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Lendemains d’une conférence spectacle

jeudi 10 janvier 2008, par Picospin

Cette nécessité devient d’autant plus prégnante que pour les comprendre, il faut les compléter par des explications d’ordre technique et intellectuel. Pour l’instant ces dernières manquent car elles restent sous tendues par des idées en filigrane qui exigent un décodage précis sinon un décryptage comme l’appelle le journal « Le Monde ». Deux sujets relativement simples sont à l’ordre du jour.

Publicité publique ou privée ?

Le premier concerne la disparition de la publicité sur les chaînes d’état de la télévision. Quelle est la raison véritable de cette décision ? Est-ce une purification des antennes pour les débarrasser des impuretés laissées par les miasmes du commercial ? On ne pense pas que la balance penche en ce sens dans l’équilibre de la Présidence. Elle a suffisamment donné de gages en faveur de ses sympathie pour une démocratie avec laquelle il a rétabli des rapports de sympathie sinon d’amitié, d’affection, à travers ses séjours dans ce pays, auprès de cette nation et de ses représentants au premier chef desquels se trouve le contesté président George Bush dont le mandat est en train d’expirer après un bilan politique qu’on peut qualifier au moins de mitigé. Où donc se trouvent les arguments en faveur de cette surprenante décision dont de nombreux commentateurs cherchent les raisons ? Les motifs n’apparaissent pas clairement puisque les taxes nécessaires aux compensations de ce manque à gagner seraient prélevées sur l’utilisation des sites Internet et sur celles des téléphones mobiles.

Sites Internet

Le site Internet reste un moyen utile et intelligent de cueillir des renseignements d’ordre cognitif, artistique ou scientifique pour tous ceux qui ont un rôle à jouer dans l’éducation, l’acquisition des connaissances, la réflexion ou l’exercice critique. Autrement dit, il s’agit de l’activité intellectuelle de toute une société qui a bénéficié de l’apport du savoir colligé et mis à sa disposition par des sites comme Google ou Yahoo. Faut-il que ces données soient divulguées non plus à titre gratuit mais payant alors que la gratuité dans le domaine de la culture s’impose de plus en plus souvent et en des lieux de plus en plus divers. La société et les organismes d’éducation ont fini par comprendre que l’acquisition des connaissances et le renforcement de la culture passaient par ces voies au moment où s’élaborent partout des projets de construction de petits ordinateurs à l’usage exclusif des enfants. Réduire ces efforts par une dissuasion qui passe par une taxation n’est-ce pas porter un coup rude à la diffusion du savoir et de la culture et par là à une amélioration substantielle des conditions du vivre ensemble ? A l’instar de ce qui se passe dans l’armée, il ne faut jamais, dit-on exécuter un ordre avant d’avoir reçu son contrordre. L’adage s’avère exact une fois de plus si l’on considère le débat qui vient d’avoir lieu sur la signification réelle du montant des heures de travail après la confirmation, du retrait des 35 heures, puis de leur maintien. On aurait toujours besoin de ce repère pour fixer une référence par rapport au décompte des heures supplémentaires, celles-là même qui doivent apporter plus de richesse et de bien-être aux Français.

Hôpital et soins

Reste le dernier problème sinon le plus aigu parmi ceux offerts aux citoyens déjà embarqués dans les difficultés résultant de la conservation ou de la chute du pouvoir d’achat. C’est celui de ce que l’on appelle depuis peu la gouvernance de l’hôpital. A ce sujet, on a pu mesurer l’ampleur des incompréhensions, des brouillages dans les transmissions venues des différentes autorités chargées de régler ce dossier épineux. On peut citer au hasard et séquentiellement les phrases du genre : « Roselyne Bachelot a également évoqué une autre réforme ayant été mise en place ces dernières années et qui a été l’objet de controverses plus importantes encore : celle de la gouvernance de l’hôpital. « L’évolution de la gouvernance du CHU est de bon augure » a claironné la ministre et a constaté : « Le regroupement des services en pôles est en cours d’achèvement. Dans la même optique, la constitution autour du chef d’établissement d’un conseil exécutif comportant les responsables de ces pôles va améliorer la concertation au sein de l’hôpital, notamment avec l’UFR ». A l’heure où Roselyne Bachelot assurait : « La T2A, conjuguée, à la réforme de la gouvernance doit vous permettre d’améliorer l’efficience de vos établissements, au travers d’un pilotage médico-économique », Nicolas Sarkozy venait de répondre à un journaliste qui l’interrogeait sur le système de santé : « On va en 2008 changer la gouvernance de l’hôpital de fond en comble parce que l’hôpital n’est plus gouverné, parce que dans l’hôpital aujourd’hui chacun a suffisamment de pouvoirs pour dire non et personne n’a du pouvoir pour dire oui » martelait le chef de l’Etat. A ce propos, le quotidien Libération dont le directeur, Jérôme Joffrin, a été fustigé par le Président de la République il y a 48 heures, s’interroge sur les détails de la « modernisation de l’accès aux soins ».

Modernisation ?

Perplexes, les syndicats se demandent déjà comment les choses vont pouvoir s’organiser : « Nous tentons déjà de mettre en place une réforme complexe depuis dix-huit mois qui rend plus équilibrée la gouvernance, et avant même de l’évaluer, on en annonce une autre », déplorait, défaitiste, le président de la Coordination médicale hospitalière. De son côté, la CGT Santé dénonçait : « cette nouvelle réforme, c’est vraiment tout et n’importe quoi, les hospitaliers sont fatigués d’appliquer sans cesse des réformes qui ne sont même pas menées jusqu’à leur terme ». A l’issue de ces controverses et de ces cacophonies, on se demande si un remaniement immédiat du gouvernement ne serait pas opportun en commençant, par exemple, par la nomination du « French Doctor » Bernard Kouchner à la santé, lui qui a su si bien s’occuper en urgence, parait-il, du phlegmon amygdalien de son chef hiérarchique avant qu’il ait été traité avec rapidité et efficacité à l’hôpital du Val de Grâce.

Questionnement éthique :

1. Dans la présentation d’une politique nouvelle, de projets innovants par un nouveau gouvernement faut-il donner la priorité à la qualité et au brio de la communication ou au contenu solide des projets ?

2. Quelles sont les mesures les plus appropriées pour rendre aux soins médicaux un accès décent et rapide pour tous à un coût raisonnable pour une société qu’on voudrait solidaire ?

3. Serait-il judicieux, juste, éthique et acceptable pour la société de lui demander – au besoin par référendum – quels sont ses souhaits en matière de soins et de recherche et de pourcentage du budget à leur consacrer ?

4. De même, ne pourrait-on interroger les usagers sur leur préférence en matière d’hospitalisation publique ou privée ?