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Mettre des lettres ensemble

Lectures ou jeux vidéo ?

Débusquer le sens des mots

jeudi 12 janvier 2012, par Picospin

Cet effort gigantesque dont le besoin se fait sentir tous les jours avec une pression croissante est imposé par le détestable classement mondial obtenu par les lecteurs de ce pays qui recense une régression notable des capacités de lecture dans ce pays, jadis à la tête des œuvres écrites en Europe et dans le monde.

Qui dit écriture dit en même temps et par la même occasion lecture car on peut difficile ment séparer ces deux activités des besoins quotidiens en déchiffrage des mots, des idées, des concepts, des instructions pratiques nécessaires à l’utilisation des appareillages. On sait que ces derniers font un bond spectaculaire dans les acquisitions par la population même si les objets achetés concernent plus des gadgets, des jeux, des appareils destinés aux activités ludiques qu’à la recherche d’une réflexion destinée à améliorer les connaissances relatives à la culture, aux connaissances ou aux jeux de l’esprit. On s’est inquiété en haut lieu de l’état désastreux des capacités de maniement des lettres et des mots par les enfants des écoles maternelles en particulier par comparaison avec les pays de même rang social, culturel ou humaniste comme la Finlande, l’Allemagne, sinon la Corée dont les performances dans l’éducation montent en flèche en raison de la diffusion d’une discipline de fer, d’une volonté de réussite constante et d’une vie moins axée sur le plaisir et les jeux que sur l’effort, le travail, la réussite et le désir d’excellence. C’est avec cette idée en tête, fécondée par un tout nouveau venu dans le monde de la science, Stanislas Dehaene, spécialiste du cerveau, titulaire de la Chaire de psychologie expérimentale au Collège de France que le gouvernement se jette sur la nouvelle idée d’une autre éducation pour l’enfant, celle qui lui permettra de comprendre les textes, les instructions, les modes d’emploi, les messages et surtout d’interpréter les pensées des pourvoyeurs d’idées nouvelles et anciennes, celles qui servent de base à notre civilisation et de guide critique à nos comportements et relations avec nos semblables et même ceux qui nous ressemblent moins, les animaux, la nature, l’environnement devenu si important pour la conservation de toutes les espèces vivant avec nous sur notre planète à partager. Il paraît qu’avec les systèmes de lecture utilisés jusqu’ici, 3 enfants sur 10 sont laissés sur le bord du chemin, un minuscule sentier fait de quelques figures, de schémas, de dessins, de quelques illustrations et au mieux des SMS envoyés à la ronde sans sémantique, sans grammaire, sans rhétorique et sans syntaxe. Ce mode de plus en plus répandu de communication constitue le vrai danger de notre société car il mène tout droit à la suppression de plus en plus complète des liens avec nos semblables, une forme de schizophrénie sinon d’autisme qui isole au lieu de rassembler et écarte au lieu de rapprocher. On veut espérer que l’image, ancien hiéroglyphe pourra suppléer au manque d’usage des signes de l’écriture. On voit partout, en guise d’instructions pour l’emploi des outils des représentations imagées qui n’auront jamais la précision et les détails de l’écriture, encore moins évocation de symboles et à un moindre degré l’intrusion dans la mémoire, la philosophie sinon les sciences. C’est bien pour cette raison qu’il existe des langues comportant plus de mots que d’autres, des langues précises, qui désignent chaque signe par un mot particulier. Elles sont moins poétiques que celles qui utilisent un mot pour un autre mais qui laissent rêver, imaginer, et faire place à la poésie qui prend pour cela une autre dimension plus agréable à l’homme car elle ouvre des portes qui sont fermées par le mot juste, l’expression précise et la locution irremplaçable. Les déficits engendrés par les lacunes liées à une lecture ou une écriture déficiente ont un cout pour la société dont l’évaluation n’a pas encore été faite, peut-être à cause de la crainte d’en connaître les pertes réelles pour la société. En tout cas cette angoisse génère un peu partout le désir d’améliorer une situation qui mérite l’intervention des serviteurs de l’éducation auxquels il est de plus en plus souvent conseillé de prévenir précocement l’illettrisme plutôt que d’économiser à l’école. Il faut cultiver la phonologie et maitriser le vocabulaire pour remettre à niveau les enfants en difficulté, ceux qui ont le plus grand besoin d’écouter le lecture quotidienne d’histoires avant de s’endormir tout en respectant le rythme de compréhension de chacun.