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La journée s’ouvre sur une mauvaise nouvelle

Les banquiers malades de la peste. Ou : comment raison garder ?

le Congrès américain a rejeté le plan Paulson.

mercredi 1er octobre 2008, par Picospin

Hier la bourse américaine a de nouveau chuté ; ce matin ce sont les bourses asiatiques. L’Europe ne manquera pas de suivre.

Hypothèses

Où cela va-t-il nous conduire ? Je me garderai bien de faire des hypothèses. Ce qui est sûr c’est que la crise est mondiale. Quoi de plus normal, me direz vous, puisque l’économie est mondialisée.
Y a-t-il lieu de rechercher des responsables, pour ne pas dire des coupables ? Oui, mais lesquels : les banquiers ? sur ce point tout le monde es d’accord : ils ont sans conteste mal et imprudemment géré. Les « responsables » politiques (jamais aussi bien nommés !) qui ont navigué à vue et surtout pratiqué la politique du laisser-faire ? Les épargnants-actionnaires, de plus en plus nombreux, qui ont recherché des rémunérations à deux chiffres ? etc, etc. Certains ? tous ? A vous de juger ; non, plutôt à nous tous, qui vivons dans des démocraties et ne sommes pas dépourvus, via le droit de vote, d’un certain pouvoir. Ce qui n’interdit pas l’intervention de la Justice-institution, là où cela s’avèrera souhaitable, sinon nécessaire. Mais poussons la réflexion, pour ne pas dire la spéculation (mais ici elle est purement intellectuelle), un peu plus loin.

Causes

Qu’est ce qui est en cause ? le capitalisme ? le libéralisme ? la démocratie ? la mondialisation ? …L’un ou l’autre de ces facteurs, ou tous ensemble, ou d’autre facteurs ? bien difficile à dire.
Pas question d’entrer dans une analyse détaillée de ces notions et de leurs avatars dans l’histoire et surtout dans le monde contemporain ; cela nécessiterait des livres entiers. Seulement quelques réflexions en forme de constat, qu’elles me soient personnelles ou non, pourvu qu’elles semblent coller à la réalité et si possible l’expliquer. Peut-être cela nous permettra-t-il de dire dans quel sens chercher les solutions.
Je n’irai pas jusqu’à m’inscrire au NPA de M.Besancenot, mais il faut bien reconnaître qu’entre le capitalisme industriel, qui a permis l’envol au XIXème et au XXème siècles du monde occidental, et le capitalisme financier d’aujourd’hui, qui vise plus à l’enrichissement qu’à la production de richesses (on voit bien que vouloir s’enrichir sans créer de richesses est un oxymore, au moins au plan collectif !) il y a un monde. Le même mot recouvre des réalités bien différentes ; sans doute faudrait-il que tous nous le comprenions et acceptions de remettre les pieds sur terre.

Libéralisme

Le libéralisme est dans toutes les bouches, sur toutes les langues. Ne parle-t-on pas, en France du moins, de socialisme libéral ? en politique cela peut très bien se concevoir ; dans l’économie beaucoup moins. On ne peut contester que le libéralisme ait dans une large mesure permis le développement économique du monde – un des régimes les plus autoritaires du monde, celui de la Chine, l’a parfaitement compris, et a permis qu’une économie libérale se développe dans un régime qui ne l’est aucunement ; mais sans mélange entre les deux : la politique d’un côté, l’économie de l’autre. En admettant quand même que le politique puisse soutenir l’économique, quand l’intérêt national est en jeu…( les américains ne font-ils pas de même ? ) - mais on a de plus en plus confondu libéralisme et sa perversion le laisser-faire. La liberté des marchés ne peut donner que des solutions optimales, n’est ce pas ? L’état du monde contemporain ne peut que conforter cette hypothèse…
Ce qui est positif, c’est la concurrence ; mais la concurrence ne signifie en aucune manière qu’il ne doit y avoir aucune régulation des marchés, quels qu’ils soient. D’ailleurs on le voit bien : quand ça marche l’Etat est prié d se tenir à l’écart, mais quand ça ne va plus c’est à l’Etat de trouver des solutions. Inutile l’intervention de l’Etat ? allons donc ; le problème est qu’elle se fasse au moment opportun – ce qui ne veut pas dire a posteriori – avec les moyens appropriés. Pas simple ! Mais cela met au premier plan la question de savoir s’il faut moins ou plus d’Etat. Ne me demandez pas quelle est ma réponse…

Etat utile ou inutile ?

La démocratie ? Elle souffre d’un individualisme envahissant de notre monde contemporain et d’un désintérêt pour le politique. Si le citoyen ne défend pas ses droits, s’il ne les exerce pas, comment dire après, devant l’état des choses que nos gouvernements sont incompétents et nos responsables irresponsables ?
La mondialisation ? Elle est un facteur de progrès pour une grande partie du monde, et une menace pour les économies anciennement développées. Elle est aussi un facteur d’équilibre par l’interdépendance des économies qu’elle a créée. On voit mal la Chine, immensément créancière des Etats-Unis, laisser le dollar US perdre de sa valeur, ou laisser s’effondrer les économies occidentales qui sont ses clientes. Mais dans un marché non régulé peu ou prou contrôlé, cela n’empêche pas la casse.
Pour conclure je dirai seulement : pas de laisser-faire, et encore moins de laisser aller ; pas de repli sur nos propres déceptions et mécontentements. Réagissons en citoyens conscients et organisés, et puisque pour peser sur l’évolution du monde il faut, comme aurait dit Monsieur de la Palice, un poids réel dans ce monde, cherchons ce poids dans l’unité européenne, et la force que donne ce poids.

J2C

le 30 septembre 2008