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Les Titans continuent leur combat sous les yeux ravis de Marianne

lundi 26 septembre 2011, par Picospin

Le documentaire présenté en même temps que les résultats des élections sénatoriales arrivait à point nommé pour montrer on line les résultats de la politique actuelle, conséquence d’instabilités nombreuses, de décisions abandonnées dès lors qu’elles furent prises et de loin promulguées par centaines et jamais appliquées parce que tout simplement trop c’est trop et qu’on ne saurait mettre en route une ligne de conduite politique dès qu’une idée germe dans le cerveau et qu’abandonnée en route, elle se perd quelque part en chemin, à l’exemple des valises peu diplomatiques en voyage permanent entre pays de l’UE pour apporter la manne aux destinataires nécessiteux.

Il en est de même des Ministres de la République qui n’avaient guère le temps de ranger leur bureau avant qu’un successeur ne franchisse la porte de leur cabinet pour prendre possession du siège et y élaborer puis y édicter des lois qui n’avaient même pas eu le temps d’être rédigées avant de disparaître sous les instruments destructeurs du sécateur qui les rejetait par petits morceaux interposés dans les corbeilles de l’histoire. On veut espérer qu’avec la fin des explosions législatives, viendra aussi le temps de la sobriété et que la rédaction de nouvelles règlementations disparaitra aussi vite qu’elle est apparue. Chacune d’elles se voulait une réponse à l’interpellation des citoyens désireux de connaître les réactions des autorités à tel ou tel événement ce qui donnait l’impression et l’illusion que les responsables étaient à l’écoute des protestataires ce qui avait l’immense avantage de calmer les esprits, de détendre l’atmosphère et de se rassurer sur les capacités d’écoute des gouvernants. On a donc assisté, pendant que se renversaient les urnes, au combat de titans de deux personnalités hors du commun, au point de les voir sacrifier une partie de leur vie rationnelle, affective, émotionnelle au bien de l’Etat qu’ils étaient sensé servir, à ceci près que cette passion les dévorait de l’intérieur comme le cancer ronge les organes, le bonheur et la réflexion. Cette maladie devrait se soigner et pourrait le devenir à condition de bien viser la cible corrigée en fonction des erreurs de parallaxe dont l’amplitude est telle qu’au bout d’un certaine moment, plus personne ne sait où elle se situe ni comment il faut s’y prendre pour rectifier le tir et toucher l’adversaire au front. Shakespeare avait vu juste, écrit quelque part dans son livre sur la réalité des émotions le nouveau spécialiste des neurosciences, Antonio Damasio, qui évoque en préambule de « Joie et émotions » la réaction de Richard II devant l’image que lui renvoie son miroir décrivant « l’apparence extérieure de la plainte » de son visage « enflé en silence dans son âme torturée », reflet d’une peine tout intérieure. Les émotions seraient des actions et des mouvements plus ou moins publics qui sont visibles pour autrui dès lors qu’ils se manifestent sur le visage, dans la voix et à travers des comportements spécifiques. Si toutes les émotions ne sont pas visibles à l’œil nu, beaucoup peuvent le devenir à partir de tests pour détecter des sécrétions hormonales, des enregistrements d’ondes éléctrophysiologiques. Les sentiments par contre sont cachés comme les images mentales. Seul celui qui les possède peut les voir car ils constituent la propriété la plus privée de l’organisme dans le cerveau dans le cerveau de l’individu chez lequel ils apparaissent. Si les émotions entrent en scène sur le théâtre du corps, les sentiments le font sur celui de l’esprit. La plainte extérieure n’est que l’ombre de la peine invisible, souvent cachée sous les rides et plicature des peaux parcheminées de la face. Shakespeare aurait du dire que l’apparence extérieure de la plainte évoque l’ombre intolérable et obscure de la peine qui git dans mon âme torturée. Cet auteur est le fonds dans lequel doivent chercher tous les esprits qui ont perdu l‘équilibre. Les émotions précèdent les sentiments parce que l’évolution, toujours ce sacré Darwin, a fait émerger d’abord les émotions puis les sentiments. Les émotions sont forgées à partir des réactions simples qui favorisent la survie chez tous les organismes vivants qui naissent munis de réactions déclenchées automatiquement pour résoudre les problèmes de base que pose la vie, comme trouver des sources d’énergie, la transformer, se défendre contre les agents extérieurs de la maladie en mettant en jeu les processus d’homéostasie qui résument l’ensemble des régulations déclenchées par l’organisme pour faire face à des réactions inappropriées à des agressions particulièrement violentes.