalité des responsables de l’aviation civile ont été appropriées face à la « légèreté » des conditions de vol des pilotes polonais lors de l’atterrissage à Smolensk près de Katyn ?

3. Est-ce que l’éthique commande toujours de préserver la vie au détriment d’obligations, circonstances, activités moins impératives que celles concernant le retour à bon port, sains et saufs des êtres humains pris en charge ?

4. Puisqu’il en est ainsi, que penser des économies de « bouts de chandelles » faites par des investisseurs lorsqu’ils se résignent à raccourcir la longueur des pistes d’aérodrome au détriment de la sécurité à l’atterrissage et au décollage des gros porteurs ?