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Egalité des chances ?

Lendemains de crash : chance et bonheur d’une rescapée

Aléas d’une compagnie aérienne

mercredi 1er juillet 2009, par Picospin

Elle est impressionnante par sa longueur, son nombre élevé, la variabilité de ses compétences, de son influence, de l’ouverture de ses réseaux et de l’étendue de ses prérogatives et pouvoirs.

Multitude des organisations

Cette diversité constitue déjà un des facteurs essentiels qui rend difficile sinon impossible toute appréciation de l’impact des mesures qu’ils sont amenés à prendre pour éviter que toutes les semaines ne s’enfonce dans l’eau glacée des mer lointaines, des enfants frigorifiés qui ont laissé leurs parents au fond de l’eau ou - beaucoup plus rarement - des adolescentes tirées de l’eau de mer par on ne sait quel dieu pris subitement d’attention, on dit plutôt providence, pour tel individu jeune ou vieux, mâle ou femelle. Nul ne sait si c’est par inadvertance, au hasard, par tirage au sort ou par attention spéciale à une personne méritante, ainsi décorée de la vie au lieu de l’être par une médaille. En parcourant les articles consacrés à cet évènement, on peut facilement en extirper une liste qui, loin de clarifier la situation, tend plutôt à la compliquer ou à la complexifier. On peut de la sorte établir un index, un inventaire, un répertoire, sinon un catalogue des organisations gouvernementales, privées, associatives, officielles qui sont censées mettre leur nez dans les affaires de vol, non celle consacrée à dérober à son voisin le maigre butin de ses larcins mais l’autre, celle dont l’enjeu est la vie ou la mort d’un ou de plusieurs passagers venant de consacrer leurs économies pour s’asseoir sur les sièges défoncés et déchirés d’épaves volantes appelées « low cost » dont on cache les misères par des morceaux de tissu délavé, et qui, au prix du sacrifice de leurs maigres salaires s’en vont rejoindre leur famille restée au pays .

Inventaires impressionnants

C’est ainsi que dans l’article consacré à la catastrophe de l’Airbus, lui aussi de maigre technologie puisque piloté par un système mécanique et non électronique, on peut recenser successivement les sigles suivants :
-  Yemenia, compagnie quasi inconnue auprès des gens qui ne se rendent jamais dans les régions proches de la Réunion ou des Comores,
-  OACI : Organisation de l’aviation Civile Internationale dont on est plutôt avare de détails
-  Convention de Chicago : régit le transport aérien (lequel, où, comment, sous quelle responsabilité ?)
-  DGAC : France : Direction Générale de l’Aviation Civile qui a autorité sur les transporteurs aériens d’effectuer du trafic commercial au départ, à destination ou à l’intérieur de la France soit 166 entreprises exploitant des avions, des hélicoptères sinon des montgolfières.
-  Dès lors, ces organismes se renvoient la balle des responsabilités, des autorisations, des inspection, des interdictions, établissent des listes, noires, grises vertes ou rouges, dans lesquelles cherchent à entrer les compagnies nationales dont le prestige, la reconnaissance, le succès ou la faillite commerciale et financière sont liés au label attribué par réciprocité puisqu’il est écrit dans une des conventions que « les États ont l’obligation réciproque de reconnaître les certificats délivrés par un autre État ».

Réciprocité utile ou dangereuse ?

C’est dans ce cadre et dans les méandres de la politique de réciprocité que par affinité personnelle, collective, organisationnelle, des « services » sont rendus pour favoriser la montée des échelons, des capacités, des rôles, des responsabilités dont le niveau n’est pas constamment lié étroitement à l’échelon, au rang ou à la position réelle ou véritable occupée par les candidats à la promotion. Ainsi dans l’exemple ci-dessus, il semble qu’avant, pendant et après l’accident, un ou plusieurs de ces organismes soient intervenus activement et en tout cas avec conviction et que ces collectivités aient été encadrées, chapeautées et guidées par des personnels issus du gouvernement sinon par le Ministre des Transports lui-même qui, à l’occasion de ce nouveau désastre pour l’aviation civile et l’industrie française, a du reprendre son bâton de pèlerin pour minimiser l’étendue du malheur, réconforter les victimes, louer les avantages des cellules de crise, expliquer que les vols de la compagnie Yemenia n’étaient ni désirés ni autorisés sur l’ensemble du territoire français sans qu’une explication claire ait été fournie sur les causes non techniques mais administratives du changement d’avion au cours du voyage de Paris aux Comores. Cette précision aurait sans doute été utile pour calmer les esprits déjà passablement échaudés par la répétition et la "chronicisation" des conditions de vol à bord des avions de cette ligne que tout le monde considère et juge indignes d’êtres humains entassés dans de façon misérable et inconfortable dans des aéronefs en bout de course.